REMARQUES PHILOLOGIQUES SUR L'ORIGINE DE LA LANGUE FRANÇAISE
Des débris du celtique, la première langue des Gaulesa, qui, en dépit des Romains, vivait encore dans les campagnes ; du latin, qui s'était naturalisé avec eux dans les villes ; du tuclesque, que la victoire porta de tous côtés à la suite des barbares, se forma la langue romane. Cette langue elle-même se divisa en deux branches, le roman provençal et le roman wallon ou welche.
On les appela aussi, l'un langue d'oc, l'autre langue d'oil, d'après le mot qui servait dans les deux pays à exprimer la particule affirmative oicih. La langue d'oc n'eut d'existence littéraire que du neuvième au treizième siècle ; elle la dut aux troubadours0. Après cette époque, elle dégénéra, et finit par aller se perdre dans le patois provençal. La langue d'oil, cultivée surtout par les trouvères ou troubadours du Nordd, et répandue dans toute l'ancienne Gaule par la double influence de la cour qui se fixa à Paris et de l'université de cette capitale, qui devint une des sources de science les plus fécondes pour l'Europe entière, forma dans ses perfectionnements successifs la langue française telle qu'elle existe aujourd'hui.
a Les historiens tirent les Gaulois de la Germanie, peuplée elle-même par les Celtes, grande et ancienne nation dont il est impossible de préciser avec une rigoureuse exactitude le territoire et les limites.
" Les Germains filtrèrent, pour ainsi dire, dans les Gaules, comme de petits ruisseaux qui s'extravasent d'un grand amas d'eau par filets ; vient ensuite le flot qui inonde tout. On les voit conquérants, par conséquent en corps de nation, dès le quatrième siècle avant notre ère commune, à peu près vers le temps où Rome sortait à peine de la classe des bourgades. [Voyez la paye 266.]
" Leur langue conservée, dit-on, dans la Basse-Bretagne et dans