ACTE
L'amour de la croix : degré parfait.
I ne forme particulière et parfaite de l'acte de confiance dont il a été parlé au commencement de la retraite, c'est l'abandon.
Il consiste en une invincible persuasion que, lorsqu'on a ou le bonheur de vivre en ami du Sauveur crucifié, ou le désir efficace d'y arriver, Jésus-Christ est là et veille à tout.
Animée de cette persuasion sainte, l'àme qui s'abandonne jette dans le sein de son Maître crucifié toutes les préoccupations, grandes et petites, et son acte est mélangé de beaucoup d'amour; car elle le produit, non seulement pour se tranquilliser, mais aussi et davantage pour faire plaisir à son Sauveur, homme de douleurs.
Je m'efforcerai donc de renouveler en moi le sentiment de mon amitié pour Jésus-Christ mort en croix; puis je lui dirai mon supersperavi, le conjurant de développer en moi ce sentiment délicat et salutaire : lui ressembler dans ses souffrances.
0 Jésus, je me sens incapable d'aimer la croix, l'humiliation, la contrariété, la douleur en un mot! Mais si je vous aime, que ne puis-je endurer? Je voudrais vous ressembler dans tous les détails de ma vie, par mon ardeur à jouir dans la souffrance même. J'attends de vous cette exceptionnelle faveur.
En cette retraite vous me demandez de me dévouer à la continuation de votre oeuvre rédemptrice dont tout le succès repose sur la douleur. Accordez-moi la grâce de satisfaire votre désir. Et puis, divin Sauveur, donnez-moi votre amour et la persévérance.
Je m'abandonnerai tout entier à la providence de Jésus, sûr qu'elle prendra mes intérêts mieux que moi-même, et je me garderai bien de négliger la prière continuelle.
EXAMEN DE PRÉVOYANCE
l'amour de la choix uans l'oraison et la conduite.
I. Comment introduirai-je dans mon oraison l'amour de la croix et l'esprit d'abandon? — '■ Pour cultiver l'esprit de la croix dans l'oraison, il faut se faire une habitude d'ajouter au nom de Jésus-Christ ces paroles sacrées : Et hune crucifixum*; de les ajouter surtoutchaque fois qu'entrant dans