INTRODUCTION
Il est une loi des choses, à laquelle tout ce qui vit, individus et société, est soumis, c'est la lutte. Il semble que le monde ne marcherait pas, s'il n'était un perpétuel champ de bataille où se coudoient les intérêts les plus divers, surtout les intérêts du bien et les intérêts du mal.
Ceux qui révent la sérénité parfaite et sans nuages, la paix complète, oublient qu'elle n'est pas de ce monde où sans cosse la lumière lutte contre l'ombre et 1 ombre combat la lumière.
L'Eglise n'échappe pas à cette loi des choses et cest précisément son caractère divin qui rend ses luttes plus épres et plus terribles, de sorte que ses triomphes sortent toujours de ses deuils, que des deuils suivent souvent ses plus grandes victoires, et que ses joies sont sans cesse mélangées de douleurs. .
La marche de l'Eglise n'est vraiment triomphale à travers les peuples et les siècles que vue des hauteurs sublimes de ceLte promesse du Christ : « Voici que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles; les portes de l'enfer ne prévaudront pas. >»
Vlîl INTRODUCTION.
c Répandue parmi les nations comme un ferment divin plein de puissance, elle a dû entrer en lutte avec tout ce qui, dans les mœurs, les coutumes, les préjugés, les tendances des peuples, était un obstacle à la constitution de l'unité dans la foi chrétienne et catholique.
Nous avons déjà vu,^ les immenses diflBcultés contre lesquelles elle s'est heurtée depuis que, sortie du mystère des catacombes, elle a entrepris au grand jour, la conquête universelle du monde à la théocratie du Christ.
Après avoir lassé ses bourreaux contre lesquels elle n'engageait d'autres luttes que celles de la patience, de la résignation et du martyre, à peine entrée dans la lice, il lui a fallu engager de plus eâèctives batailles.
Véritable paladin de Dieu, sur ce champ de bataille aux multiples combats, elle a trouvé des ennemis non seulemeVit autour d'elle, mais jusque dans son propre sein et, à peine victorieuse de l'idolâtrie, il lui a fallu combattre les pires de ses ennemis, ceux qui, par le schisme et l'hérésie, tentaient d'introduire la division dans son sein et de déplacer de son centre cet indispensable pivot de toute harmonie, l'unité.
Aussi, dans cette œuvre immense delà conquête du monde par l'Eglise, et plus particulièrement dans ce gigantesque travail de la formation de l'Europe chrétienne, nous assistons à travers les siècles à ce spectacle, l'Eglise obligée de convertir à l'uriité catholique des peuples déjà chrétiens mais tous infectés du venin de l'hérésie qui produit la division des âmes sur les points les plus nets de la foi.
Cette lutte contre la division et pour l'unité, nous verrons l'Eglise la poursuivre dans tous les temps, et nous serons
(1) Voir les volumes précédents.