Vigilate et orate (Matth. xxvi
m'adresser une question tantôt sur l'un, tantôt sur l'autre des grands objets de mon perpétuel retour, sans qu'aucun d'eux soit laissé dans l'oubli. Je me demanderai, aujourd'hui si je me suis occupé de l'humilité, demain si j'ai songé au détachement, et ainsi de suite.
Chaque semaine, en me préparant à la confession, j'aurai soin de parcourir, une à une, toutes les grandes lois auxquelles je me suis promis de revenir sans cesse ; et d'accuser, au moins sommairement mais sérieusement, toute infidélité habituelle.
Chaque mois, si je prétends vivre en religieux, je ferai, sinon une retraite, au moins une récapitulation attentive du mois entier ; et je me consacrerai de nouveau au genre de vie intérieure que j'ai voué à Dieu.
Enfin chaque année, à l'occasion de ma retraite, je raviverai, dans le fond de mon âme et dans tous ses coins et recoins, l'esprit de mon perpétuel retour, par le moyen d'une confession annuelle très soignée, et d'une suite d'oraisons ayant toutes pour objet ce retour sacré.
C'est ainsi que mon règlement sera surveillé. Je dois aussi surveiller ma chasteté. C'est que mon perpétuel retour à la pureté, quand même il s'appliquerait surtout à cette vertu délicate, ne me garantirait pas suffisamment contre la luxure, si je n'ajoutais pas un surcroît de précautions. Tant il est facile, même aux âmes les plus vertueuses, d'être précipitées subitement dans l'abîme avecleur bagage de vertu. David n'est-il pas tombé tout à coup, alors qu'il était déjà le saint roi-prophète?
Le surcroît de précautions dont je parlais plus haut doit surtout consister dans la fuite, dans la fuite attentive de toutes les occasions prochaines ou éloignées. 11 y a quelques jours, en m'occupant de mon retour à la pureté, j'ai vu ce que j'avais à craindre et à fuir. Cette crainte et cette fuite doivent elles-mêmes être surveillées, et je dois me demander souvent si je reste ce que je dois être toujours : âme prudente.
La prudence, tout en me rendant précautionneux, doit
me faire craindre sans frayeur, sans anxiété, sans scrupule, sans cassement de tète. J'accomplirai avec confiance en Dieu, et dans les limites de ma Règle, mes devoirs d'état. Je supporterai sans me troubler rimportunité des tentations, qui n'auront eu d'autre cause que mon devoir modestement accompli, et d'autre accueil que celui d'une volonté résistante et priante.
Assez sur la vigilance, première garantie de la persévérance. Occupons-nous maintenant de la seconde : la prière.
Sur ce sujet, important entre tous, voici les grandes vérités dont je dois me pénétrer pour le reste de ma vie.
Premièrement, il est dans les trésors delà bonté de Dieu un don sans lequel, malgré tous mes efforts et toutes mes vertus, je n'irai pas au ciel, parce que sans lui je ne serai pas bon jusqu'à ma mort; un don avec lequel, malgré toutes mes misères, je me sauverai certainement, parce que, grâce à lui, je finirai bien. C'est le grand don de la persévérance finale.
Ce don n'est pas un secours particulier, mais une chaîne de grâces, qui accompagne le juste tous les jours de sa vie, et qui le fortifie extérieurement et intérieurement, de telle sorte que la Bonne mort sera son dernier bonheur ici-bas, et le ciel son éternel partage.
Or, ce don des dons, qui ne se mérite par personne, et dont tout homme est et sera toujours absolument indigne, s'obtient plus certainement que tous les autres, quand on le demande aussi bien et autant qu'il le faut demander.
On le demande aussi bien qu'il le faut lorsque, pécheur, on travaille efficacement à l'expulsion du péché, en implorant, pour après la conversion , le bonheur de persévérer ; et lorsque, juste, on sollicite, dans la crainte de Dieu, le bonheur de ne plus perdre la grâce jusqu'à la mort. On le demande autant qu'il le faut, quand on le demande tous les jours.
