AVANT-PROPOS
« S'il est vrai, comme l’affirmait volontiers ma mère, « qu’une femme « comme il faut » ne doit pas faire « parler d'elle, la truite doit être une personne bien peu « convenable, car elle a fait beaucoup parler d’elle et « depuis longtemps. »
De cette vérité exprimée sous forme de boutade par M. Louis DE BoïssET, naît pour nous l'obligation de justifier le choix de notre sujet de thèse. Il peut, en effet, paraître quelque peu présomptueux, voire ridicule de notre part, de vouloir ajouter quelque chose à tout ce qui, depuis AUSONNE (IV après J.-C.), a été publié par des maîtres incontestés. ;
Cependant, si l’on veut bién considérer : d’une part l’état de dépeuplement des rivières à truites de France et d’autre part, les résultats généralement médiocres, compte tenu des frais engagés, de la plupart des tentatives d’alevinage, il ne paraît peut-être plus aussi inutile d’essayer de mettre en relief quelques notions simples relatives aux techniques de « réempoissonnement ».
C’est le but que nous nous sommes proposé, et, pour ce faire, nous envisagerons successivement :
— Les causes du dépeuplement des eaux à truites.
Cette étude nous amènera à poser le problème du repeuplement des cours d’eau de première catégorie (').
— Les modalités et les aléas de la pisciculture naturelle de la truite qui, dans la majorité des cas, ne suffit plus à assurer le maintien du taux de peuplement optimum. Î
— La critique du repeuplement par apport d’alevins pris dans des établissements de salmoniculture.
— Le repeuplement au moyen d'œufs embryonnés provenant de géniteurs sauvages.
Nous nous permettrons enfin de conclure en soulignant après tant d’autres plus qualifiés que nous, la nécessité | absolue de placer nos cours d’eau sous une surveillance vigilante, surveillance sans laquelle tous les efforts tentés en vue du repeuplement ne peuvent aboutir qu’à des échecs.
() La loi distingue :
— Les rivières de première catégorie peuplées de salmonidés.
— Les rivières de seconde catégorie où dominent au contraire les cyprinidés.