‹ Le retour continuel a DieuChapitre 103 sur 146 · LA NATURE DU ZÈLE · texte numérisé non relu

LA NATURE DU ZÈLE

La charité qui est en Dieu et en Notre-Seigneur est admirable, non seulement dans ses divins excès mais encore dans sa mystérieuse sagesse. Certainement ce grand Dieu et Jésus-Christ son Fils désirent, d'un désir proportionné à leur amour, que la Rédemption profite à tous les hommes. Mais pour qu'il en soit ainsi il faut que la Rédemption, opérée pour tous, soit appliquée à chacun par la foi, par les sacrements, et par d'autres moyens encore.

Or, cette application, Notre-Seigneur n'a pas voulu la faire seul et sans instruments. Au contraire, de concert avec son Père adorable et son divin Esprit, il a décidé que les hommes, certains hommes surtout, seraient non seulement sauvés mais encore sauveurs; c'est-à-dire qu'ils serviraient de ministres dans l'application du salut à leurs frères. Pour que les hommes destinés à devenir ainsi des sauveurs au service du Sauveur, ne fussent pas en dessous d'une telle vocation, la divine Sagesse a décidé que l'infusion de l'amour divin dans le cœur humain pourrait aller et irait en effet jusqu'au zèle.

Le zèle est la charité poussée jusqu'à l'activité. Le Sauveur et son Père ont du zèle, parce que leur charité travaille continuellement au bien des hommes. Ce zèle divin, le Seigneur peut le répandre dans nos cœurs. Il l'a fait en faveur des apôtres, qui, à partir du jour delà Pentecôte, n'ont plus

eu d'autre pensée que celle-ci : l'apostolat par charité pour Dieu et pour les hommes.

Avoir reçu du ciel cette flamme sacrée, s'en servir pour consumer au service du Rédempteur la vie et le temps dont on dispose, c'est le salut pour soi; c'est le mérite; c'est l'union à Jésus-Christ; c'est la parfaite ressemblance avec lui, c'est le salut des âmes; ce sont les malheureux pécheurs arrachés à l'enfer; ce sont les justes conduits jusqu'au ciel; enfin et surtout c'est la joie du paradis, du Père de Notre- Seigneur Jésus-Christ, de Jésus-Christ lui-même, de leur divin Esprit, de la sainte Mère de Dieu.

Tout chrétien peut, dans sa position, devenir sauveur d'âmes, rien qu'en consacrant à leur service et en offrant pour leur bien les bonnes actions et les peines de la vie. Mais il est des hommes privilégiés, plus spécialement voués par état à ce sublime office.

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