ACTE PREMIER, SCÈNE IV
MICHEL
Parce que notre situation est singulière... Voilà près d'un an que nous nous sommes rencontrés ; dès le premier jour, nous nous sommes parlé comme si nous nous connaissions depuis dix ans; il y a entre nous des affinités multiples, une intimité nombreuse. Presque tout de suite nous nous sommes tutoyés comme des amants... et nous ne sommes pas des amants.
HENRIETTE
A qui la faute? Nos rendez-vous peuvent être désormais moins errants... ce n'est pourtant pas moi qui peux m'occuper de chercher un asile.
Et... tu viendrais?
HENRIETTE, souriante.
Dame !
MICHEL
Et alors... tu te donnerais?
HENRIETTE
Ça ne fait pas question.
âO LE RETOUR DE JERUSALEM
MICHEL
Ah! (Elle rit.) Il ne faut pas rire.
HENRIETTE
Mais si; je ris parce que lu as l'air désappointé. Il n'y a pourtant pas de quoi. La vérité, c'est que tu as peur de moi.
MICHEL
Tu es un être si mystérieux; tu as parfois un sourire inquiétant, tiens, comme en ce moment; et même lorsque ma bouche écrasait ton sourire sur les petites dents cruelles, tu ne tressaillais pas.
HENRIETTE
Comment, je ne tressaillais pas?
MICHEL
•Non, je n'ai jamais eu l'indication que lu désirais autre chose.
HENIUETTE
Oui; comment le savoir?