‹ Le rértoire littéraire;Chapitre 205 sur 267 · AIMÉ-MARTIN · texte numérisé non relu

AIMÉ-MARTIN

mêler à l'orme féodal et aux chênes de la vieille Gaule ; les fruits parfumés de l'Asie, au pommier indigène ; la flore entière de l'Orient, à l'humble violette, à nos couronnes de bluets, aux bouquets champêtres de la pâquerette et de la mystérieuse verveine e. Ainsi la France se couvre des productions du nouveau monde et des trésors de l'ancien. Du haut de ses coteaux chargés de vignes, des fleuves de vin coulent éternellement dans la coupe de tous les peuples, tandis que, sur ses larges plaines, les moissons ondoient, comme les flots de la mer, sous le vent qui les courbe, sous le soleil qui les mûrit.

A la vue de tant de biens, mon cœur bondissait de joie. Je m'écriais : Chère patrie î terre fortunée I tu possèdes tout, richesse, intelligence, liberté. Est-il sur le globe un spectacle comparable à celui de ta gloire î Tu t?es dépouillée de tes superstitions et de tes vices, comme on se dépouille d'un haillon flétri* ; plus de moines inutiles, plus de droits féodaux, plus de corvées f, plus de servage, plus de castes qui se méprisent, plus de provinces rivales et jalouses ; je ne vois dans ton sein qu'un peuple, et, dans ce peuple, qu'une famille î

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