Deuxièmement, dans ce don qui est une chaîne de grâces
très- variées et très nombreuses, il est un genre de secoure qui nous est particulièrement nécessaire : ce sont les grâces de résistance aux tentations. Celles-là surtout doivent se demander, non seulement chaque jour, mais chaque fois que Ton est tenté, surtout quand la tentation est forte et séduisante, comme le sont souvent celles qui exposent notre chasteté. Alors il n'y a pas, pour persévérer dans le bien, de moyen plus nécessaire que de persévérer dans la prière.
Troisièmement, la prière persévérante pour la persévérance, quoiqu'elle paraisse chose bien facile, est cependant impossible à l'homme, si Dieu ne la lui accorde constamment et dans la mesure voulue. Cette impossibilité de prier ne fait qu'augmenter quand la prière est le plus nécessaire, c'est-à-dire au moment de la tentation. Alors plus que jamais il faut, pour prier, avoir la grâce de prier. Or, cette grâce ne nous est complètement assurée que si nous avons le bon esprit de la demander d'avance, et tous les jours de notre vie, en donnant, par exemple, à cette parole du Pater : Ne nous laissez pas succomber à la tentation, le commentaire que voici : Et pour que nous ne succombions pas, faitesnous prier alors autant qu'il le faudra.
Quatrièmement, par une disposition secrète de la Providence de Dieu, il a été décidé que dans toute cette économie de la persévérance, la sainte Vierge remplirait le rôle principal. C'est elle qui, par la libre volonté du Père et du Fils, est spécialement chargée de procurer ce don des dons. C'est elle qui notamment concourt à nous assurer la grâce de résister à la tentation ; c'est à elle par conséquent que nous devons adresser une bonne partie des prières que nous faisons pour persévérer; enfin c'est à elle-même que nous devons demander la grâce de la prier comme il le faut.
Ainsi, que je ne l'oublie pas, tout ce dernier chapitre, qui a pour objet la persévérance, est en même temps le chapitre de la dévotion à la sainte Vierge ; et, en terminant mes saints exercices par la résolution d'assurer mon salut,
je dois confondre cette résolution avec celle d'être jusqu'à la mort le vrai serviteur de Marie.
Ici se termine l'exposé abrégé de tous les devoirs à remplir pour obtenir la persévérance. Il faut veiller et prier :. veiller sur le retour continuel au bien et sur la conservation de la chasteté; prier pour la persévérance; prier spécialement pour cette partie de la persévérance qui consiste à résister à la tentation moyennant la prière; prier pour obtenir la grâce de toujours prier de la sorte; enfin adresser de préférence toutes ses prières à la sainte Vierge.
Le fidèle accomplissement de tous ces devoirs constitue ce que nous appelons ici le perpétuel retour à la persévérance.
§ III. — Comment revenir sans cesse à la poursuite de la persévérance.
On poursuit la persévérance en la demandant avec persévérance, et en s'enchaînant au service de la sainte Vierge.
Remarquons une fois de plus qu'il faut joindre à la prière la vigilance. Ce n'est pas sans une sagesse vraiment divine que Notre-Seigneur a uni les deux mots : Veillez et priez.
Si je voulais prier sans veiller, c'est-à-dire demander la persévérance sans chercher à me préserver du mal, ma prière ne serait pas droite; et dès lors elle risquerait de n'être pas exaucée. Mais si j'ai le bonheur d'être vigilant autant que suppliant, je puis compter sur Dieu et envisager en paix mon éternité.
Pour mon continuel retour à la persévérance comme pour tous les autres, l'oraison m'est nécessaire.
Cette oraison, je ne puis la mieux réussir qu'en m'y occupant de la sainte Vierge et avec la sainte Vierge. C'est ce que je vais faire.
L'oraison qui va suivre doit être pour moi une insh'uc-
tion capitale entre toutes; car j'y verrai ce que je dois penser de la sainte Vierge, et ce que je dois faire pour elle. Jamais, sur un pareil sujet, je ne pourrai être ni trop éclairé ni trop convaincu. Par conséquent cette pieuse oraison sera en même temps une leçon que je dois sans cesse étudier, et une règle que je dois fidèlement observer.
§ IV. — L'oraison sur la persévérance et sur la dévotion à Marie.
