‹ Le retour continuel a DieuChapitre 61 sur 146 · DIEU ET SON ÊTRE ADORABLE · texte numérisé non relu

DIEU ET SON ÊTRE ADORABLE

Je crois qu'il existe un être adorable, suprême, seul vraiment être et devant qui tout est néant. Je crois qu'avant le commencement de toutes choses, alors que l'univers n'était pas créé, cet être unique existait, à lui seul plus grand que mille mondes. Je crois qu'il a existé ainsi de toute éternité, parce que personne ne l'a produit et qu'il

ne s'est pas produit lui-même. Je crois qu'il existe sans cause et sans principe et par la seule nécessité de son être.

Il est parce qu'il est et qu'un être comme lui ne peut point ne pas exister, comme le soleil ne peut pas ne pas briller.

C'est lui qui d'un seul mouvement de volonté a créé l'univers; c'est lui qui le conserve : le monde retomberait dans le néant, si Dieu cessait de vouloir qu'il existe, comme mon bras cesse d'être soulevé quand je ne veux plus qu'il le soit.

Par un seul acte de volonté, Dieu pourrait faire jaillir des millions d'univers plus grands et plus beaux que celui où nous sommes; et ces millions de mondes ne seraient, devant son être infini, que comme des ombres prêtes à disparaître.

Dieu possède une nature si belle et si parfaite qu'elle le remplit de ravissement pour lui-même, et que, sans un secours spécial du Seigneur, toute créature qui la voit mourrait de joie.

Dieu, par nature, vit, pense, parle, veut, agit et aime. Dans cette vie, et à cause de cette vie, il est trois en personne, le Père, le Fils et le Saint-Esprit; par conséquent, quoique seul, il n'esj pas solitaire. L'éternelle société de ses trois personnes le rend infiniment heureux.

Rempli de ces sublimes pensées, j'ajouterai ces réflexions : ce grand Dieu est mon Dieu; je suis sa créature; c'est lui qui m'a tiré du néant et qui m'empêche d'y retomber ; je suis, hélas! une créature vivant trop souvent en athée.

ACTti.

L'humble confiance : degré ordinaire et degré vertueux.

L'humilité et la confiance sont les deux premiers des sept grands actes que saint Alphonse indique pour l'oraison. Car ce double

sentiment est, après la foi, le fondement de toute religion, et le principe de la prière sans laquelle tout retour à Dieu est impossible. *

L'oraison que je vais continuer pendant dix jours aura donc pour premiers actes l'humilité et la confiance.

Je les produirai d'abord dans leur partie essentielle. Par conséquent, j'avouerai humblement à mon Dieu mon indigence cl mon incapacité, parce que je suis néant. Ensuite, confessant que le Seigneur est à la fois la miséricorde propice à l'indignité quand elle s'avoue, et la puissance comblant l'incapacité qui s'humilie, je lui dirai que j'espère son secours, et qu'avec ce secours je me crois tout-puissant.

Ces premiers actes essentiels, je les rendrai plus vertueux, en joignant à la confession de l'esprit l'acceptation du cœur. Je dirai : Seigneur, je suis indigne et incapable, et j'accepte ce partage pour vous glorifier et vous plaire, mais également pour vous plaire et pour vous glorifier, je proteste que j'espère tout de vous.

A la fin de cette première oraison, comme à la fin de toutes les autres, la prière consistera surtout à demander la grâce particulière de conserver les fruits de l'oraison qui s'achève; la grâce plus générale d'être béni de Dieu pendant toute la retraite, enfin la grâce très générale d'aimer Dieu et de persévérer jusqu'à la mort dans cet amour.

La résolution sera également la même pendant toute la retraite. À la fin de chaque oraison, on promettra de nouveau : de s'occuper jusqu'à l'oraison suivante de celle que l'on vient de faire; de pratiquer les vertus de docilité et de discrétion, ainsi que l'esprit de prière en suppliant toujours et partout.

EXAMEN DE CONSCIENCE

11 sera bon de placer chaque jour cet examen entre la première et la deuxième oraison, parce qu'il est de nature à éclairer et à impressionner le retraitan pour le reste de la journée.

Cet examen étant une préparation à la confession devra être accompagné de tous les actes intérieurs delà pénitence.

Durant les quatre premiers jours on le fera sur les péchés proprement dits. Ensuite on l'appliquera aux manques de vertu et aux manques de zèle.

On rattachera tous les péchés à quatre branches : Vorf/ueil, la paresse, la luxure, Végoï&me. Par là, non seulement le retraitant découvrira ses fautes, mais encore il se connaîtra lui-même, car tous les vices humains se rapportent à un de ceux qu'on vient de nommer.

Autant que possible, on se confessera au moins deux fois pendant la retraite; une fois sur les péchés, vers la fin du quatrième jour; une autre fois sur les manques de vertu et de zèle, vers la fin du huitième jour. De concert avec le directeur, on décidera de faire soit une confession particulière, soit une confession générale et détaillée, soit une confession générale et sommaire. La première des trois convient si on est porté au scrupule ou au trouble; la deuxième, si on a sur le passé quelque inquiétude fondée; la troisième, si on éprouve le besoin et le désir d'une purification extraordinaire.

Dans les. examens, comme dans tout le reste de la retraite, il y aura trois parties dont la première regardera surtout les âmes encore coupables, la deuxième, surtout les âmes encore peu vertueuses; la troisième, surtout les âmes vertueuses. Chacun devra prendre dans ces trois parties ce qui lui revient, en n'oubliant jamais d'examiner ce qui lui reste des misères propres aux états inférieurs.

Pour que ces examens n'engagent pas dans un dédale, il faudra ne s'arrêter qu'aux fautes explicites et directes, et se contenter pour les autres, d'une vue générale, mais claire et juste.

l'orgueil.

On commence les examens par ce vice, car il est spécialement opposé à Dieu, et tout particulièrement contraire à l'humble confiance.

L'orgueil est une révolte contre les abaissements voulus de Dieu, et une prétention de l'âme à une hauteur non voulue de Dieu. Il est la passion de la personne comme l'impureté est la passion de la chair.

Les autres péchés éloignent de Dieu ; celui-ci va contre Dieu. Il est dans les réprouvés le principal gage de leur réprobation.

I. Révolte contre les abaissements. — Jalousie, envie, ravalement des supérieurs, de Dieu même; mépris de l'autoritéet des lois, hypocrisie, respect humain. En cas d'humiliations réelles ou supposées: colères, rancunes, vengeances, protestations méprisantes, silence dédaigneux.

IL Prétention à la hauteur. — Ambition, fièvre de primer, présomption, jactance, ravalement des égaux et des inférieurs, procédés hautains ou cruels, paroles méprisantes.

III. Aveu et occupations de l'abaissement. — Renoncement à la hauteur ; mais quasi par force, par pure nécessité ; et de là présence, quoique moins formellement et moins complètement, des misères signalées il y a un instant.

IV. Renoncements plus complets. — Acceptation de l'abaissement, mais pas encore grand amour de l'abjection, pas encore complète horreur pour toute hauteur. De là quelque retour des susdites misères avec certains biaisements dans la résistance.

Cetteoraison est, comme la précédente, le fondement de l'humble confiance. De plus, la lumière qu'elle contient

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doit nous éclairer, non seulement sur Dieu, mais sur tous les mystères de notre sainte religion. Elle est très importante et doit être faite avec grand soin.

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