‹ Le rértoire littéraire;Chapitre 35 sur 267 · LA NATURE BRUTE1 ET LA NATURE CULTIVEE · texte numérisé non relu

LA NATURE BRUTE1 ET LA NATURE CULTIVEE

La nature est le trône extérieur* de la magnificence divine. L'homme qui la contemple, qui l'étudié, s'élève par degrés au trône intérieur de la Toute-puissance. Fait pour adorer le Créateur, il commande à toutes les créatures ; vassal du ciel, roi de la terre, il l'ennoblit, la peuple et l'enrichit ; il établit entre les êtres vivants l'ordre, la subordination, l'harmonie ; il embellit la nature même ; il la cultive, l'étend et la polit, en élague2 le chardon* et la ronce5 ', y multiplie le raisin et la rose. Voyez ces plages désertes, ces tristes contrées où l'homme n'a jamais résidé, couvertes ou plutôt hérissées6 de bois épais et noirs, dans toutes les parties élevées ; des arbres sans écorce et sans cime, courbés, rompus, tombant de vétusté"1 ; d'autres, en plus grand nombre, gisant au pied des premiers, pour pourrir sur des monceaux déjà pourris, étouffent, ensevelissent les germes prêts à éclore. La nature, qui partout ailleurs brille par sa jeunesse, paraît ici dans la décrépitude ; la terre, surchargée par le poids, surmontée par les débris de ses productions, n'offre, au lieu d'une verdure florissante, qu'un espace encombré, traversé de vieux arbres chargés de plantes parasites, de lichens**, d'agarics'1*, fruits impurs de la corruption. Dans toutes les parties basses, des eaux mortes, croupissantes, faute d'être10 conduites et dirigées: des teiTains fangeux11, qui, n'étant ni solides ni liquides, sont inabordables1-, et demeurent également inutiles aux habitants de la terre et des eaux: des marécages13 qui, couverts de plantes aquatiques et fétides, ne nourrissent que des insectes venimeux, et servent de repaire aux animaux immondes14.

Entre ces marais infects qui occupent les lieux bas, et les forêts décrépites qui couvrent les terres élevées, s'étendent des espèces de landes15, des savanes160, qui n'ont rien de conimun avec nos prairies; les mauvaises herbes y surmontent, y étouffent les bonnes : ce n'est point ce gazon fin qui semble faire le duvet de la terre ; ce n'est point cette pelouse17 émaillée qui annonce sa brillante fécondité.:

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