JUDITH, ANDRÉE, PAULINE AFKLER, MICHEL
YOWENBERG, L'ONCLE EMILE,
DOCTEUR LURDAU, NARCISSE AFKLER,
MOISSAC, TRÉVIÈRES.
Au lever du rideau, tous ces personnages sont divisés en trois groupes. Au premier plan, à gauche, Judith et Andrée; à droite, Michel, Yowenberg, Moissac, Trévières, Afkler; au deuxième plan, le docteur Lurdau et Pauline Afkler en grande conversation. L'oocle Emile, isolé, lit le numéro de YOréopancu', paru le matin même.)
ANDRÉE, à Judith.
Vous le saviez déjà? Comment le saviez-vous?
JUDITH
Apparemment parce qu'on me la dit.
ANDRÉE
Qui vous l'a dit?
JUDITH
Ah! voilà. On vous a vus ensemble, l'autre jour, au Palace.
ANDRÉE
Oui, en effet, nous avons pris du thé. Ça ne m'étonne pas, il y avait là un tas de mauvaises langues qui étaient assises et qui me regardaient en ouvrant des yeux !
JUDITH
Eh! bien, je l'ai appris le jour même, une heure après... une de ces mauvaises langues, qui étaient assises, s'est levée et est accourue me le dire.
Je parie que c'est cette rosse de Vowenberg; il était là. Et puis, zut! Ça m'est bien égal, après tout... cette fois-ci, ma petite Judith, je crois que je suis partie pour la grande passion.
JUDITH
C'est la grâce que je vous souhaite.
ANDRÉE
Par exemple, ça ne va pas être facile do rompre avec l'autre.
JUDITH
Ah! avec le prédécesseur... ça n'est donc pas fait?
ANDRÉE
Non... et il menace de se cramponner.
JUDITH
Je comprends ça... mais vous avez un excellent moyen de vous en débarrasser. Vous n'avez qu'à lui dire : « Mon mari sait tout ! »
ANDRÉE
Ça ne prendrait pas.
JUDITH
Pourquoi?
Parce que j'ai eu l'imprudence de lui raconter notre convention avec Georges... vous savez ce que c'est... dans les commencements, il y a des moments où l'on dit tout.
JUDITH
Vous êtes impardonnable, Andrée. Comment! vous vous réservez une porte de sortie et vous
lui en donnez la clé! Mon amie Rachel, vous savez, ma petite amie Rachel PfelTerkorn, dont, je vous parle souvent, elle a fait la même convention avec son mari; seulement, elle ne t'a jamais confié à ses amants.
ANDRÉE
Oui, je sais bien. Que voulez-vous?
(Cependant on a apporté le café.
MICHEL, <e détachant de son groupe et venant auprès de Judith.
Tu sais que le café est là depuis un moment. Si tu t'occupais un peu de tes invités ?
JUDITH
Ah! c'est vrai. (A Andrée.) Vous allez m'aider, voulez-vous?
ANDRÉE
Certainement.
(Toutes les deux se lèvent et servent le café. Michel revient auprès de Vowenherg, Trévières, etc.
HOISSAC, prenant un livre sur une table.
« h' Horaire sentimental, par Lucien Sproom. >«
JUDITH, de sa place.
C'est un livre admirable!
MOISSAC, lisant sur la feuille de garde.
'< A son Intelligence Judith Fuschyani... Il a « été tiré de cet ouvrage un exemplaire unique « sur vieux Japon à la forme, signé. — Six « exemplaires sur Japon impérial de Mi-Tjui. « — Six exemplaires sur Ilollande van Gelder. « — Vingt exemplaires sur Chine Yu-Tsching. » Ça me suffit, je n'irai pas plus loin.
VOWENBERG, avec force.
Et un exemplaire sur peau humaine !
(Il prend le livre.) MOISSAC
Il était très bien, Afkler, le dernier numéro de VOréopanax.
AFKLER
Oui, il est très intéressant... il y a un bel article du docteur Lurdau, n'est-ce pas? Je crois qu'il fera du bruit.
