LE NOUVEL AN
Salut, ô toi! l'an mil huit cent quarante, An désiré qu’un prophète a maudit ;
Non, tu n’es pas pour nous l'ère sanglante, Le temps fatal qu’en vain il a prédit.
Qu’à s'égayer chacun de nous s’apprête :
Un nouvel an sourit à nos destins.
Au noir passé succède un jour de fête,
Et le repos aux troubles intestins.
Le temps n’est plus des luttes condamnées Du citoyen contre le citoyen ;
I1 faut, après ces néfastes journées,
Un sort meilleur au peuple canadien.
Puisse donc l’homme envoyé d'Angleterre,
ÿes jours mauvais Ôtant le souvenir, Soleil nouveau, féconder notre terre, Et commencer notre riche avenir.
O mon pays ! connais ton noble maître :
Il te veut libre, et non pas t’asservir.
Vois ce qu’il est et ce que tu dois être ; Pour ton bonheur sache bien le servir.
Comme autrefois à tes serments fidèle, N’abjure point l'antique loyauté.
Ah ! pour flétrir une palme si belle, Oubliras-tu le sang qu'eile a coûté ?
Si contre nous de la horde étrangère S'arment un jour les homocides bras, Rallions-nous pour sauver notre mère, Volons pour elle à de nobles combats, Et de la guerre appelant les alarmes, S'il vient ici rallumer son flambeau, Sur notre sol protégé par nos armes, L'Américain trouvera son tombeau.
De nos vertus embellissant l’histoire, Ne cessons pas d'être loyaux et preux.
Nos petits-fils, jaloux de notre gloire,
Se montreront dignes de leurs aïeux.
Au seul penser d’un généreux courage, Leurs jeunes cœurs tressailleront toujours, Qu'ainsi pour eux l’exemple de notre âge Aux temps futurs prépare de beaux jours.
Parents, amis, nous pour qui la fortune Va ramener le bonheur sur ces bords, Unissons-nous : qu’une gaîté commune N'inspire plus que de joyeux transports.
Du nouvel an dont ce jour nous rassemble Quand nous verrons le terme s’accomplir, Joyeux encore, écrions-nous ensemble :
Qu'il fut heureux l’an qui vient de finir !
hi el FE Eu | DE
RUE 4 4 pui 1.4