‹ Le rértoire littéraire;Chapitre 232 sur 267 · Jourd. Que sont-elles, ces trois opérations de l'esprit · texte numérisé non relu

Jourd. Que sont-elles, ces trois opérations de l'esprit

Le m. dephiL La première, la seconde, et la troisième. La première est de bien concevoir, par le moyen des universaux ; la seconde, de bien juger, par le moyen des catégories ; et la troisième, de bien tirer une conséquence, par le moyen des figures : Barbara, Celarent, Darii, Ferio^ Bctralipton, &c.a

M. Jourd. Voilà des mots qui sont trop rébarbatifs5. Cette logique-là ne me revient point6. Apprenons autre chose qui soit plus joli.

Le m. de phil. Voulez-vous apprendre la morale1?

M. Jourd. La morale ?

Le m. de phil. Oui.

M. Jourd. Qu'est-ce qu'elle dit, cette morale ?

Le m. de phil. Elle traite de la félicité, enseigne aux hommes à modérer leurs passions, et . . .

M. Jourd. Non, laissons cela; je suis bilieux comme tous les diables, et il n'y a morale qui tienne; je me veux mettre en colère tout mon soûl, quand il m en prend envie*.

Le m. de phil. Est-ce la physique9 que vous voulez apprendre ?

M. Jourd. Qu'est-ce qu'elle chante, cette physique ?

Le m. de phil. La physique est celle qui explique les principes des choses naturelles, et les propriétés des corps ; qui discourt de la nature des éléments, des métaux, des minéraux, des pierres, des plantes, et des animaux; et nous enseigne les causes de tous les météores, l'arc-en-ciel, les feux volants 10 les comètes, les éclairs, le tonnerre, la foudre, la pluie, la neige, la grêle, les vents, et les tourbillons.

M. Jourd. Il y a trop de tintamarre11 là-dedans, trop de brouillamini l ~.

Le m. de phil. Que voulez-vous donc que je vous apprenne ?

M. Jourd. Apprenez-moi l'orthographe.

Le m. de phil. Très-volontiers.

31. Jourd. Après, vous m'apprendrez Falmanach, pour savoir quand il y a de la lune, et quand il n'y en a point.

Le m. de phil. Soit. Pour bien suivre votre pensée, et traiter cette matière en philosophe, il faut commencer, selon l'ordre des choses, par une exacte connaissance de la nature des lettres, et de la différente manière de les prononcer toutes. Et là-dessus j'ai à vous dire que les lettres sont divisées en voyelles, ainsi dites voyelles, parce qu'elles expriment les voix ; et en consonnes, ainsi appelées consonnes,

parce qu'elles sonnent avec les voyelles, et ne font que marquer les diverses articulations des voix. Il y a cinq voyelles, ou voix : A, E, I, O, U.

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