À MON AMIE
Astre éclatant, qui dores ma chaumière, Tu viens des jours m'apporter le plus beau :
“ Répands ici tes gerbes de lumière, ÿ L'objet aimé pour moi n’est plus nouveau :
Je le possède . . .ilest là. qui soupire , À Son cœur se gonfle à l'approche du mien ; : Doux est son feu, plus doux est son empire ,
C'est un ange gardien. À Il fut un temps (ah! pardonne à mes larmes A) Ë Où renonçant pour toujours au bonheur, 4 Je ne vis plus dans l'attrait de tes charmes ! Que le néant . . . la nuit de mes douleurs. ë Quand tu céssais de me prêter tes flammes, i J'errais pensif . . . mais devine le lien L Qui dans ces temps avait reçu mon âme ? H C'était l'ange gardien, il î sl
» 4 Absence, hélas ! que tu me fus cruelle . i Ton souvenir se rattache à mes pas. . . ï Près d'Héloïse, aimable pastourelle, f Oseras-tu me livrer des combats ! k $ ? k se f:
Non ; désormais plus de sollicitude, Je m'abandonne à l'unique soutien Qui calmera ma sombre inquiétude ,
À cet ange gardien. 1}
ROMUAID CHERRIER (1).
(1) [M. Romuald Cherrier, avocat, naquit à Montréal en 1820.
& Il collabora surtout au journal / Populaire, dont le principal rédac- hi teur était M. Leblanc de Marconnay. Plusieurs de ses poésies # “ révèlent un véritable talent poétique. Il abandonna bientôt la fl ‘h littérature pour se livrer entièrement À sa profession d'avocat. Il 4 alla s'établir à Joliette, où ses succès au barreau furent très marqués. Le Un surcroît de travail lui fit Contracter une maladie de cerveau qui ‘à le conduisit au tombeau en 1862].