‹ Le retour continuel a DieuChapitre 83 sur 146 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

La contrition : ses trois degrés réunis.

Afin de provoquer ce changement tant désiré, je terminerai la troisième journée par le renouvellement &e tous les actes de contrition que j'ai faits aujourd'hui. Je les offrirai à mon Dieu, en accentuant surtout le bon propos et en l'appliquant aux points sur lesquels je serais encore tenté de différer ma conversion.

Mon Dieu, conservez-moi les bons sentiments de cette oraison. Trop souvent, je le reconnais, j'ai abusé de votre miséricorde en différant de me convertir et de me donner tout à vous. Que cette lâcheté ne soit plus la mienne! Faites que, si jamais m'arrivait le malheur de tomber ou de vous refuser ce que vous attendez de moi, je me relève et me punisse aussitôt.

Continuez-moi vos salutaires inspirations pendant cette retraite et donnez-moi d'y être fidèle. Surtout, ô mon Dieu et mon Père, accordez-moi votre amour et la persévérance!

Je suis décidé à prolonger jusqu'à la prochaine oraison celle que je viens de terminer renouvelant sans cesse mes actes de contrition et je ferai de la prière mon occupation continuelle.

OUATRIÈME JOl'R. 349

I. Pour se confirmer dans la haine et dans la crainte du péché, onmédite sur les fins dernières, et l'on joint à la contrition 1 humiliation du pénitent ainsi que la reconnaissance. — II. On s'examine sur le péché d'égoïsme, dont il sera surtout question au jugement de Dieu. — III. On se dispose à cultiver, dans l'oraison comme dans la conduite, la vertu d'humilité qui fait les élus, et celle de la reconnaissance.

LEÇON SUR L'ORAISON

l'oraison sur les fins dermères.

Cette oraison a une puissance particulière sur le cœur de l'homme. Tous les saints l'ont cultivée.

Dieu ne nous a révélé ces redoutables mystères que pour nous y faire penser, et, en nous y faisant penser, nous conduire par la crainte et la fuite du péché, à son amour. Mais l'homme est si léger que l'enfer lui-même ne l'occupe pas, et que, s'il ne se force sans cesse à y réfléchir, il s'y précipitera les yeux bandés. Au contraire, quiconque méditera assidûment ces grandes vérités, arrivera certainement à ne plus offenser Dieu et à sauver son âme.

Pour faire utilement l'oraison sur les lins dernières, veici les principales règles à suivre :

Premièrement, dans la considération, tâcher d'être spectateur et acteur ; spectateur en contemplant la scène comme si elle était présente ; acteur en s'y transportant soi-même, en y prenant place et en se demandant quels sentiments on y aurait.

A cette contemplation joindre de puissants actes de foi. et des réflexions choisies surtout parmi les suivantes: Ce sera bientôt mon tour. Je ne sais pas quand. Dieu veut que je me prépare avant le moment venu. J'ai mérité l'enfer. Si je ne suis pas dans l'abîme, c'est grâce à Jésus- Christ. Si je diffère davantage de me convertir, il peut m'arriver malheur. Je puis me perdre si je ne prends pas toutes les précautions pour me sauver. Qu'en est-il de ma conscience? N'ai-je rien à faire pour la mettre en ordre?

Deuxièmement, comme actes choisir de préférence les suivants : l'humiliation du cœur, accompagnée de la vraie contrition, et de la reconnaissance. L'humiliation du cœur parce que ce sentiment est celui des élus, et qu'il est le caractère de toute pénitence véritable. La reconnaissance parce que quiconque a mérité ou pu mériter l'enfer doit, pour être juste, ne pas tarir dans l'expression de sa gratitude envers son Dieu, envers son sauveur et envers sa mère; la reconnaissance parce que ce sentiment délicat mène directement à l'amour. Aussi saint Alphonse a-t-il fait de cet acte le quatrième des actes principaux de l'oraison.

Troisièmement dans la prière propre de cette oraison, s'occuper surtout de la persévérance et de tous les biens dont se compose le don du salut.

Quatrièmement, appliquer la résolution surtout aux points qui, parmi les choses promises à Dieu, ont spécialement pour but et pour effet d'assurer le salut éternel.

PREMIÈRE ORAISON

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