‹ Le retour continuel a DieuChapitre 100 sur 146 · LE TRÈS SAINT SACREMENT · texte numérisé non relu

LE TRÈS SAINT SACREMENT

L'Incarnation est un mystère d'amour; la Passion est un prodige d'amour; l'Eucharistie est la consommation de l'amour.

Ici encore remontons jusqu'à Dieu et jusqu'à sa charité. Prodigieuse, excessive, incompréhensible est cette charité divine. Voilà Jésus-Christ qui, enflammé de charité pour les hommes, se dit : Puisque je les aime, je veux leur faire du bien; je leur en ai fait immensément par ma vie et par ma mort; car cette vie et cette mort, je les leur ai données; mais cela ne suffit pas. Après leur avoir donné mes biens, je veux me donner moi-même. Ils me posséderont, ils me mangeront et je serai pour eux la nourriture de l'éternelle vie. Puisque je les aime, je veux qu'ils m'aiment. Je crains que si je .vis loin d'eux ils ne m'oublient, moi et mon amour. C'est pourquoi je resterai; je serai leur compagnon, leur compatriote, leur voisin et souvent leur hôte. Sans cesse je leur rappellerai ce que j'ai fait pour eux. Alors, je l'espère, ils m'aimeront. Parce que je les aime, je veux jouir de leur société et qu'ils jouissent de la mienne; je serai partout où ils sont; souvent j'irai les embrasser; que dis-je, les embrasser! Je m'unirai à eux et nous ne ferons plus qu'un. Puisque je les aime, je voudrais recommencer à mourir pour eux tous les jours. Eh bien! je le ferai et j'instituerai le sacrifice de la messe, continuation du sacrifice de la croix. Parce que je les aime, je voudrais continuer à guérir tous leurs maux comme je guéris autrefois ceux de mes contemporains. Eh bien! je réaliserai ce dessein. Mon Eucharistie sera la multiplication de mon

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être et de mon amour, de manière que chacun puisse dire : Jésus-Christ est à moi seul.

Telles furent les ineffables inventions de la charité du Sauveur. Le Père et le Saint-Esprit y participèrent, et le prodige fut accompli.

Cependant à ce miracle d'amour l'homme persista à répondre par le miracle de son indifférence et de son ingratitude. Alors Notre-Seigneur, perdant pour ainsi dire patience, finit par se plaindre en nous montrant son cœur blessé, blessé de la blessure que Ton reçoit quand on aime et qu'on n'est pas aimé. Il demande qu'au moins, il y ait parmi nous quelques hommes moins ingrats qui se souviennent un peu de son amour.

En face de ces prodiges, un regard sur moi-même!' Estce que j'aime Jésus-Christ? Est-il content de moi? Ai-je lieu d'être content de ce que je suis pour lui?

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