Après s'être mis très humblement en présence de Dieu le Père, qui a voulu que nous eussions au ciel une mère comme nous avons un père; de Notre-Seigneur, qui du haut delà croix nous a donnés pour enfants à Marie ; et de la sainte Vierge elle-même notre divine Mère, on se rappelle l'un ou l'autre des mystères renfermés dans cette parole pleine de sens : Le vrai serviteur de Marie ne peut pas se perdre.
De ces mystères, à jamais consolants, voici le résumé.
La sainte Vierge est une créature à part, puisque étant Mère de Dieu elle est comme parente de la divinité; et que, sous le rapport de la dignité, il y a en elle quelque chose d'infini. Car sa maternité divine la rend, quant aux relations avec le Fils de Dieu, pour ainsi dire l'égale du Père.
Puisqu'elle a été ainsi élevée à une dignilé absolument extraordinaire, extraordinaire aussi fut, dès le principe, son admirable perfection. Qu'il suffise de dire que, dès sa naissance, sa sainteté surpassa celle de tous les anges et de tous les saints réunis, et fut si grande que Dieu seul put la comprendre dans toute son étendue.
Parmi les perfections dont Marie fut ornée, il faut mettre au premier rang son incompréhensible charité. Dieu est charité, et l'amour qui brûle dans son cœur pour le dernier des hommes est infini. Après le Dieu charité, l'être qui fut et sera éternellement le plus charitable entre tous,
c'est le cœur adorable de notre Dieu Sauveur. Après le cœui' de Jésus, vient le cœur de Marie. Dans ce cœur admirable a brûlé, dès le principe, un amour pour Dieu el pour les hommes, un amour si parfait, si pur, si ardent, qu'il fut à lui seul plus véritablement amour, que ne le serait la somme de charité répandue dans le cœur de tous les élus du ciel et de la terre.
Marié, ainsi remplie de l'amour qui brûlait dans le cœur et du Père et du Fils, fut, en vertu de cet amour sacré et par son titre de Mère, admise au conseil de Dieu touchant la Rédemption des hommes; et dès le moment où le Verbe s'incarna dans son sein, elle associa sa volonté à la volonté de Dieu le Père et de Jésus-Christ Notre-Seigneur, pour dire avec eux et comme eux : Je consens, pour le salut du monde, à tout ce que le Sauveur voudra faire et souffrir.
S'unissant de cette manière aux desseins rédempteurs du Père et du Fils, elle ne cessa pas un instant, pendant les trente-trois années que vécut Jésus-Christ, d'offrir à chaque instant, avec et comme son divin Fils, le grand sacrifice de l'amour pour le salut des âmes.
Qu'arriva-t-il à la fin de cette vie de continuelle immolation? 11 arriva qu'au moment où Marie consommait pour sa part, en s'unissant à Jésus-Christ, l'œuvre de la Rédemption, Jésus du haut de la croix la proclama Mère des hommes.
De fait, elle lest réellement, non pas dans un sens naturel, comme celle qui, nous ayant porté dans son sein, nous a donné la vie temporelle; non pas non plus dans un sens tout figuré, comme le serait une grande bienfaitrice; mais dans un sens supérieur et divin. Car, comme femme bénie entre toutes les femmes et comme Mère de Dieu, elle a contribué, pour sa part, à nous donner la vie spirituelle et éternelle. Par conséquent elle est devenue réellement, quoique surnaturellement, notre Mère.
M ;i rie est donc, par grâce, Mère des hommes, comme
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Dieu est Père par le titre même de sa divinité; et la maternité de Marie participe aux prérogatives de la paternité divine.
Parmi ces prérogatives, il en est une qu'il faut ici signaler entre toutes : l'immensité.
La paternité de Dieu est si immense qu'elle embrasse tous les hommes, et que ce grand Dieu est le père de chacun comme il est le père de tous. De même la sainte Vierge est si immensément maternelle qu'elle est mère de chaque homme, autant et aussi bien que de tous les hommes réunis.
Je puis donc, moi pauvre créature humaine, me dire cette parole à jamais consolante : La sainte Vierge est ma Mère et je suis son enfant, aussi parfaitement son enfant que si j'étais son fils unique.
