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Au moment de la maturation sexuelle les glandes géni- + \ | tales, très hypertrophiées, compriment les organes digestifs.
À cette-époque l'appétit est d’ailleurs à peu près nul.
L’ovule et le spermatozoide. -
On admet qu’une truite de un kilog donne environ de 2.000 à 2.500 ovules de 5 mm. de diamètre, qui revêtent une belle teinte jaune-orange. Une carpe de même poids en produit 150.000, une tanche 600.000. Le nombre des ovules est en rapport inverse de leur taille, laquelle est variable avéc les espèces.
« Tout ce que l’on peut dire e’est que ce sont les Sal- « monidés, pondeurs d’hiver, qui ont les plus gros œufs, -« donc les plus riches en vitellus afin de compenser la len- « teur du développement de l’embryon en eau froide et « de permettre à lalevin à grosse vésicule nutritive « d'attendre des jours meilleurs; tandis que les cyprini- « dés, pondeurs d’été, ont de petits œufs à développe- « ment rapide donnant des alevins à vésicule réduite et « devant se suffire à eux-même dans une eau déjà riche « en minuscules aliments » (?).
L’ovule comprend trois éléments: la membrane, le cytoplasme, le noyau.
La membrane, relativement souple, entoure et protège
(2) Professeur LÉGER : Les œufs et les pontes de nos poissons d’eau douce (Travaux du Laboratoire d'Hydrobiologie et de Pisciculture de l’Université de Grenoble, 1942).
2 9s > 2 . 1 ° . e l'œuf. Elle présente au niveau du germe un orifice minuscule: le micropyle, par où pénètrera le spermatozoïde. Elle permet des échanges entre l'œuf et Peau ambiante.
Le cytoplasme ou vitellus, matière albuminoïde, est contenu dans la membrane d’enveloppe. On distingue : — Le viteilus formatif localisé à un pôle.
— Le vitellus nutritif qui joue le rôle de réserve alimentaire et qui, après la fécondation, donnera la vésicule vitelline.
Le noyau est situé dans le vitellus formatif. Le spermatozoïde, long de 20 à 30 # comprend essentiellement trois parties :
— La tête renfermant le noyau, — Le segment intermédiaire, — Le flagellum. |
L’ovule fécondé par le spermatozoïde donne un œuf.
La ponte et la fécondation.
La maturation sexuelle terminée, vient la grande épo-
que, celle du frai, qui se situe en novembre-décembre dans
nos régions, c’est-à-dire lorsque la température de Peau est voisine de 12°.
Les salmonidés, poissons à œufs libres, déposent leurs œufs sur le fond des ruisseaux à eau peu profonde. La nature de ce fond, la qualité de l’éau, ne sont pas indifférentes; la femelle-n’hésite pas à accomplir une véritable
« migration en miniature » pour effectuer sa ponte sur un
banc de gravier propre et net recouvert d’une nappe d’eau courante, mince, fraîche et aérée, Le Professeur Louis RouLE explique cette migration par le besoin de satisfaire un « appétit d'oxygène, résultat immédiat d’une respira- « tion plus active » due elle-même à la formation des gamètes. « Ces chairs nouvelles vivaces, que l’être produit « en lui-même, exigent, pour croître et grandir, un sang « plus riche et plus vivifiant. Leur respiration intime a « besoin de son élément essentiel que le sang emprunte «”à l’eau par le moyen des branchies et qu’il ne peut « obtenir que de cette eau environnante. La proportion « d'oxygène dissous, convenable autrefois, ne suffit plus; « désormais il en faut davantage. La truite se porte alors « vers les régions où la rivière en contient des doses plus « élevées. Il n’y a là qu’un ample réflexe multiple inté- « ressant l’individu entier, le polarisant dans son dépla- « cement en le menant où il faut qu'il se rende pour « réaliser la fonction dont il est investi. »
Donc, mâles et femelles ont gagné les frayères; les uns et les autres ayant abandonné leur prudence naturelle deviennent une proie facile pour leurs ennemis, l’homme en particulier. C’est pourquoi la surveillance des frayères est chose si importante. Avec la queue et les nageoires, les mères rassemblent en petits tas graviers et fins cailloux, puis expulsent quelques ovules en frottant leur abdomen distendu sur ces petits monticules. Immédiatement après, un mâle se précipite et émet quelques gouttes de laitance. « Œufs et laitance, de même densité, sont entraînés par « le courant et roulent sur la frayère, côte à côte, dans « la même vague; c’est à ce moment précis, pendant ces « quelques secondes, qu’a lieu la fécondation. » (Maurice VoucaA). En effet, d’une part, les spermatozoïdes sont rapi-
dement détruits par le contact de l’eau et, d’autre part, la membrane entourant l’ovule se gonfle et le micropyle se ferme: la fécondation devient alors impossible.
