‹ Le Repeuplement des Eaux à Truites: Choix d'une MéthodeChapitre 21 sur 24 · QUE FAUT-IL PENSER DE CETTE METHODE · texte numérisé non relu

QUE FAUT-IL PENSER DE CETTE METHODE

La méthode que nous venons d'étudier permet de pro- .

duire des alevins pour un prix modique. Le matériel, en ‘effet, est peu onéreux et son installation ne nécessite pas de travaux importants. Les alevins n’étant pas nourris

durant leur brève captivité, il n’y a pas lieu d’envisager l'achat de rates.

Le « Pisciculteur CARAJAT », avons-nous dit, travaille sans surveillance aucune. Si on préfère utiliser le matériel de « pisciculture volante », il suffit de consacrer une heure chaque jour à l’entretien de la station d’alevinage pour en assurer la bonne marche. |

Les frais sont donc réduits au minimum.

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Il est inutile d’avoir des connaissances spéciales pour obtenir des résultats très honorables. Le seul temps un

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peu délicat est la fécondation; il ne faut cependant pas :

exagérer les difficultés de cette opération.

Le rendement est bon. Il est indéniable que de nombreux alevins périront et ne deviendront jamais des pois-

sons adultes. Il faut que nous en prenions notre parti car

nous ne pouvons choisir qu'entre deux alternatives :

— Ou bien protéger les alevins contre leurs ennemis :

il faui pour cela les élever dans des bacs spéciaux, et nous

savons quels inconvénients cela entraîne.

— Ou bien les laisser livrés à eux-mêmes en acceptant l’idée d’un inévitable déchet.

Nous n’hésitons pas un seul instant et optons pour la seconde méthode, La récompense du sacrifice que nous consentons sera l’obtention de beaux poissons robustes et sportifs.

L’incubation se fait dans l’eau même de 14 rivière, c’est-à-dire dans un milieu dont l’oxygénation et la température peuvent subir de brusques variations évidemment préjudiciables aux œufs. Cest la raison pour laquelle certains condamnent cette méthode. |

Nous nous permettrons d’être d’un avis différent. Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que l’alevin se nourrit de plancton; or, l’évolution du plancton est sous la dépen-

dance directe des facteurs qui commandent la durée de.

l’incubation des œufs. Autrement dit, dans la nature,

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évolution du plancton et incubation de l’œuf sont deux phénomènes synchrones; de ce fait, l’alevin nouveau-né trouve dans le milieu ambiant la nourriture. qui lui convient le mieux.

. #“; La méthode dont nous préconisons l’emploi respecte ce synchronisme et ce n’est pas là un de ses moindres avantages. je

Certes, cette méthode n’est pas à l’abri de toute critique et il est certain que la capture au filet des reproducteurs est un procédé un peu scabreux. Nous ne croyons pas cependant qu’on puisse en faire état pour condamner une technique de repeuplement dont les résultats sont excellents.

Il suffit de confier cette tâche à des pêcheurs consciencieux et honnêtes, placés sous la surveillance effective d’un-garde qui, le cas échéant, réprimerait toute tentative de braconnage.

Le garde, par ailleurs, est tout désigné pour pratiquer la fraye artificielle et veiller à la bonne marche d’une ou de plusieurs stations d’alevinage.

. [l nous parait donc souhaitable que cette méthode se généralise. Les établissements de pisciculture n’en seraient pas pour cela réduits au chômage, car ils pourraient s'orienter vers la production de truites-portion.

Ainsi l’hôtelier ou le restaurateur qui désirerait se procurer du poisson n’en serait pas réduit à l’acheter au braconnier. Cette réforme des mœurs représenterait, n’en

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doutons pas, un grand pas vers la revalorisation de la richesse piscicole française. Nous nous permettons même de penser que la suppression totale du braconnage « industriel » suflirait à lui seul à assurer le repeuplement de la plupart de nos eaux à truites. ;

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