‹ Le Retour au bercailChapitre 13 sur 30 · LA MORT DU PERSECUTEUR · texte numérisé non relu

LA MORT DU PERSECUTEUR

Dans une grotte solitaire, un homme courbé par 1 âge et les douleurs, priait.

Sa tête vénérable et chauve, la bure qui couvrait ses épaules, l'eussent fait prendre pour un moine, si le pallinm qui entourait son coi et dont les pans retombaient sur son dos et sur sa poitrine, n'eut montré aux yeux que les plus hautes dignités de l'Eglise avaient honoré sa personne.

Que faisait-il dans ce désert, lui qui, sans doute, était digne d'occuper l'un des plus grands sièges de l'Eglise?

Un bruit de pas et un cliquetis cf'armes mêlés à des voix qui parlaient, troublèrent la solitude de ce lieu sauvage.

Le vieillard leva la tête dans la direction du bruit et vit une petite compagnie de soldats qu'à leur costume et à leur langage, il reconnut pour des Visigoths d'Espagne.

Les soldats avaient aperçu son ermitage et pressaient le pas vers l'humble demeure du solitaire.

Lorsqu'ils furent à quelques pas :

— Que cherchez-vous en ce lieu? leur demanda-t-il avec bonté.

— Nous cherchons, répondit leur chef, 1 evêque Léandre,

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que notre illustre roi Leuvigilde exila, il y a deux ans, de Séville, dont il était le pasteur catholique.

— C'est moi, dit le solitaire, que voulez-vous à Tévêque Léandre et pourquoi troublez-vous sa solitude?

— Nous ne lui voulons pas de mal, répondit celui qui avait déjà parlé. Nous avons ordre de le rechercher et de le ramener à Séville, où est présentement notre roi. Leuvigilde est malade et veut se réconcilier avec vous.

L'évêque songea à la triste façon dont Leuvigilde avait l'habitude d'entendre la réconciliation avec ceux qui ne partageaient pas son erreur, mais il n y avait pas que Leuvigilde à Séville, il y avait aussi son troupeau bien-aimé que son départ avait laissé sans pasteur, et il répondit :

— C'est bien, je suis prêt à me mettre en route avec vous. Il rentra dans la cabane, prit le paquet des lettres et des

livres de Grégoire, qui lui étaient chers, et suivit les soldats.

Des chevaux attendaient à peu de distance, on en donna un à Léandre et l'on partit pour le pays de Séville.

Le bruit de l'arrivée du saint évêque s'y était déjà répandu et toute la population catholique, pleine d'allégresse, vint au-devant de son pasteur en chantant des psaumes et des cantiques. L'évêque fut conduit ainsi à son église où l'on rendit des actions de grâces à Dieu et, de là, il se rendit au palais du roi. Leuvigilde, déjà touché par le doigt de la mort, agonisait sur son lit.

— Voici Léandre, lui dit-on, on l'a retrouvé et on vous le ramène.

Le roi poussa un profond soupir et ordonna qu'on introduisit l'évêque. Quand Léandre fut entré, il voulut rester seul avec celui qu'il avait jadis exilé.

— Saint évêque, lui dit-il, pardonnez-moi, parce que j'ai beaucoup péché.

— La miséricorde de Dieu est infinie, dit l'évêque, espérez en elle. Oui, vous avez commis de grands crimes qui eussent

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