‹ Le Repeuplement des Eaux à Truites: Choix d'une MéthodeChapitre 18 sur 24 · EXPOSE DE LA METHODE · texte numérisé non relu

EXPOSE DE LA METHODE

Trois temps à considérer :

— La capture et la mise en réserve des reproducteurs.

— La ponte et la fécondation des œufs.

— L’incubation. s

Capture et mise en réserve des reproducteurs. ; 4

L'utilisation des reproducteurs sauvages pris dans la -rivière même est; pour nous, la Londition essentielle du succès. Certes, il est peut-être plus commode de se procurer des œufs embryonnés, mais cette façon de procéder ‘n'offre pas les mêmes garanties de réussite. Nous avons déià suffisamment insisté sur le danger que fait courir à la population de la rivière l’apport d’alevins dégénérés pour ne pas nous étendre davantage sur ce point important.

Il nous faut done, de ce fait, capturer les reproducteurs, puis les mettre en réserve jusqu’au moment de la ponte.

ny DOS

Les mâles et les femelles en âge de se reproduire seront pêchés au filet quelques semaines avant la période du frai. Pour éviter les abus qu’une complète libérté ne manquerait pas d'entraîner, cette opération se fera sous la surveillance effective du garde. Les poissons, manipulés le moins possible, seront placés, sexes séparés, dans des bassins de réserve qui peuvent être constitués par de simples fossés bien alimentés en eau et fermés à leurs deux extrémités par un grillage métallique.

La ponte et la fécondation artificielle.

La fraye artificielle mérite l’attention du pisciculteur qui doit apporter tous ses soins à cette opération. Délaissant la méthode ancienne ou humide ainsi que la méthode russe de WRASSKI, nous emploierons la méthode suisse ou « extra sèche » dont le rendement est excellent.

Les poissons que l’on veut frayer artificiellement et en état de l’être, sont mis, sexes séparés, dans deux récipients contenant le bain de formol du Professeur LÉGER, car les

-truites — et principalement celles élevées en bassins — sont exposées à contracter différentes maladies de peau; la costiase est la plus fréquente. Le mucus qui recouvre abondamment les flancs des poissons contient à peu près sûrement le protozoaire, agent de cette affection ou encore d’autres germes pathogènes. Le bain de formol préventif stérilise en quelque sorte le mucus et met les œufs à l’abri de la contamination.

En pressant les flanes de la femelle, l’opérateur expulse les œufs de l’abdomen, mais ses doigts collectent en même temps une grosse goutte de mucus qui tombera fatalement

ne

sur les œufs; si celui-ci est parasité, les œufs sont perdus et on les voit se piquer d’une petite tache blanche qui grandit de jour en jour, signe certain du développement de la costiase.

Done, à la sortie du bain, le praticien saisit une femelle et lui extrait rapidement tous ses œufs; il fait de même pour trois ou quatre femelles, puis il exprime sur ces œufs recueillis à sec la laitance de deux ou trois mâles, remue avec une plume d’oie et verse enfin le tout dans une cuvette remplie de bonne eau pure et fraîche. Au bout de quelques instants, les œufs sont mis directement sur les cadres d’incubation.

Il faut noter qu’en-une seule fois le praticien n’exprime de la femelle que les œufs qui sont mûrs; ceux qui ne le sont pas restent et seront exprimés lors d’une seconde opération pratiquée quelques jours après la première.

Les pisciculteurs avertis recommandent de frayer les femelles mûres jusqu’au bout, car les œufs égrenés autour des appendices pyloriques finissent par être résorbés, mais leurs coques forment un bouchon qui vient obstruer l’oviducte et entraver considérablement si ce n’est même empêcher toute nouvelle émission d’œufs l’année suivante.

Les œufs conservés à sec restent assez longtemps capables d’être fécondés. Toutes les femelles dont les œufs sont bien mûrs, c’est-à-dire bien détachés des grappes ovariennes peuvent être frayées post-mortem. Une douzaine d'heures après la mort, la fécondation de ces œufs s'effectue très facilement. Par contre, la vitalité du sperme diminue très rapidement sur un animal mort et ne dure cuère que quatre ou cinq heures. .

mn ee En utilisant la méthode extra-sèche, on obtient faciiement 95 % d’œufs fécondés (!°).

L’'Incubation.

L’incubation se fera nécessairement dans l’eau même de la rivière où les futurs alevins seront déversés. Deux méthodes s’offrent à nous : la méthode cellulaire CARAJAT et l’emploi du matériel de pisciculture volante.

La méthode Carajat.

M. Paul CARAJAT a construit un appareil très simple qui permet de faire éclore des œufs de truites en pleine eau courante, sur les lieux à repeupler et à un prix des plus intéressant.

Le « Pisciculteur CARAJAT », confectionné en zine, a l'aspect d’un cadre de ruche garni de sa cire. Le cadre cellulaire qui contient 504 alvéoles dans chacune desquelles se loge un seul œuf, mesure 0 m. 21 X 0 m. 16 X 0 m. 03. Chacune des deux grandes faces du parallélipipède ainsi formé est obturée au moyen d’un grillage métallique qui, tout en maintenant les œufs dans les logettes, permet la libre circulation de l’eau. Le chargement des cellules d’incubation se fait très facilement au moyen d'un chargeur spécial. Le pisciculteur chiargé d’œufs embryonnés est immédiatement immergé dans ! l’eau de la rivière.

(19) La méthode ancienme on humide ne permet d’obtenir que 8 à

10 % d'œufs fécondés; on atteint 50 % avec la méthode russe.

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