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CE QU'IL Y À DE GRAND CHEZ UN ENFANT

Trouvez-moi dans la nature un être privilégié qui réunisse autant de soins inspirés par l'affection et la pitié | que l'enfant au berceau, ou dans le premier lustre de sa | carrière : en savez-vous ? C'est que l'image de la divinité se reflète en lui et perce à travers la faiblesse de ses organes, perce dans son ingénuité : c'est que vous avez parcouru la moitié de votre course et que, arrivé à cette période, un regret amer suit le souvenir qui vous reporte | aux premiers jours de votre enfance, quand vous dites | avec le poète :

Hélas ! nos plus beaux jours s’envolent les premiers !

Présent à la fois du ciel et de la nature, chef-d'œuvre du Créateur qui se complaît en l'ouvrage de ses mains, l'enfant est fait pour intéresser à la fois le ciel et la terre, Dieu et la nature. Il y a de la divinité dans ses attraits : dans ses yeux brille quelque chose qui n'est pas de ce monde ; dans l’ensemble de sa figure règne une sévérité sainte, un sourire angélique qui charme, un heureux N Ï abandon qui entraîne ! Deux choses surtout me captivent

dans un enfant, sa prière et son sommeil : sa prière, elle est pure comme le parfum exhalé du calice des roses ! La prière la plus sublime, celle que Dieu doit exaucer avec le plus de plaisir, c’est la sienne ; la candeur qui l'accompagne dans cette fonction toute mystique, fait ressortir toute la dignité du cœur humain, toute la sublimité de l'âme, toute l'excellence de la foi du chrétien ! Qui de vous n’a pas été remué jusqu'au plus profond de l’âme à la vue d’un enfant en prière aux genoux de sa mère, faisant hommage de son innocente créature à Jésus enfant, qui semble sourire à ses grâces, épancher dans son sein, vierge encore des passions du monde, le trésor des divines faveurs ? V a-t-il rien sur

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terre qui puisse plus puissamment provoquer la libéralité d'un Dieu d'amour ? V a-t-il rien qui puisse mieux que cet ange tutélaire attirer la protection du ciel ? Son berceau semble être sous l’escorte d'une légion d’anges ; et n'y a-t-il pas quelque chose de religieux dans le silence qui règne autour de son berceau? Est-ce chez moi une mystification, l'effet magique d'un indicible préjugé ? je ne sais; ce que je sais, c'est que à l’approche du berceau je me suis courbé le front comme je l’humilie spontanément devant la couche d'un mourant !. . . O vous, famille heureuse que les cieux ont dotée de ce riche héritage, groupez-vous autour du berceau, entourez-le de votre respect ! Le ciel jaloux revendique l'être sublime que vous possédez, il est fait pour le monde des intelligences, il vous sera ravi, il ira trôner sur les sièges d'or de la cité sainte, ce petit enfant ! Dans ce monde, il communique avec les anges d'en haut qui le protègent ; dans l’autre il reposera dans le sein de Dieu ! Voie précieuse qui renferme le saint parfum, l’encens du ciel ! quel dépôt vous est commis ! Plus grand qu'il apparaît petit, et pur comme l'innocence, il commande votre vénération. Comme enfant, c’est le symbole de la vertu, il sera vevêtu de l’immortalité, comme de sa robe blanche !

Il est de ces scènes qui se gravent dans le souvenir et qu'on est heureux de retrouver après quelques années ; une de celles dont l'impression est plus vive et plus durable, parce que c'est la nature qui l'offre, c’est de voir une mère, tremblant sur les jours de son enfant, lui donner un espoir qu’elle n'a point, consoler ses derniers moments en lui parlant du ciel, couvrir son désordre sous un aspect qui ment à son désespoir pour ranimer la vie qui s'échappe ! Pauvre mère ! ses tendres efforts, ses innocents subterfuges d'amour maternel sont superflus, sont inefficaces ! Quand elle baisera les yeux de son

enfant ils seront froids, jamais ils ne reverront la lumière de ce monde.

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