‹ Le Retour au bercailChapitre 16 sur 30 · LA JOIE EU PERE · texte numérisé non relu

LA JOIE EU PERE

L'apocrisîaîre Grégoire, rami de 1 evêque Léandre, était maintenant le pape Grégoire que l'histoire décorera du nom de « Grand, j?

Léandre s*empressa de lui faire part de ces heureuses nouvelles et il les reçut quelques mois après son avènement sur le siège de saint Pierre.

Bientôtaprès, unmcssager apostolique apportait à Tévêque de Séville la réponse du pontife.

« Mes paroles, disait Je pape Grégoire dans sa lettre, ne sauraient vous exprimer la joie que ressent mon cœur en apprenant Ja conversion sincère à Ja foi catholique, le zèle et la piété de notre commun fils, le roi Récarède.

» Ce que vous me diles de ses mœurs me le fait chérir avant même que j'aie pu le connaître.

y> Que votre sainteté veille attentivement sur cette âme noble et généreuse. L'antique ennemi devra chercher encore à le séduire, car il s attaque de préférence à ceux qui Tont vaincu une première fois.

» Enseignez donc à votre royal disciple à persévérer dans la voie de la vertu, a glorifier par des œuvres saintes la

pureté de sa foi; préservez-le de l'orgueil, afin qu'un règne long et heureux sur la terre, soit pour lui le prélude de la gloire du ciel et qu'il n'ait un jour qu'à passer d'un royaume à un autre. ^ «

Puis, le pape terminait sa lettre en autorisant l'évêque Léandre à conférer le baptême par une seule immersion.

Le concile de Tolède avait jugé que cette modification dô l'antique discipline serait nécessaire en Espagne pour com* battre le préjugé des ariens, qui voyait dans la pratique des trois immersions une preuve que les trois personnes de la Trinité, au nom desquelles elles se faisaient, n'étaient pas consubstantielles et égales.^

Le roi Récarède, de son côté, devait se montrer digne de sa mission de premier roi catholique d'Espagne.

Bientôt, une correspondance s'établit directement entre lui et le pape Grégoire le Grand, sur un ton plein, d'une part, de filiale soumission, et, de l'autre, de tendresse paternelle.

D'abord, le roi envoya au pape un calice d'or avec cette lettre :

« Daignez ofirir au bienheureux Pierre, prince des apôtres, cet hommage que je voudrais n être pas trop indigne de lui et de vous.

» Je serais heureux si votre celsitude,^ m'honorait de quelques-unes de ses lettres sacrées, lettres d'or pour tout l'univers.

» J'aime à me persuader que l'inspiration de Dieu qui

(1) s. Grég. le Grand, Ep, XLIII, \, i. Patr. lat.

(2) A propos de cetle décision du pape ratifiant le vœu du concile de Tolède, les Bénédictins, éditeurs des œuvres de S, Grégoire le Grand, font remarquer que, jusque-là, les pères et les conciles semblaient considérer la triple immersion comme absolument nécessaire pour contôrer le sacrement. Cette déclaration pontilicale a depuis lait loi dogmatique dans l'Eglise, Darras : Eist, de l'Eglise,

(3) Du latin celsUudOy grandeur.

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