‹ Le rértoire littéraire;Chapitre 160 sur 267 · ATTILA · texte numérisé non relu

ATTILA

* Pœan, du grec 7rcaàv (paian), chant guerrier. k Bar dit (on prononce le t), chant de guerre des anciens Germains. 1 Corps d'infanterie romaine.

m Vercingétorix, célèbre général gaulois, fut choisi pour chef suprême de la ligue formée contre César dans les Gaules l'an 53 av. J.-C.

ATTILAa.

Enfin il paraît, ce terrible Attila, au milieu des flammes qui ont consume la ville d'Aquiléeb ; il s'assied sur les ruines des palais qu'il vient de renverser, et semble à lui seul chargé d'accomplir en un jour l'œuvre des siècles. Il a comme une sorte de superstition envers lui-même, il est l'objet de son culte ; il croit en lui, il se regarde comme l'instrument des décrets du Ciel, et cette conviction mêle un certain système d'équité à ses crimes. Il reproche à ses ennemis leurs fautes, comme s'il n'en avait pas commis plus qu'eux tous ; il est féroce, et néanmoins c'est un barbare généreux ; il est despote, et se montre pourtant fidèle à sa promesse0; enfin, au milieu des richesses du monde, il vit comme un soldat, et ne demande à la terre que la jouissance de la conquérir. Attila remplit les fonctions de juge... il prononce sur les délits portés à son tribunal d'après un instinct naturel, qui va plus au fond des actions que les lois abstraites dont les décisions sont les mêmes pour tous les cas. Il condamne son ami coupable de parjure, l'embrasse en pleurant, mais ordonne qu'à l'instant il soit déchiré par des chevaux d. L'idée d'une nécessité inflexible le dirige, et sa propre volonté lui paraît à luimême une nécessité. Les mouvements de son âme ont une sorte de rapidité et de décision, qui exclut toute nuance ; il semble que cette âme se porte, comme une force physique, irrésistiblement et tout entière dans la direction qu'elle suit. Enfin on amène devant son tribunal un fratricide; et, comme il a tué son frère, il se trouble et refuse de juger le criminel. Attila, malgré tous ses forfaits, se croit chargé d'accomplir la justice divine sur la

terre, et, prêt à condamner un homme pour un attentat pareil à celui dont sa propre vie a été souillée, quelque chose qui tient du remords le saisit au fond de l'âme. Madame de Staël. De V Allemagne, {Voyez la page 80.)

a Attila, roi des Huns, surnommé le Fléau de Dieu, mort en 453. Après avoir ravagé l'Orient, traversé la Pannonie et la Germanie, il entra dans la Gaule, en 451, à la tête d'une armée formidable. Vainqueur plusieurs fois, il fut enfin complètement défait, dans les plaines de Châlons, par les armées combinées à'Aétius, de Mérovée et de Théodoric. Attila, quoique vaincu, aspirait à de nouvelles conquêtes ; il passa en Italie, y exerça d'horribles ravages, et, de retour dans la Pannonie, il y mourut au sein des plaisirs.

b Aquilée, ville de la haute Italie, dont la richesse lui valut le surnom de Roma secunda (seconde Rome). Après la destruction de leur ville par Attila, les habitants se réfugièrent dans des îlots de l'Adriatique, où ils fondèrent la célèbre Venise.

Aquilée porte aujourd'hui le nom d'Aglar, mais elle est de peu d'importance, et n'a que 1500 habitants, qui s'adonnent à la pêche.

c Attila s'est montré très-rigoureux observateur de la probité politique et de la foi jurée, dans toutes ses relations avec Rome.

d M. Charles-Nodier cite, dans ses Souvenirs de la Révolution et de V Empire, un trait de Saint-Just, peut-être imité de celui d'Attila. A l'époque où ce membre du comité du salut public parcourait les lignes de l'armée commandée par le général Pichegru, en Alsace, il surprit un officier au ht et sans vêtements, ce qui avait été défendu sous peine de mort. Saint-Just reconnaît dans cet officier son ami intime, il l'embrasse avec tendresse, et le fait fusiller devant lui.

Il était nécessaire à Chlovis3 d'être chrétien pour garder les Gaules, et aux Chrétiens des Gaules, que Chlovis le devînt, pour les préserver.

Chlotildeb y travaillait avec zèle. Elle en avait eu l'espérance avant de quitter la Bourgogne ; mais le succès ne répondait qu'imparfaitement à cette espérance. Chlovis flottait indécis entre sa conviction encore incomplète, et le danger d'offenser les vieilles idolâtries des Francs. Les vérités du Christ se manifestaient à lui confusément et avec lenteur. Déjà incrédule aux idoles, il tardait à de-

venir croyant au seul Dieu L. La politique lui persuadait à la. fois le Christianisme, et l'en dissuadait.

Pendant qu'il doutait et délibérait, Chlotilcle lui donnait un fils. La pieuse reine, profitant avec habileté de la joie du roi, exigea que l'enfant fût fait chrétien. Chlovis, déjà ébranlé, consentit. Il trouvait bon d'avoir cette occasion d'éprouver les dispositions de ses Francs. Le jeune prince eut donc le baptême. Mais, à quelques jours de là il mourut, et le roi, troublé, retourna en arrière et se repentit.

Chlotilcle eut un second fils. Elle insista encore, et obtint encore pour lui le baptême. Mais voilà que l'enfant est tout à coup saisi du même mal que son frère. Chlovis éclate alors en reproches, s'imaginant que la colère de ses anciens dieux le poursuit. Chlotilde, deux fois malheureuse, est consternée et désespérée. Mère, elle pleure ; chrétienne, elle prie. Avec elle, prient aussi ses Chrétiens. Enfin, la mort est fléchie, et l'enfant guérit. Chlovis, encouragé, commence à croire au Dieu de Chlotilde.

D'autres événements survinrent. Sur le territoire enfermé entre le Danube, le Rhin et le Mein, deux peuples étaient établis, les Suèves et les Allemands0. L'exemple donné par les Francs, les Visigoths et les Bourguignons, les excitait à chercher à leur tour un meilleur établissement dans de plus heureuses contrées. Ayant uni leurs forces, ils marchent, et, rencontrant au passage, les Ripuairesd, alliés des Francs, et enfants, comme eux, des anciens Sicambres, ils font effort pour les surmonter. Ceuxci appellent les Francs, et Chlovis accourt. Il n'avait garde de leur refuser une protection dont il comptait leur faire comprendre et payer le prix.

On combattit à Tolbiac e, auprès de Cologne. Sigebert, de la race de Chlovis, gouvernait ce pays avec le titre de roi. Ce fut lui qui commença l'attaque, tombant sur les Allemands avec une grande résolution. Mais il succomba. Ses troupes, rebutées, reculèrent, et, renversé lui-même et blessé, son fils ne le retira qu'à grand' peine de la mêlée f.

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