‹ Le retour continuel a DieuChapitre 99 sur 146 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

L'amour envers Jésus-Christ : degré parfait.

Cette amitié parfaite, c'est l'amour devenu ardent, enflammé par la reconnaissance et disant à Jésus-Christ : 0 Dieu fait homme, ô Sauveur, ô bienfaiteur, ô ami, ô miracle de charité, ô Dieu mourant pour mon bonheur, ô Dieu soufflant et mourant pour conquérir mon cœur, me voici! Je vous aime, je vous aime, je vous aime.

Après cet élan de la charité, c'est la volonté ardemment résolue à devenir amie de celui qu'elle aime, à entrer dans les sentiments du Sauveur, dans la divine ressemblance, dans l'étroite intimité avec lui, dans la continuelle imitation des vertus rédemptrices pour l'amour de lui-même et de Dieu le Père. Le tout par la très sainte Vierge et en union avec elle.

De tout mon cœur je m'efforcerai d'offrir à Jésus-Christ les sentiments du vrai ami, en lui exprimant le désir de faire mille fois mieux encore.

O mon Jésus, qui avez souffert et qui êtes mort pour moi, gravez dans mon cœur le souvenir de votre Passion, afin que ce souvenir m'anime à vous aimer toujours davantage! Ne permettez pas que je perde le fruit de tant de douleurs, mais faites que je profite abondamment de vos mérites.

O Marie, mère de douleurs, vous qui avez partagé l'immolation de votre Fils, obtenez-moi d'entrer de plus en plus dans l'esprit de cette retraite et de persévérer jusqu'à la mort dans l'amour de Dieu !

La Passion, miracle de la charité de Dieu pour moi, sera jusqu'à la prochaine oraison l'objet particulier de ma reconnaissance, et je redoublerai de supplications à la sainte Trinité et à Marie.

EXAMEN DE PRÉVOYANCE

l'amitié de jésus-christ dans l'oraison et dans la conduite.

I. Quelle pari aura, dans mon oraison, iamitié de Jésus- Christ. — Hier on a examiné quelle part on donnera à Jésus-Christ dans l'oraison. De cette part, que l'on jugera peut-être à propos d'augmenter aujourd'hui, il faut accorder une portion à l'amitié proprement dite pour Notre- Seigneur en s'.occupant régulièrement et assidûment des divins mystères; en appliquant à cet adorable Maître les différents actes de l'oraison, surtout les actes d'amour ; en s'excitant à imiter par charité, et conséquemment en s'occupant des divins exemples et des divines vertus.

Cela posé, examinons et résolvons les trois questions suivantes :

Premièrement, si hier j'ai cru devoir ne promettrel'amour de Dieu dans l'oraison que dans une mesure très restreinte, ce peu que j'ai promis sera-t-il consacré totalement, ou en partie seulement, à Notre-Seigneur et à ses augustes mystères? Ai-je à me fixer quelque chose de régulier sur ce point? Et dans ces moments-là m'occuperai-je, non seulement de l'amour que je dois à mon Sauveur, mais encore de l'imitation des vertus du Rédempteur? Ou bien est-il opportun que je remetteà plus tard d'y penser explicitement?

Deuxièmement, si hier j'ai eu le bonheur de promettre que je donnerai dans mon oraison une assez large part à l'amour divin, est-il bon que je détermine ce que j'en réserverai pour la contemplation des mystères de Notre-Seigneur, et jusqu'à quel point je m'y occuperai de l'imitation de ses vertus ?

SIXIÈME JOUR. .'{8:i

Troisièmement, si la grâce de Dieu m'a inspiré la résolution de consacrer de longues heures d'oraison à la divine charité, est-il opportun que de ce temps béni je réserve une portion régulière à Jésus-Christ, ù ses divins mystères, à son amour, à ma ressemblance avec lui, et à ses divines vertus ?

C'est le moment de m'adresser cette autre question : Mettrai-je dans mes habitudes de piété certaines pratiques de dévotion en l'honneur de la Passion, de Notre-Dame des Sept-Douleurs et du saint Sacrement?

II. Quelle part aura, dans ma conduite, l'amitié de Jésus- Christ, imitatrice de ses vertus. — Hier, avec la grâce de Dieu, j'ai promis que j'introduirai dans ma conduite quelque chose de l'amour divin. Mais cet amour peut prendre plus ou moins la forme de l'amitié pour Jésus- Christ. Dès lors son prix est double, et la vie devient tellement précieuse aux yeux de Dieu qu'une seule journée d'une pareille existence vaut parfois des années.

A moi donc de décider ou au moins d'examiner aujourd'hui jusqu'à quel point j'entreprendrai de vivre désormais de cette vie.

Premièrement, si hier la prudence a borné ma promesse à quelques renouvellements de bonne intention et à la lutte contre la tiédeur, introduirai-je de temps en temps dans cette bonne intention la pensée et l'amour explicite de Jésus-Christ? Quand il s'agira de fuir le péché véniel, le ferai-je parfois avec la sainte pensée d'éviter une peine à mon divin Maître et de ne pas lui être trop dissemblable ? Irai-je même jusqu'à essayer parfois d'imiter positivement un de ses vertueux exemples? Est-ce le cas de me fixer en ceci quelque chose de régulier? Avant de répondre n'oublions pas que parfois rien qu'un seul regard affectueux jeté sur un crucifix a. suffi pour transformer une vie.

Deuxièmement, si, par la grâce de Dieu, j'ai cru pouvoir promettre l'exercice assez fréquent de l'amour de Dieu,

quelle part donnerai-je à Jésus-Christ? Est-il bon que je m'impose sur ce point certaines habitudes régulières? Puisque à la fin de chacune de mes oraisons, je devrai ajouter à la résolution générale d'être à Dieu la résolution particulière d'éviter tel péché ou de pratiquer telle vertu, ne ferai-je pas bien d'imprimer à ce propos spécial le caractère de l'imitation de Jésus-Christ, de me répéter chaque jour qu'en combattant un vice quelconque ce sera pour détruire en moi une difformité qui me rend dissemblable à Jésus-Christ, et qu'en pratiquant une vertu spéciale ce sera pour mieux ressembler au Rédempteur?

C'est le moment de me rappeler comment on pratique une vertu, suit négativement en combattant le vice opposé, soit positivement. Il faut d'abord connaître la nature delà vertu à pratiquer, son objet matériel et son objet formel. 11 faut ensuite en produire des actes qui renferment ce matériel et ce formel. Il faut aussi rendre les actes progressivement difficiles. Il faut de plus les reproduire fois sur fois en ramenant l'occasion au moins par la pensée. Il faut enfin leur appliquer la sainte et salutaire industrie de l'examen particulier.

Troisièmement, si, par la grâce de Dieu, j'ai eu le bonheur de pouvoir promettre hier la pratique quasi continuelle de l'oraison, il suffira que je détermine aujourd'hui ce que j'en veux donner spécialement à Jésus-Christ, et comment ma résolution particulière portera sur l'imitation des vertus de ce divin modèle.

On ne travaille efficacement à l'imitation d'une vertu de Jésus-Christ qu'au moyen de l'examen particulier. Comment m'y prendrai-je pour que cet exercice ait pour moi toute sa force?

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