Le caractère propre d'une mère est l'amour, et le propre de l'amour maternel est la miséricorde, la compassion. Il en est vraiment ainsi du cœur de ma céleste Mère. Elle m'aime d'un amour qui surpasse la tendresse de toutes es mères; et la principale inclination de son cœur est de venir au secours de ma misère.
Sur la compassion de Marie, j'ai à me faire cette réflexion fort encourageante : Dans la famille divine dont elle fait partie, cette incomparable Mère a reçu pour fonction propre la miséricorde. Quand Dieu, voulant exercer sa justice, se décide à punir, la sainte Vierge s'abstient, pour ainsi dire, d'intervenir. Quand, au contraire, il préfère être surtout miséricordieux, par exemple pardonner à un pécheur ou accorder à un juste une grâce absolument imméritée, non seulement elle intervient, mais c'est à elle qu'est confiée l'exécution des desseins paternels de Dieu; tellement qu'il ne s'accorde pas une faveur du ciel qui ne passe par les mains de la sainte Vierge.
La miséricorde de Marie se partage, comme celle de Dieu, en miséricorde grande, et en miséricorde qu'on peul, par comparaison avec l'autre, appeler petite. Celle-ci consiste à accorder aux hommes des secours qui, par la
faute de la volonté, ne les empêcheront pas de finir par se perdre. La grande miséricorde, au contraire, est celle qui confère aux hommes le don des dons moyennant lequel ils se sauvent, c'est-à-dire le don de la persévérance, avec tous les secours intérieurs et extérieurs dont il se compose.
Miséricorde en vérité, et miséricorde absolument grande. Miséricorde, parce que jamais personne ne mérite ni ne méritera pareille grâce; miséricorde grande, parce que la persévérance, dans toute son étendue, est une faveur immense.
Bien que Marie soit bonne au delà de toute mesure, pour qu'un homme soit sûr d'être l'objet de sa grande miséricorde, il faut qu'il se fasse son vrai et dévot serviteur.
Serviteurs de la sainte Vierge, bien des chrétiens le sont; mais les uns plus, les autres moins. La dévotion à Marie est imparfaite et insuffisante lorsque les chrétiens, tout en récitant quelque prière à la sainte Vierge, n'en persévèrent pas moins dans leurs péchés, sans songer à se corriger, ou même parfois s'appuient sur ce reste de piété pour pécher plus tranquillement. Cette dévotion n'est pas une assurance de salut; néanmoins il faut la conserver soigneusement dans les âmes où on la trouve, parce que souvent la sainte Vierge en prend occasion pour opérer des miracles de grâce.
La dévotion est suffisante quoique non parfaite, quand elle consiste à invoquer Marie, non plus en voulant rester dans le péché ou pour y rester plus facilement, mais pour se convertir ou pour persévérer après la conversion. Cette dévotion, si elle dure jusqu'à la mort, est un gage de salut. Mais durera-t-elle? Peut-être oui, peut-être non: car elle n'est pas assez parfaite pour être absolument solide.
Enfin, il est une autre dévotion qui, à cause de sa solidité, est capable de résister à tout, et qui par conséquent donne à ceux qui la possèdent l'assurance du salut éternel, autant que cette assurance peut exister ici-bas. C'est celle-là
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que je dois chercher, trouver et garder à tout prix. Voici les caractères qui la distinguent.
Premièrement et avant tout, elle est accompagnée de cette vigilance chrétienne qui consiste à chasser le péché chaque fois qu'il se présente.
Deuxièmement, elle produit dans l'âme une invincible fidélité à offrir à la sainte Vierge, sans jamais y manquer, tout ce qu'on lui a promis, le chapelet, par exemple, et les autres exercices dont on s'est fait une sainte habitude.
Troisièmement, elle pousse les serviteurs de cette bonne Mère à ajouter quelque chose à ces pratiques habituelles, chaque fois que se célèbre une fête ou une neuvaine en l'honneur de Marie, et même chaque samedi, puisque ce jour lui est consacré.
Quatrièmement, elle ajoute à ces prières de circonstance ce qui pourrait être appelé la moelle du culte filial, c'està-dire le recours perpétuel, en vertu duquel l'heureux et parfait serviteur de Marie vit par la foi en la compagnie de sa Mère, et recourt à elle dans toutes les difficultés grandes et petites de la vie, comme si elle était toujours là présente.