MOISSAC
Fan du bru. Qui est-ce qui signe Torpille?
AFKLER
(Test un garçon qui a été dans la Hotte.
MOISSAC
Et qui est en train de la couler.
AFKLER
D'ailleurs, ce n'est que le commencement «l'une série. C'est fantastique, ce que nous recevons de documents à YOréopanax.
Sur quoi?
MICHEL
AFKLER
Sur tout. Après ça, nous publierons les Nbtes d'un Infirmier, puis le Cahier d'un Brasseur, ensuite le Journal d'un Disciplinaire. Mon cher, il y a des choses dont on ne se doute pas. Tenez, hier, nous avions à dîner un homme qu'on a enfermé comme fou... Il nous a raconté des choses terribles. Ma femme en était malade... elle n'a pas pu dormir celte nuit... (criant) n'estce pas Pauline?
PAULINE, à l'autre bout du salon.
Quoi donc, Narcisse?
AFKLER
Cet homme, hier?
PAULINE
Quel homme?
AFKLER
Qu'on avait cru fou.
PAULINE
Ah ! oui.
Elle reprend sa conversation avec le Dr Lurdau.
VOWENBERG, posant Y Horaire sentimental sur la table.
Moissac, vous avez tort de mépriser ce livrelà... vous savez que c'est de tout premier ordre.
MICHEL
Je l'ai lu... C'est surtout très habile.
VOWENBERG
Oh! c'est plus qu'habile... il y a là dedans toutes les qualités d'un Stendhal, avec plus de profondeur et, surtout, plus de style.
MICHEL
Oh! non, Vowenbcrg, ne prononcez pas le
nom do Stendhal à propos de ce pelil Sproom. Voyons, Stendhal, c'est tout de môme autre chose.
VOWE.N'BERG, avec autorité.
Enfin, vous ne trouvez pas, moi je trouve. Je maintiens que c'est stendhalien. D'ailleurs, le livre en est à sa douzième édition... en quinze jours, c'est joli.
MOISSAC
Oh! ce petit Sproom fait admirablement sa réclame C'est très israélite d'ailleurs. Quand vous faites quelque chose, vous autres, on le sait : il y a sept frères qui sont morts pour votre religion, ils ont trouvé moyen de donner leur nom à tous les cadavres.
JUDITH, apportant une tasse de café à Michel.
De qui parlez-vous?
MOISSAC
Des frères Macchabées.
JUDITH
A propos de quoi?
dT2 LE RETOUR DE JERUSALEM
MOISSÂC
A propos de votre jeune ami, VHôraire Sentimental.
JUDITH
C'est un chef-d'œuvre! Les cent premières pages sont tout à fait d'un grand écrivain.
MOISSAC
Voilà une chose qu'il ne faut pas dire.
JUDITH
Pourquoi?
MOISSÂC
Vous feriez croire qu'à la cent-unième page, ce jeune homme a cessé brusquement de savoir écrire.
Cependant le D1 Lurdau et Pauline sont descendus en scèoe. Judith, qui a flûi de servir le café, vient les rejoindre avec Andrée.
JUDITH
Vous accaparez le, docteur Lurdau, Pauline.
PAULINE
Je ne l'accapare pas du tout, nous causions.
JUDITH
Ah! c'est que Madame Afklcr est une de vos grandes admiratrices, docteur Lurdau ; elle connaît tout ce que vous avez écrit... d'ailleurs, elle connaît tout.
LURDAU
Oui, votre amie est singulièrement instruite... (Il regarde autour de lui.) C'est très bien arrangé ici, vous avez-là une jolie place.
ANDRÉE, riant.
Ah! ah! ah!
JUDITH
Le docteur Lurdau veut dire un salon. Et vous quittez Paris ce soir?
LURDAU
Oui, à mon grand regret.
Vous retournez à Copenhague?
LURDAU
Oui, à Copenhague. J'espère que si, un jour,
lo.
vous venez dans le Danemark; j'aurai l'honneur de vous recevoir.
