‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme]Chapitre 71 sur 203 · ADIEUX À SIR JOHN COLBORNÉ · texte numérisé non relu

ADIEUX À SIR JOHN COLBORNÉ

Colborn, comme la ville est sombre à ton départ! Ou dirait un linceul jeté de toute part ;

Ces visages, parfois, mobiles comme l'onde, Conservent tous l'aspect d'une douleur profonde. Est-ce qu'en te perdant le peuple croit qu'il perd Un maître juste et bon, un maître ferme et sage ? Le pauvre peuple, hélas ! victime de ta rage, A-t-il donc oublié tout ce qu'il a souffert ?

Des villages détruits n'est-il plus de fumée

Qui montant vers les cieux décèle tes méfaits ? De tes séides fiers la fureur désarmée N'exalte-t-elle plus les crimes qu'ils ont faits ? Loin de cela, bien loin ; ce que fut ta clémence, On ne le sait que trop, et tes Tâches amis,

Qui du sang des vaincus par toi furent nourris, En te reconduisant bénissent ta démence.

Mais le peuple, vois-tu, ne s'émeut plus de rien, Et tout ce qu'on lui fait, que ce soit mal ou bien, Le laisse au même état, le laisse triste et sombre,

se

Des proconsuls méchants, il ne sait plus le nombre, Qui passèrent sur lui comme un glaive acéré, Et, stupides, l'ont tous froidement lacéré,

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