Cinquièmement, elle donne à l'enfant de Marie un grand zèle pour la gloire de sa Mère, et une infatigable ardeur à lui gagner des serviteurs.
Sixièmement enfin, elle inspire une sainte et salutaire crainte d'être un jour infidèle à cette bonne Mère. Aussi le vrai serviteur de la sainte Vierge lui demande chaque jour, à elle-même, la grâce de mourir plutôt que de se relâcher à son service; et il s'enchaîne à son service par quelque engagement sacré, pour être sûr d'être à elle jusqu'à la mort, et sur par là même d'aller au ciel.
Si, par la grâce de Dieu et la miséricorde de ma Mère, j'arrive à posséder et à conserver cette dévotion parfaite, le ciel est à moi.
Après s'être pénétré, soit complètement soit en partie,
de ces vérités salutaires et réconfortantes, on passe à Vacte, lequel, dans cette oraison, n'est autre chose qu'une consécration à Marie, une sorte de pacte filial que l'on conclut avec elle.
0 ma Mère, permettez à votre enfant de contracter avec vous une alliance sacrée, un accord pour la vie! Que mon accord avec vous revienne à ces deux mots : A vous ma dévotion parfaite ! A moi la persévérance finale!
Je vous la promets cette dévotion parfaite. A vous mon tribut quotidien ; à vous mon hommage du samedi ; à vous mes dévotions spéciales pour chacune de vos fêtes ; à vous mon recours habituel dans toutes les épreuves : tentations, difficultés et misères grandes et petites; à vous mon zèle pour la propagation de votre culte; à vous enfin mes engagements qui m'enchaînent à votre service, et mon inviolable constance à vous demander chaque jour de mourir plutôt que de me relâcher dans le fidélité que je vous dois !
Mais en retour, o ma bonne Mère, à moi votre amour de prédilection, à moi votre grande miséricorde, à moi la grâce de l'oraison, à moi le continuel retour à la pureté, à moi la culture de l'humilité, à moi le saint détachement, à moi la charité, à moi l'amour pour votre divin Fils et pour vous-même, à moi l'amour de mon prochain et la fidélité à mes devoirs, à moi l'esprit du crucifix, de la sainte mortification et de la sainte pauvreté, à moi enfin le grand don, l'inestimable don de la persévérance par la vigilance et la prière!
Après cette consécration, on se répand, plus encore que jamais, en prières de tout genre.
0 Marie, obtenez-moi le pardon de mes péchés, la disparition de .toute tiédeur, le retour perpétuel au bien par l'a perpétuelle oraison, la conservation et l'accroissement de l'innocence, la grâce de la pénitence, le bonheur de me confesser de mieux en mieux jusqu'à la mort, le vrai mépris de moi, l'humilité dans les humiliations, la pauvreté, le
détachement, l'empire sur mon cœur, la sainte charité surtout, la charité divine, l'attachement plein d'amour à la volonté de Dieu, un vrai amour pour le prochain, le zèle dans mes emplois, la pauvreté, la chasteté, l'obéissance, l'esprit de la croix de Jésus-Christ, la fidèle et courageuse piété, l'inviolable fidélité à votre service, la constance, la persévérance, la bonne mort et le salut éternel. Ainsi soit-il!
Puis on renouvelle la résolution ordinaire, en promettant surtout le fidèle retour à la persévérance et au culte de Marie.
§ V. — Examen et bon propos sur la persévérance.
Je promets à Dieu que, pour persévérer, je surveillerai de près, et de la manière indiquée, mon retour au bien dans toutes ses parties.
Pour persévérer, je veillerai tout spécialement sur ma chasteté, en fuyant toutes les occasions et en me confiant à Dieu dans l'accomplissement de mes devoirs d'état.
A la vigilance je joindrai la prière continuelle pour la persévérance.
Pour persévérer, je m'enchaînerai au culte parfait de la sainte Vierge Marie.
Enfin, après l'accomplissement de chacun de mes principaux devoirs, notamment après mes confessions, après l'oraison et après la récitation de mon chapelet, je prendrai l'habitude d'adresser à la sainte Vierge une prière jaculatoire, pour lui demander la constante fidélité à ces devoirs jusqu'à la mort.