JUDITH
Oh! certainement... j'ai tellement envie de connaître le Danemark... Malheureusement, je ne voyage pas assez... et j'aimerais tant voyager! Mais, ça viendra. Copenhague est une jolie ville ?
LURDAU
Ach! ce n'est pas une ville aussi gaie que Paris.
JUDITH
Vous aimez Paris?
LURDAU
Beaucoup... c'est une ville si agréable, vraiment!
ANDRÉE
A cette époque de l'année surtout... je ne connais rien de plus ravissant que Paris au mois de mai.
LURDAU
Ach! ravissant! ravissant! Et puis, les Parisiennes sont des femmes si charmantes, si séduisantes. Elles ont tellement de désinvolture
pour l'amour. D'ailleurs, chez vous, tout est réellement fait pour l'amour. Toute votre littérature parle de l'amour, tout votre théâtre joue l'amour. Aux devantures de vos papetiers, on voit de si jolies cartes polissonnes et, dans les music-halls, comme les petites femmes sont déshabillées d'une façon excitante... môme les honnêtes femmes ont des dessous, vous savez, comme de la crème blanche, bleue, verte, rose, vous savez, et couleur de la chair... Ach! tout est ici tellement gracieux et cochon !
ANDRÉE
Oh! Monsieur, quel vilain mot!
LLRDAU
Comment faut-il dire?
ANDRÉE
Je ne sais pas, moi : on dit suggestif, pervers.
LLRDAU
Mais c'est la même chose?
ANDRÉE
Oui, oui...
Ll'RDAU
Mais il faut que vous veniez à Copenhague... je vous ferai connaître mon neveu, Erick Lurtlau... il voudra faire votre portrait : c'est le plus grand peintre de la Scandinavie.
JUDITH
A propos de portrait, il faut que je vous montre quelque chose d'admirable; ce sont des por- Iraits de femmes, une série de douze eaux-fortes de William Dorth qu'il vient de m'envoyer. Vous connaissez William Dorth?
LL'RD.Vl
Non.
IUDÏTH
Comment! vous ne connaissez pas William Dorth ? C'est le plus grand peintre de l'Angleterre. i^EIIe amène le Docteur, Pauline et Andrée auprès d'un grand carton, posé sur une petite table. En passant près .hi groupe des hommes, elle leur dit : Venez donc Voir
de belles choses, au lieu de dire sans doute des bêtises.
Moissac, Vowenberg, Afkler se groupent autour du carton. Michel et Trévières ne les suivent pas.
TRÉVIÈRES
'Monsieur Aubier, j'ai un service à vous demander.
MICHEL
De quoi s'agit-il, mon petit Trévières?
TRÉV1ÈRES
Vous connaissez Sagelier?
MICHEL
Oui.
TRÉVIÈRES
Vous savez qu'il fait partie de la nouvelle combinaison ministérielle?
MICHEL
Oui, oui, je sais, et alors?
TRÉVIÈRES
Alors, s'il est nommé, et il le sera, je désirerais être attaché à son cabinet. En quels termes ètesvous avec lui?
MICHEL
En très bons termes.
TRÉVIÈRES
Vous le voyez toujours ?
MICHEL
Je le vois assez souvent.
TRÉVIÈRES
Votre recommandation auprès de lui serait très efficace.
MICHEL
Dame, je pense. J'étais au lycée avec lui, nous étions étudiants ensemble, nous sommes demeurés amis. Il y a entre nous des souvenirs certainement plus forts que nos divergences politiques.
TRÉVIÈRES
Alors, vous voudrez bien lui parler?
MICHEL
Comptez sur moi. Mais pourquoi voulez-vous être attaché au cabinet de Sagelier?
TRÉVIÈRES
Je vais vous expliquer. J'ai vingt-cinq ans...
MICHEL
Et vous ne voulez pas mourir encore
TRÉVIÈRES
Non... je suis arrivé à un tournant de ma vie, et...
(Ils continuent de causer.) JUDITH
N'est-ce pas que c'est admirable !
