‹ Le rértoire littéraire;Chapitre 189 sur 267 · THIERS · texte numérisé non relu

THIERS

au dessus de la foule, montre une boucle de col : c'était celle du gouverneur Delaunay qui venait d'être décapité. Deux gardes-françaises, Élie et Hullin, l'avaient défendu jusqu'à la dernière extrémité. D'autres victimes avaient succombé, quoique défendues avec héroïsme contre la férocité de la populace. Une espèce de fureur commençait à éclater contre Flesselles, le prévôt des marchands, qu'on accusait de trahison. On prétendait qu'il avait trompé le peuple en lui promettant plusieurs fois des armes qu'il ne voulait pas lui donner. La salle était pleine d'hommes tout bouillants d'un long combat, et pressés par cent mille autres qui, restés au dehors, voulaient entrer à leur tour. Les électeurs s'efforçaient de justifier Flesselles aux yeux de la multitude. Il commençait à perdre son assurance, et déjà tout pâle il s'écrie : " Puisque je suis suspect, je me retirerai." " Non," lui dit-on, " venez au Palais-Royal, pour y être jugé." Il descend alors pour s'y rendre. La multitude s'ébranle, l'entoure, le presse. Arrivé au quai Pelletier, un inconnu le renverse d'un coup de pistolet. On prétend qu'on avait saisi une lettre sur Delaunay, dans laquelle Flesselles lui disait : " Tenez bon, tandis que j'amuse les Parisiens avec des cocardes."

Thiers.

Thiers {Adolphe), Ministre de l'intérieur et l'un de nos écrivains distingués, naquit à Marseille vers 1798. Son Histoire de la révolution française fera sa gloire dans la postérité. La célébrité de M. Thiers comme orateur est égale à celle qu'il s'est faite comme historien.

a Ces cahiers étaient les instructions qu'avaient reçues de leurs commettants les députés aux Etats-Généraux, c'est-à-dire, à l'assemblée des trois ordres du royaume, qui étaient le clergé, la noblesse, et le tiers état (les depute's du peuple). En 1789, le tiers état se constitua en assemblée nationale et déclara illégale toute autre représentation.

b Voyez la note a, page 68.

c Les troubles qui eurent lieu à Paris pendant les journées des 12 et 13 juillet 1789 déterminèrent la bourgeoisie à s'assembler dans les districts. Les électeurs des députés aux Etats-Généraux accoururent à l'Hôtel-de-Yille, et, se réunissant au corps municipal, créèrent sur le champ la milice parisienne.

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