‹ Le rescrit d'Hadrien a Minucius Fundanus [microform]Chapitre 1 sur 16 · Le rescrit d'Hadrien a Minucius Fundanus [microform] · texte numérisé non relu

Le rescrit d'Hadrien a Minucius Fundanus [microform]

Trois questions ont été soulevées au sujet du rescrit de remjpereur Hadrien à Fundanus. L'acte est-il authentique? Lequel des deux textes est le meilleur, du grec d'Eusèbe {His,t. EccL, IV, 9) ou du latin de Rufîn dAqui- \ée{Hist. .EccL, IV, 9)? Enfin quels sont le sens et la portée du rescrit, et quels changements a-t-il amené dans la conduite de l'Etat romain vis-à-vis du christianisme?

Malgré les nombreuses études consacrées à l'examen de ces problèmes^, aucune des trois questions n'a reçu une solution universellement acce.ptée. La troisième surtout a donné naissance aux réponses les plus divergentes. Il y a d'autre part, plusieurs éléments de solu-

. 1. On peut trouver la bibliographie de la question avec le double texte du rescrit dans Erw. PnEvscHEN , Analecta, Freiburgi. B, 1893, p. 17-18; et dans un excellent article de F. X. Funk, Hadrians Reskript an Minucius Fundanus dans ses Kirchengeschichtliche Àbhandlungen und Untersuc/iungen, Paderborn, 1897, t. I, p. 330-345. Ajoutons parmi les ouvrages qui en traitent ex professe : E. G. Hardy, Christianity andthe Roman Government, London, 1894, p. 141-144 ; M. Schanz, Geschichte der Romischen Litteratur, III. Mîinchen, 1896, p. 210-211 ; W. NicOLAi, Beitrâge zur Geschichte der Christenverfolgungen dans Jaliresbericht des Grossherz. Realgymnasiums zu Eisenach, Ostern 1897, p. 6-8 ; Th. Wehofer, Die apologie Justins des Philosophen und Mârtyrers in liternrhistorischer Beziehung, Rom, Herder, 1897, p. 52-64 ; J, E. Wiîis, C/iristenverfolgungen, Geschichte. ihver Vrsachen in Rômerreiche, Miinchen, 1899, p. 69-74. G, Semeuia, Il primo sangue cristiano, Roma, 1901, p. 201 ss. J. Moffatt Mecklin, Hadrians Rescript an Minicius Fundanus, Leipzig, 1899, pp. 52.

b LE RESCRIT D HADRIEN

tion qui ont été trop négligés, et qui pourraient apporter un peu de lumière dans le débat. C'est dans l'espoir d'arriver à ce résultat que nous soumettons le problème^ à un nouvel examen. 11 semblerait tout naturel de traiter les trois questions dans l'ordre indiqué ci-dessus. Mais la solution des deux premières dépend en grande partie du sens qu'on attribue au rescrit. C'est pourquoi nous chercherons d'abord à établir comment il faut comprendre l'acte impérial. En attendant que nous en donnions les preuves dans la seconde et la troisième partie, le lecteur nous permettra de présupposer l'authenticité du rescrit et la priorité du texte grec.

['ASpiavoû ÛTcàp XpiffTiavtùv

Mtvou/,(w $ouv8àvo) 'EtckttoXyjv sâs^«[;.Y]v ypacfâlGd") [JI.01 àitb SspvjVtO'j rpaviavou "KajX- TtpoTaxotj âvSpôç, ovTiva ah hzhi^iù.

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TOÙÇ VÛ[;.OUÇ TCpXTTOVTaÇ, OUTO)?

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Tiç CTUXO(jpavTé«ç /âptv toOto rpÔTSivoij SiaXaiJ.6av£ ûxèp if^c, Ss'.vot'^toç xal opôvTtÇs OTC(oç à'v èz,3iy.*/)cysiaç .

Exemplar epistuîae Imperatorls Haclriaiii ad Minuciuin Funda-.

nuin, proconsulem Asiae.

Accepi literas ad me scriptas a decessore tiio Sereno Graniano, clanssirao viro : etnonplacet rnihi relationem silentio praeterire, ne et iNNOxii perturbentur et caluraniatoribus latrociiiandi tribuatur occasio. Itaque si evidenter \tvovinciales huic pelitioni suae adesse valent adversum Ghristianos, ut protribunali eosùi aliquo arguant, hoc eis exequi non pro/iibeo : pre- . cibus autem in hoc solis et accla-, mationibus uli eis non permitto.

Etenim multo aequius est, si quis volet accusare, te cognoscere de ohjectis. Si quis igitur accusât et.

probat adversum leges quidquam agere memoratos homines, prp ^merito peccatorum etiani supplicia statues. lUud mehercule ' magnopère curabis, ut si quis calumniae gratia quemqiiani lioruni postulaveril reurn, iu hune pi'o sui nequilia suppliciis SEVEitioiuBÙs vindices.

INTERPRÉTATION DU RESCRIÏ

Le l'escrit contient deux parties nettement distinctes : le préambule et le dispositif.

l. Etudié à la lumière des témoignages et des faits qui s'y rapportent, le préambule nous permettra de saisir la nature, l'occasion et le but.de l'acte impérial.

« fai reçu la lettre que m) a écrite ton prédéceseur Serenius Granianus^ homme clarissime. Il ne me convient, pas de laisser sa requête sans réponse., de peur que les hommes ne soient troublés et que facilité ne reste au brigandage des calomniateurs. »

1. L'acte impérial est donc un rescrit, c'est-à-dire la réponse de l'empereur à une consultation que lui adresse officiellement un dignitaire de l'empire. La réponse est envoyée au proconsul Minucius * Fundanus ; mais la requête émanait du prédécesseur immédiat de celui-ci, Serenius Granianus (ou plus exactement Licinius Silvanus Granianus).

D'après Méliton 2, plusieurs gouverneurs de province avaient consulté leur souverain au sujet des poursuites dirigées contre les chrétiens. Le texte de toutes ces requêtes est perdu. Seul le résumé de la lettre de Granianus, qui était gouverneur de l'Asie proconsulairé eh 123-124, nous est donné par Eusèbe. Encore né semble-t-il connaître le contenu de ce document que pat* la réponse qu'on y fit.

Cependant il en pairie à deux reprises, -mais avec des nuances de sens assez différentes. D'après VHistoire

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