‹ Le retour continuel a DieuChapitre 71 sur 146 · LA GRANDE AFFAIRE DU SALIT · texte numérisé non relu

LA GRANDE AFFAIRE DU SALIT

0 mystère! Jésus-Christ a sauvé tous les hommes et ils ne se sauvent pas tous ! C'est que le salut opéré par Jésus- Christ doit nous être appliqué par nous-mêmes. Ainsi, pour nous approprier les pardons obtenus parle Sauveur, nous devons recevoir le sacrement auquel il les a confiés. Dans leur charité, Dieu et Jésus-Christ désirent infiniment cette application, et ils font tout pour qu'elle ait lieu. Mais nous devons nous y prêter; l'homme pour être sauvé doit se sauver. Sollicités pour et contre le salut, nous sommes libres. Sauvé par Jésus-Christ, je puis me damner; sauvé par Jésus-Christ, je puis me sauver; c'est mon affaire.

C'est mon affaire! Grande et redoutable parole! Quoique chétive créature, je suis désormais éternel. Hier, j'étais néant, aujourd'hui, j'existe, etc'estpour toujours. Je vivrai aussi longtemps que Dieu. Je serai éternellement ou bien un damné ou bien un élu.

Le temps qui m'est donné est un atome d'existence fugitive avant mon existence fixe. Dans ce temps, tout ce qui est temps n'est que vanité.

Mais ce temps qui n'est rien est tout; car il m'est donné pour préparer mon éternité. A ce point de vue, il est d'une importance infinie, d'autant plus que tous les moments

qui le composent comptenl, dans un sens ou dans un autre, pour ou contre le salut.

Ce temps est mesuré pour chaque homme. Combien me reste-t-il d'années et de jours? Je l'ignore. Ce que je sais, c'est que dans ce temps, il y a des moments plus décisifs. Cette retraite£n est un. Manquée, elle peut me perdre; bien faite, elle peut me sauver. Quiconque prie se sauve, quiconque ne prie pas se damne; je vais donc me jeter dans l.i prière.

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