LES RÉSULTATS ÉLOIGNÉS
Pour juger des résultats éloignés de cette méthode de rétablissement de la continuité intestinale, une remarque prémonitoire s'impose : dans la majorité des cas, en effet, nos malades ont été opérés pour cancer sigmoïdien ou recto-sigmoïdien. Donc chez eux, comme chez tous les sujets opérés pour une affection néoplasique, l'avenir est assombri par la possibilité d'apparition à une date plus ou moins éloignée de métastases. Sur 9 cancéreux que compofte notre statistique, deux sont morts de métastases, l'une cérébrale, l’autre hépatique. De plus, chez la majorité d’entre eux, le recul n’est pas encore suffisant pour éliminer la survenue possible de métastases ultérieures. Mais logiquement il ne semble pas que les métastases ou récidives doivent être plus fréquentes chez les sujets opérés par cette méthode que chez ceux ayant subi une exérèse de technique différente. Cependant il y a à cela une condition primordiale et sur laquelle nous insistons à nouveau : l’opérateur doit se rappeler que Le temps essentiel de l’intervention est l'ablation de la tumeur. Cette ablation doit être suffisamment large pour éviter, dans toute la mesure du possible, l'apparition ultérieure de réci-
dives ou de métastases. C’est seulement une fois la résection exécutée correctement et aussi largement qu’il est nécessaire, que les possibilités de rétablissement par invagination seront examinées. Si, après une exérèse correcte, un côlon court ne permet p4s de rétablir, il faudra faire une opération d’Hartmann et surtout il ne faudra pas limiter l’étendue de la résection pour pouvoir rétablir.
Ce point étant précisé, et, étant bien entendu que, faite dans de bonnes conditions, la résection avec rétablissement par invagination sur drain ne fait pas courir au malade de risques supplémentaires de récidive ou de métastase, quel va être l'avenir fonctionnel de l’anastomose ainsi réalisée ?
De l’étude des observations de nos malades, il ressort que dans l’ensemble les résultats ont été satisfaisants. Cependant là encore une réserve s'impose : en effet toutes les observations ne sont pas utilisables; certains malades n’ont pas été revus après leur sortie de l'hôpital ou de la clinique, et un opéré est décédé rapidement. Enfin uñ cas a été opéré trop récemment pour qu’il puisse être utilisé à l’étude des résultats éloignés.
Au total 7 malades ont été revus de 3 à 20 mois après l'intervention ou ont donné de leurs nouvelles par écrit. Trois d’entre eux ont subi des rectoscopies et quatre fois un examen radiologique par lavement baryté a été pratiqué. Tous ces malades sauf un ont eu un résultat parfait.
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La malade chez laquelle nous avons constaté um échec de la méthode est la malade de Fobservation n° 3. Cette jeune fille chez qui ont avait reséqué um mégacôlon sigmoïde et rétabli la continuité par invagination sur drain sans dérivation, a vu réapparaitre peu à peu. sa constipation et ses douleurs. Un lavement baryté pratiqué chez elle à montré une sténose circulaire très serrée au niveau de. lanastomeose. Cette sténose à été confirmée par là réintervention. où elle s'est révélée sous ferme d’un diaphragme souple. À quoi peut-on attribuer apparition. de cette sténose ? Peut-être au fait que: cette malade ait été opérée sans. dérivation des matières:, mais On, ne peut guère en expliquer le mécanisme. Cependant il faut noter que, parmi les malades revus, c’est la seule qui ait présenté des troubles du transit et c’est la seule aussi
chez qui on n’ait pas fait d’anus, artificiel.
Les’ 6 autres malades revus, en effet, ont tous sans exception aceusé des résultats fonctionnels. echiests Très rapidement après Ia fermeture de l’anus artificiel, le transit intestinal s’est rétabli normalement, Les malades avaient des selles régulières, de calibre normal, non douloureuses, et chez les sujets revus un an où {8 mois après l’intervention, ces bons résultats se sont constamment maintenus.
D'autre part, chez certains de ces malades, nous avons pu pratiquer des examens cliniques, radiologiques et rèctoscopiques,
Cliniquement aucun des sujets examimés ne pré-
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sentait de ballonnement. De plus, le toucher rectal chez eux ne montrait rien d’anormal; d’ailleurs l’ana- ‘“tomose portant sur de sigmoïde bas ou la jonction recto-sigmoïdienne est trop haut située, et l’invagination, n’excédant pas 3 :em., est trop courte pour pouvoir être perçue parile doigt rectal.
Le lavement baryté par contre nous a permis de constater que, très rapidement, le calibre intestinal redevient normal. Chez trois de nos opérés cet examen a été pratiqué respectivement 2, 4 et 6 mois après l'intervention. Or dans tous les cas le lavement a progressé sans arrêt au niveau de l’anastomose et l’intestin présentait un calibre normal. Ces renseignements ont été confirmés trois fois par l'examen restosco-
pique qui n’a montré aucune sténose.
Par conséquent, dans l’ensemble, les résultats du rétablissement de la continuité par invagination sur drain après résection sigmoïdienne basse ou rectosigmoïdienne sont encourageants. En effet, les risques opératoires immédiats ne semblent pas devoir être
supérieurs à ceux que fait courir au malade une opération d’'Hartmann. D’autre part, pour l’avenir, ce procédé d’anastomose paraît donner dans son ensem-
ble des résultats fonctionnels tout à fait satisfaisants et le risque de sténose cicatricielle semble peu à craindre. Mais ces bons résultats dépendent en grande partie de l’application minutieuse d’une technique réglée. Il faut notamment souligner le rôle capital de la dérivation temporaire .des matières qui met à l'abri de désunion des sutures dans les suites opéra-
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toires immédiates et peut-être aussi de sténose cicatricielle dans les suites éloignées.
De plus il importe aussi, pour obtenir de bons résultats, d'appliquer cette technique à des cas cliniques et dans des conditions opératoires bien déter-
minées et que nous allons maintenant étudier.
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