Les opérations de ponte et de fécondation se poursuivent jusqu’à ce que la femelle ait expulsé tous ses ovules.
La ponte n’est possible que dans des conditions thermiques assez strictes : la température de l’eau ne doit pas être inférieure à 10° (*). Si les conditions sont défavorables on observe la rétention des ovules qui finissent par se résorber en entraînant la dégénérescence de l’ovaire. Les truites devenues stériles continuent à croître et peuvent atteindre de très fortes dimensions. Le professeur ROULE voit dans ce processus l’origine des énormes truites argentées de lac et il ajoute : « Comme les poulardes et « par un effet comparable leur chair gagne en délicatesse: « et en sapidité. » La rétention des ovules pourrait parfois entraîner la mort de la femelle. (Maurice VoucaA.)
L’incubation.
L’œuf demeure inerte (*) durant toute l’incubation ét n’est animé que par les seuls mouvements dus à l’agitation de l’eau ambiante, L’incubation ne peut avoir lieu que dans une eau contenant 6 à 7 ce. d'oxygène dissous au
(3) Gaston MicHer, D'une influence capitale : la température (Au bord de l'Eau, juillet 1946).
(4) Les œufs de certaines espèces (poissons rouges, brochets) sont, durant l’incubation, animés de mouvements complexes. Consulter, à ce sujet : A. Dorter, Les mouvements rythmiques de l'œuf du brochet (Travaux du Laboratoire d'Hydrobiologie et de Pisciculture de PUni-
versité de Grenoble, 1942).
Hope
litre, « Or, cette concentration varie en proportion inverse « de la température. Les eaux froides peuvent donc être « plus riches en oxygène dissous-que les eaux chaudes. «. Par contre l’assimilation est favorisée par une tempé- « rature plus élevée. Le développement de l’œuf est donc « soumis à un compromis et il en résulte un rapport « constant qui s’établit entre la température et la faculté « d’assimilation. » (D' BARBELLION) (°).
Ce rapport constant est traduit par la formule : Ra EE Dans laquelle :
— }J représente la durée d’incubation exprimée en jours.
.— T la température de l’eau évaluée en degré centigrade.
— K est une constante égale à 410 pour la truite indigène. ; , D'où nous tirons :
re
C’est-à-dire que dans une eau à 10°, l’incubation dure quarante et un jours, soit six semaines environ.
Les conditions thermiques de l’incubation sont donc plus souples que celles qui régissent la ponte. Plus la température est élevée et plus l’éclosion est rapide et inverse: ment, mais l'expérience montre qu'une incubation trop
(5) D' P. BARBELLION, T'ruites, mouches, devons, Paris, 1948.
‘longue ou trop rapide donne des alevins fragiles. Une bonne moyenne se situe entre 10 et 12° (°) ce qui correspond à une durée d’incubation de cinq à six semaines.
Lorsque l’incubation a lieu dans une eau à 10° on remarque, au cours de la quatrième semaine, l'apparition de deux taches foncées situées de part et d’autre de la tête de l’embryon et constituées par le pigment noir de la rétine qui se dépose au niveau des vésicules optiques. Ce signe, qui signifie que les œufs sont embryonnés, est, de ce fait, intéressant à connaître.
Les premiers mouvements actifs de l’embryon se produisent au cours de la cinquième semaine. L’incubation terminée, une fissure se produit dans la coque de l’œuf qui s’est considérablement ramollie; la queue émerge, bientôt suivie du reste du corps : l’alevin est né.
L'alevin - La truitelle.
On estime généralement (Rourr, LÉGER, DESCHAMPS) que, dans les conditions normales, la croissance de la truite s’établit comme suit :
Eclosion. : . ..... .. = 15 à 16 mm. de long- 15 jours. 4:21 /20"à 22 mm: > BOjoOUrR 0. 2. | 21 à 20 mm »
ÉMOR, ere. Gras Hem RS
1 RU CPS OR Te NS 15 à 20 gr. »
HR RO. LE É 60 à 80 gr. > DANSE son 0 100 à 125 er. »
(6) Dans les établissements de salmoniculture l’eau est maintenue à 10° environ,