SUR LA MORT D'UN ENFANT
Quoi ! descendre sitôt dans cette voûte sombre !
—Oh ! non, je monte aux cieux !
Le trépas pour un ange est un songe pieux,
Ne troublons pas son ombre! . ..
Pourquoi de son tombeau flétrir les jeunes fleurs ? Amis, séchons plutôt de paternelles pleurs, Car cet ange n’est plus aux genoux de sa mère,
Le soir, pour prier Dieu ;
Il ne goûtera plus des caresses d’un père .
Son autre père est au sublime lieu !
Adoré de deux cœurs qu’il comblait de délice,
Ce séraphique enfant A consommé déjà son trop court sacrifice,
Sacrifice innocent !
Tendre frère des anges,
Je n’ai pas de louanges
Pures comme tes ans :
Je me plaisais en vain à rêver ton printemps, A sourire aux projets de la plus tendre mère, A bénir tes succès devant ton pauvre père !
Le ciel a moissonné son jeune lis en fleur,
Et c'est au ciel aussi qu'est fixé ton bonheur !.
J. G. BARTHE
LÉ RÉPERTOIRE NATIONAI