‹ Le retour continuel a DieuChapitre 118 sur 146 · I Cor. il · texte numérisé non relu

I Cor. il

les sentiments d'amitié pour le Sauveur, on envient à vouloir l'imiter et faire son œuvre.

Il faut aussi avoir soin d'introduire cette croix divine dans les actes d'amour et de conformité, principalement lorsqu'on a le bonheur d'être dans la peine. Alors on s'exerce soit à accepter, soit à aimer la souffrance.

Pour cultiver l'esprit d'abandon il faut, si on a choisi pour acte de l'oraison celui de la confiance, l'appliquer à certains sujets de sollicitude, soit réels, soit supposés.

Quand, dans le secret de la conversation avec Dieu, on s'exerce ainsi à vouloir être crucifié avec le Maître et pour son œuvre, quand on aime à braver par confiance en lui toutes les inquiétudes de la nature, la sainte amitié prend des accroissements rapides. Si, au contraire, on a le malheur soit de refuser la peine, soit de se jeter dans les sollicitudes, Jésus-Christ se retire à proportion qu'on rentre ainsi dans soi-même.

Je reverrai mes examens de prévoyance du jour précédent et, considérant à quel degré je me serai fixé, j'examinerai comment réserver une place pour l'amour de la croix, et une autre pour l'abandon à mon fidèle ami et Maître.

II. Comment introduirai-je dam ma conduite V amour de là croix et l'esprit d'abandon ? — Pour ce qui concerne l'amour de la croix, je mécontenterai de revoir l'examen de prévoyance du quatrième jour, en l'appliquant non plus seulement à l'humiliation, mais à la pauvreté et à la souffrance.

Considérant cette triple croix, soit comme instrument de pénitence, soit encore et surtout comme instrument d'amour et de zèle, je reverrai les trois questions posées ce jour-là. Pour y répondre, je me mettrai en face de Jésus-Christ, dont la charité implore la mienne pour le salut des âmes, et en face de ces âmes elles-mêmes qui tomberont moins nombreuses en enfer si je sais unir ma croix à celle du Sauveur.

Quant àla vertu d'abandon, on la développera en la pra-

tiquant au moment même où les sollicitudes se réveillent; et en s'abstenant alors autant que la discrétion le permet, des précautions naturelles dictéespar la prudence humaine. On peut, sous ce rapport, s'imposer deslois plus ou moins sévères et absolues. A chacun de se les déterminer selon le degré d'amitié de Jésus-Christ auquel il aspire.

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