(L'oncle Emile [qui lisait VOréopanax se mêle au groupe, autour des eaux-fortes.)
l'oncle émile Qu'y a-t-il de si admirable?
JUDITH
Ces eaux-fortes de William Dorth... ce sont des merveilles...
ANDRÉE, lui passant une des eaux-fortes. Tiens, voilà le portrait de Judith.
l'oncle émile, à Judith.
Ça a la prétention d'être vous, ça?
JUDITH
Oui, c'est moi.
l'oncle émile Je ne vous eusse pas reconnue.
JUWTH
Ce n'est pas une photographie... ce n'est pas même, à proprement parler, un portrait, c'est îmo interprétation.
l'oncle émile Il vous a interprétée là comme une noyée
JUDITH
Vous n'y entendez rien.
l'oncle émile Sérieusement, vous trouvez ça bien?
JUDITH
Je vous dis, admirable !
AIKLEH
C*es1 bien vous, au contiaire... la sinuosité de la bouche., le mystère du regard
PAULINE
Oui, et je ne sais quoi d'infini qui circule à travers l'absolu.
MOISSAC
C'est curieux, j'allais le dire.
PAULINE
El puis, je trouve que William Dorth a une vision tellement spéciale... ce qu'il fait esl d'une synthèse si définitive... Ali! c'est d'un art si inquiétant.
l'oncle émile
Inquiétant pour lui.
JUDITH
Vous, d'abord, on ne vous parle pas.
ANDRÉE
J'avoue que si je devais faire faire mon portrait, ce n'est pas Dorth que je choisirais.
JUDITH
l'ourlant, Andrée, il vous trouve très bien; il m'a même dit qu'il ferait volontiers quelque chose avec vous.
ANDRÉE
Vous m'effrayez!
Oh! avec William Dorth, vous ne coure/ aucun danger : il caresse des pots et ça lui suffit.
l'oncle émile Comment! des pots?
JUDITH
Oui, il parait que les grès, les faïences, les porcelaines, leurs contours, leur poli, leur fraîcheur, leur grain, tout ça lui procure des sensations particulières.
l'oncle émile
Il est complet, votre William Dorth! Encore un élève de l'école anormale !
JUDITH
Quel mal fait-il? Il a bien raison si ça l'amuse. Il augmente Je champ de ses sensations, voilà tout. Moi. je l'envie.
A< ri. [II, SCENE I 183
l'oncle émile
Taisez-vous donc! Savez-vous à quoi l'on en
arrive, avec ces théories-là?
JUDITH
Non, mais je vais le savoir dans un instant,
l'oncle émile
Eh! bien, on en arrive à excuser le monsieur qui plante des aiguilles dans la gorge de ses petites amies.
Oh! l'espiègle!
l'oncle émile
Celui-là aussi augmente le champ de ses sensations.
MOISSAC, fredonnant.
Cours, mon aiguille, dans ta gorge...
JUDITH
Ah! non, vous savez, les aiguilles, très peu pour moi!
l'oncle émile
Vous voyez bien!... Non, ces gens-là, on devrait les condamner.
JUDITH
Ha! ha! les condamner! Alors, vous condamneriez William Dorth pour détournement de potiches?
l'oncle émile
En tous cas, je commencerais par l'enfermer et par Je doucher, ^u s'adresse à Pauline.) Voyons, Madame, n'ai-je pas raison?
PAULINE
Oh! Monsieur, pour ces choses-là, moi je trouve que chacun est libre de faire ce qu'il veut.
l'oncle Emile
Ah! alors, c'est différent. Après l'amour libre, le vice libre, le crime libre, même, au besoin; tout ça, c'est dans le même désordre d'idées.
JUDITH
Emile, vous vous emballf/ !
L'ONCLE EMILE
Je ne m'emballe pas; mais c'est égal, caresser des pots quand il y a les femmes, quand il y a les femmes!
ANDRÉE
Le fait est que je me demande quel plaisir on peut avoir avec des pots.
l'oncle émile
Après tout, j'en ai eu quelquefois avec des cruches.
