‹ Le rértoire littéraire;Chapitre 229 sur 267 · Jourd. Je comprends cela à cette heure · texte numérisé non relu

Jourd. Je comprends cela à cette heure

[Scène suivante.]

Le m. de mus. Il faut qu'une personne comme vous, qui êtes magnifique, et qui avez de l'inclination pour les belles choses, ait un concert de musique chez soi tous les mercredis, ou tous les jeudis.

M. Jourd. Est-ce que les gens de qualité en ont ?

Le m. de mus. Oui, monsieur.

M. Jourd. J'en aurai donc. Cela sera-t-il beau ?

Le m. de mus. Sans doute. Il vous faudra trois voix, un dessus1, une haute-contre0-, et une basse, qui seront ac-

compagnées d'une basse de viole3, d'un téorbe*, et d'un clavecin1 pour les basses continues6, avec deux dessus de violon' pour jouer les ritournelles.

M. Jourd. Il y faudra mettre aussi une trompette marinea. La trompette marine est un instrument qui me plaît, et qui est harmonieux.

Le m. de mus. Laissez-nous gouverner les choses.

M. Jourd. Au moins, n'oubliez pas tantôt de m'envoyer des musiciens pour chanter à table.

Le m. de mus. Vous aurez tout ce qu'il vous faut.

a Cet instrument est formé d'une seule corde fort grosse montée sur un chevalet, et qui rend un son assez semblable à celui de la trompette.

[Scène suivante.]

M. Jourdain, un maître d'armes, le maître de musique, le maître À daxser, un laquais tenant deux fleurets.

Le m. d'armes. Je vous l'ai déjà dit, tout le secret des armes } ne consiste qu'en deux choses, à donner, et à ne point recevoir; et, comme Je vous fis voir"1 l'autre jour par raison démonstrative, il est impossible que vous receviez, si vous savez détourner l'épée de votre ennemi3 de la ligne de votre corps; ce qui ne dépend seulement que d'un petit mouvement du poignet, ou en dedans, ou en dehors4'.

M. Jourd. De cette façon b donc, un homme, sans avoir du cœur6, est sur de tuer son homme, et de n'être point tué?

Le m. d'armes. Sans doute ; n'en vîtes-vous pas la démonstration ?

M. Jourd. Oui.

Le m. d armes. Et c'est en quoi Von voit de quelle considération nous autres ?wus devons être' clans un état; et combien la science des armes V emporte* hautement sur toutes les autres sciences inutiles, comme la danse, la musique, la . . .

Le m. à dans. Tout beau9) monsieur le tireur d'armes10 ! ne parlez de la danse qu'avec respect.

Le m. de mus. Apprenez, je vous prie, à mieux traiter l'excellence de la musique.

Le m. d'armes. Vous êtes de plaisantes ge?isu, de vouloir comparer vos sciences à la mienne.

Le m. de ?nus. Voyez un peu l'homme d'importance !

Le m. à dans. Voilà un plaisant animal avec son plastron 1 2 î

Le m. d'armes. Mon petit maître à danser, je vous ferais danser comme il faut. Et vous, mon petit musicien, je vous ferais chanter de la belle manière.

Le m. à dans. Monsieur le batteur de fer, je vous apprendrai votre métier.

M. Jourd. \au maître à danser.'] Etes-vous fou de l'aller quereller, lui qui entend la tierce et la quarte, et qui sait tuer un homme par raison démonstrative ?

Le m. à dans. Je me moque de sa raison démonstrative, et de sa tierce et de sa quarte.

31. Jourd. [au maître à danser.] Tout doux 13, vous dis-je !

Le m. d'armes. [au maître à danser.] Comment, petit impertinent !

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