‹ Le rértoire littéraire;Chapitre 139 sur 267 · PAUL ET VIRGINIE · texte numérisé non relu

PAUL ET VIRGINIE

âtre à son intelligence et à sa bonté ? et n'a-t-il pu propager la vie humaine que dans les champs de la mort ? Il n'y a pas dans l'Océan une seule goutte d'eau qui ne soit pleine d'êtres vivants qui ne ressortissent à nousa ; et il n'existerait rien pour nous parmi tant d'astres qui roulent sur nos têtes ! Quoi ! il n'y aurait d'intelligence suprême et de bonté divine, précisément que là où nous sommes ! et, dans ces globes rayonnants et innombrables, dans ces champs infinis de lumière qui les environnent, que ni les orages, ni les nuits n'obscurcissent jamais, il n'y aurait qu'un «space vain et un néant éternel ! Si nous, qui ne nous sommes rien donné, osions assigner des bornes à la puissance de laquelle nous avons tout reçu, nous pourrions croire que nous sommes ici sur les limites de son empire, où la vie se débat avec la mort, et l'innocence avec la tyrannie !

" Sans doute, il est quelque part un lieu où la vertu reçoit sa récompense. Virginie maintenant est heureuse. Ah ! si du séjour des anges elle pouvait se communiquer à vous, elle vous dirait, comme dans ses adieux : ' O Paul î la vie n'est qu'une épreuve. J'ai été trouvée fidèle aux lois de la nature, de l'amour et de la vertu. J'ai traversé les mers pour obéir à mes parents ; j'ai renoncé aux richesses pour conserver ma foi ; et j'ai mieux aimé perdre la vie que de violer la pudeur. Le Ciel a trouvé ma carrière suffisamment remplie. J'ai échappé pour toujours à la pauvreté, à la calomnie, aux tempêtes, au spectacle des douleurs d'autrui. Aucun des maux qui effraient les hommes ne peut plus désormais m'atteindre ; et vous me plaignez ! Je suis pure et inaltérable comme une particule de lumière ; et vous me rappelez dans la nuit de la vie ! O Paul ! ô mon ami î so a viens-toi de ces jours de bonheur où, dès le matin, nous goûtions la volupté des cieux, se levant avec le soleil sur les pitons de ces rochers, et se répandant avec ses rayons au sein de nos forêts.

" c Nous éprouvions un ravissement dont nous ne pouvions comprendre la cause. Dans nos souhaits innocents, nous désirions être tout vue, pour jouir des riches couleurs

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