‹ Le rescrit d'Hadrien a Minucius Fundanus [microform]Chapitre 2 sur 16 · E^JSEB.,//^.s^ J5'cc/.,IV · texte numérisé non relu

E^JSEB.,//^.s^ J5'cc/.,IV

Ecclésiastique {IV, 8), Granianus aurait fait observer à l'eaipereur «, qu'il n'était pas juste de mettre des hommes à mort, sans aucune accusation, sans jugement, simplement pour donner satisfaction aux cris du peuple ' ». S'il faut en croire la traduction latine de saint Jérôme, Eusèbe aurait écrit dans sa Chronique : « Et Serenius Granianus legatus, vir apprime nobilis, litteras ad imperatorem mittit, iniquum esse dicens clamoribus vulgi innocentium hominum sanguinem concedi, et sine ullo crimine, nominis tantum et sectee reos fieri"^. »

La portée de ces deux rédactions est loin d'être la même. La seconde est beaucoup plus favorable aux chrétiens, dont l'innocence est explicitement reconnue. En outre, la première ne fait que désapprouver des abus, des irrégularités de procédure contraires au rescrit de Trajan autant qu'au droit commun : elle se plaint qu'on condamne à mort des gens qui ne sont pas régulièrement accusés d'un crime {ïià jJLiqSevl i-^7.'ki\\Ka.'xi) et dont la cause n'est pas suffisamment examinée (àxptTcoç) . La seconde formule, au contraire, réprouve ouvertement qu'on condamne les chrétiens propter soluni nomen. Granianus aurait demandé, d'après la Chronique^ l'abrogation pure et simple d'une législation et d'une jurisprudence que Trajan venait de consacrer publiquement par sa lettre à Pline.

On peut douter que Granianus ait eu la hardiesse de faire une pareille démarche auprès d'un empereur qui n'avait guère l'habitude de s'écarter des principes d'administration de son prédécesseur et père adoptif. D'ailleurs la seconde rédaction est influencée par une tendance assez générale cher, les auteurs chrétiens, celle d'interpréter les actes qui concernent la persécution, dans un

1. Eus., Hist. Kccl ., IV, 8 : wç oii 8t'x«tov £tT| ïià \j.'r^z'nï^>Ck'f]^ix¥.':i ^oaçt 5-/^ijL0u ;^aptÇo[jLÉvou; àxptTwç xTeivetv aûrouç.

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