OURAGAN A L'ÎLE-DE-FRANCE
eaux ; car au moins sur la terre quelque lueur d'espérance peut abuser la douleur et soutenir le courage ; mais au milieu d'une mer immense, solitaire, et environné du néant1, l'homme, dans l'abandon de toute la nature, n'a pas môme l'illusion pour le sauver du désespoir : il voit comme un abîme l'espace épouvantable qui l'éloigné de tout secours, sa pensée et ses vœux s'y perdent ; la voix même de l'espérance ne peut arriver jusqu'à lui.
Les premiers accès de la faim se font sentir sur le vaisseau : cruelle alternative de douleur et de rage, où l'on voyait des malheureux, étendus sur les bancs, lever les mains vers le ciel avec des plaintes lamentables, ou courir, éperdus8 et furieux, de la proue à la poupe, et demander au moins que la mort vînt finir leurs maux î
Marmontel. Les Incas.
Marmontel (Jean-François) , Membre et secrétaire-perpétuel de l'Académie française,. né en 1723, mort en 1799. Principaux ouvrages: Les Incas ou la destruction de V empire du Pérou, et Bélisaire, romans historiques ; plusieurs opéras comiques; Mélanges sur différents sujets philosophiques ; et des E'iéments de littérature, qu'on peut regarder comme son plus beau titre de gloire. Parmi ses Œuvres çfostliumes, on remarque sa Grammaire, ou plutôt un recueil d'observations grammaticales faites avec goût et justesse.
a Nocher, du latiu nauclérus.