‹ Le rértoire littéraire;Chapitre 231 sur 267 · Jourd. Messieurs î · texte numérisé non relu

Jourd. Messieurs î

Le m. de phil. Fripons ! gueux! 10 traîtres ! imposteurs !

M. Jourd. Monsieur le philosophe î Messieurs î Monsieur le philosophe î Messieurs ! Monsieur le philosophe ! [Ils sortent en se battant. ~\

a Que sont devenues les belles maximes de notre philosophe ? On peut bien lui donner pour devise : Video meliora proboque, détériora sequor.

[Scène suivante.] M. Jourdain, et un peu après le maître de philosophie. M. Jourd. Oh ! battez-vous tant qu'il vous plaira, je n'y

saurais que faire, et je n'irai pas gâter ma robe pour vous séparer. Je serais bien fou de m'aller fourrer parmi eux, pour recevoir quelque coup qui me ferait mal.

Le m. de phil. \raccommodant son collet1. ,] Venons à notre leçon.

31. Jourd. Ah ! monsieur, je suis fâché des coups qu'ils vous ont donnés.

Le m. de phil. Cela n'est rien. Un philosophe ,:ait recevoir comme il faut les choses ; et je vais composer contre eux une satire du style de Ju vénal, qui les déchirera de la belle façon*. Laissons cela. Que voulez-vous apprendre?

31. Jourd. Tout ce que je pourrai ; car j'ai toutes les envies du monde3 d'être savant ; et j'enrage4 que mon père et ma mère ne m'aient pas fait bien étudier dans toutes les sciences quand j'étais jeune.

Le m. de phil. Ce sentiment est raisonnable ; nam, sine doctrinal vita est quasi mortis imago. Vous entendez cela, et vous savez le latin, sans doute ?

M. Jourd. Oui ; mais faites comme si je ne le savais pas : expliquez-moi ce que cela veut dire.

Le m. de phil. Cela veut dire que, sans la science, la vie est presque une image de la mort.

M. Jourd. Ce latin-là a raison.

Le m. de phil. N'avez-vous point quelques principes, quelques commencements des sciences?

M. Jourd. Oh î oui. Je sais lire et écrire.

Le m. de phil. Par où vous plaît- il que nous commencions ? Voulez- vous que je vous apprenne la logique ?

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