(Il va rejoindre Michel et Trévières, en haussant les épaules et en grommelant.
JUDITH, quand il s'est un peu éloigné.
Quelle vieille bète !
MOISSAC
11 a raison, il dit ce qu'il pense.
JUDITH
Mais il ne pense pas.
MOISSAC
Alors, c'est comme s'il ne disait rien.
JUDITH
Imaginez-vous, il m'a lu l'autre jour un drame on vers, un drame historique, c'est idiot... c'est au-dessous de tout. Et puis il me déplait, avec son insupportable manie de faire des à-peu-près. D'abord, quand il sort de table, il est toujours congestionné... il boit trop de vin... je le déteste.
MOISSAC
11 ne faut pas le détester : il fait des à-peuprès, il écrit des drames historiques, il aime le vin, il ne trouve rien de plus beau que les femmes, tout ça constitue un ensemble.
JDD1TH
D'abord, c'est un raté, moi, j'aime qu'on
réussisse.
MOISSAC
C'est tout de même un type, croyez-moi,
(Uq si'ence.) VOWENBERG
.Judith, pourrais-je vous dire un mol?
.11 IDl III
Mais, certainement.
On -'éloigne discrètement. On les laisse seuls.) VOWESBERG
Vous savez qu'un nouveau ministère est entrain de se former et que Sagelier en fera certainement partie?
JUDITH
( lui... Eh ! bien?
VOWENBERG
Je voudrais être attaché au cabinet de Sagelier. Vous verrez Lazare Hœndelssohn, aujourd'hui?
JUDITH
11 doit venir me voir à quatre heures.
VOWENIUlRG
Alors, parlez-lui sérieusement, parlez-lui... il faut absolument que ça se fasse... Je n'ai pas besoin de vous dire pourquoi. Sagelier n'a rien à refuser à Hœndelssohn et, s'il marche à fond .
JUDITH
Soyez tranquille, il marchera.
VOWENBErtG
Avec l'appui de Hœndelssohn, je suis tranquille... Michel jette de noire côté des regards inquiets... il est persuadé que je vous fais la cour. D'abord, je ne vous ai jamais fait la cour.
JUDITH
Tous avez de l'aplomb.
VOWENBERG
Je veux dire que je n'ai jamais enguirlandé de périphrases surannées le grand désir que j'ai de votre chère petite personne.
JUDITH
C'est une justice à vous rendre, vous m'avez toujours parlé avec la dernière brutalité.
VOWENBERG
Et vous, vous m'avez toujours repoussé avec la dernière cruauté. Oh ! je sais bien qui vous aimez.
JUDITH
Je serais curieuse de l'apprendre.
VOWENBERG
Vous aimez Lazare Hœndelssohn.
JUDITH, riant.
Ah! ah! ah!
VOWENBERG
Vous n'avez pas du tout envie de rire. Lazare est votre flirt, votre love; je ne dis pas que vous soyez sa maîtresse...
JUDITH
C'est heureux.
VOWENBERG
Pas encore, mais vous le serez.
Jacques, je devrais vous mettre à la porte, pour vous apprendre à me parler comme vous le faites; mais j'aime mieux m'amuser de votre grossièreté que de m'en offenser.
VOWENBERG, galamment.
Vous adorez ma grossièreté, elle vous râpe lame.
JUDITH
C'est vrai, comme une mauvaise eau-de-vie râpe le gosier.
VOWENBERG
Alors, je continue : le jour où vous serez la maîtresse de Lazare, je souffrirai beaucoup.
JUDITH
Vous?
Elle rit.)
VOWENBERG
Oui, moi... je ragerai certainement; mais j'aurai la satisfaction de savoir que Michel est cocu.
JUDITH, le coupant.
Voulez-vous vous taire... J'ai horreurqu'on dise de ces mots-là... vraiment, vous avez un cœur charmant.
VOWENBERG
Michel me déteste... il ne peut pas me sentir.