CONCLUSION
nationale, tout en se refusant à lui enlever, en la fixant par des textes, le caractère d’un usage spontanément et librement accepté.
Plus récemment, la Suisse, l'Allemagne, après avoir assuré chez elles l'existence du repos du dimanche, ont, par deux fois, officiellement et législativement posé le principe d'une journée plus courte le samedi, pour leur industrie. Le premier essai avait élé heureux sans doute et bien accueilli, puisque ces deux pays ont, en l’accentuant, renouvelé l'expérience.
La plupart des colonies britanniques, à l'exemple de la mère patrie, connaissent plus ou moins le repos du samedi après-midi. Au Canada, lors de la session parlementaire de la Nouvelle-Écosse (février-avril 1909), on vota des restrictions à la durée du travail des femmes et des enfants, el l’on fixa à huit heures les cinq premiers jours de la semaine, à quatre heures le samedi le maximum pour les garçons et les fillettes de moins de seize ans, dans les fabriques.
En Autriche, on trouve également une mesure qui fixe la durée hebdomadaire de la durée du travail dans les ateliers des chemins de fer de l’État à cinquante-quatre heures par semaine, en indiquant que le samedi le travail ne doit pas durer plus de six heures et demie.
L'Italie n'a encore rien fait, mais un député, M. Cabreui, soumettait la questivn à l'appréciation de la Chambre, dans la séance du 25 avril 1902. A cette date il déposait en effet une proposition de loi qui, ayant pour but d'établir le repos du dimanche en faveur de tous les employés et ouvriers, demandait en outre la cessation du travail le samedi à deux heures après midi pour les femmes.
La France estrestée parmi les retardataires. Le problème
s'est pourtant, pour elle aussi, posé à plusieurs reprises. Mais le prolétariat français n'a pas semblé, jusqu'à ces derniers temps, altacher au repos du samedi après-midi l'intérêt qu'il mérite. Un revirement d'opinion est peut-être à la veille de se produire, et il est à croire que la France suivra bientôt l'exemple de l'étranger. Mais il faut qu'une campagne méthodique soit menée dans ce but et illustrée d'essais loyaux, après entente des parties. C’est en voyant le système à l'œuvre, non pas seulement darës un établissement donné, mais dans toute une industrie, .que l'on serait à même de le juger, et qu'on en apprécierait les bons effets. L'expérience réussissant, le législateur éclairé pourrait alors intervenir avec fruit.
Il y à là une impalsion à donner, et quelque chose d'utile à faire. Partiel ou complet, appliqué seulement aux enfants et aux femmes, ou mieux à l'ensemble des travailleurs, le repos du samedi après-midi, adopté sans violence aux exigences industrielles, à sa place marquée au nombre des réformes que le prolétariat français peut souhaiter.
Il est possible de l'introduire dans de nombreuses industries, si l'on veut y apporter quelque bonne volonté. D'ailleurs, join d'être nuisible aux intérêts bien compris des patrons eux-mêmes, il serait souvent pour eux l'accaimie bienfaisante dans une vie de fièvre, et leur permettrait de se préparer aussi, pour le dimanche, un repos effectif ; ils mettraient le samedi soir un peu d'ordre dans leurs affaires, vérifieraient leurs écritures et feraient leurs comptes, tandis que quelques-uns de leurs ouvriers, retenus, à tour de rôle, un moment après le départ des autres, rangeraient les ateliers. La remise en marche du lundi serait, à tous points de vue, heureusement ménagée,
CONCLUSISN 185
Aujourd'hui que le repos du dimanche fonctionne à peu près partout, il sera plus facile d’apercevoir tout l’intérèt qui s'attache au demi-congé du samedi, son corollaire
ralionnel.
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris, LTARD:
Vu :
Le Président, Raouz JAY.
Vu:
Le Doyen, P. CAUWÉS.
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