MU BEL
Vous oubliez, Vowenberg, que j'ai un frère qui l'ait précisément son métier d'être militaire
VOWENBERG
Non, non. je ne l'oublie pas. et je répèle...
MICHEL, très calme.
Monsieur Vowenberg, vous ne répéterez rii-n
du tout... et je vous prie de prendre la porte..
JUDITH
Tu es fou !
VOWENBERG
C'est sérieux?
MICHEL
Tout ce qu'il y a de plus sérieux.
VOWENBERG
Alors, il n'est plus permis de discuter?
MICHEL
Il est permis de discuter courtoisement... Allons! Vous n'avez pas entendu?
Il s'avance vers lui.
VOWENBERG
Ne me touchez pas!
MICHEL
Alors, allez vous-en.
VOWENBERG
C'est plaisir devenir déjeuner chez vous, vous avez une façon de comprendre l'hospitalité!.,.
MICHEL
Je ne vous reproche pas les plats qu'on vous a servis, seulement, je vous reproche de mettre les pieds dedans.
VOWENBKRi'.
Ça ne se passera pas comme ça, je vous en réponds... celte affaire aura des suites.
MICHEL
Une affaire a toujours des suites.
VOWENRERG
Vous êtes trop spirituel... Vous savez qu'on en meurt?
MICHEL
C'est une belle mort!...
VOWENBERG, tendant la main à Judith.
Au revoir!
JUDITH
Je vous accompagne...
Reste là, je te prie.
JUDITH
Mais...
MICHEL
Reste là ! (Vowenberg se dirige vers la porte, après avoir dit au revoir à Pauline Afkler et à Moissac.)
(Un silence, un grand silence. Judith va ouvrir. avi-c une nerveuse tranquillité, le piano et joue vaguement.)
MOISSAC
Vous avez eu tort, Aubier... il ne faut pas prendre au tragique ce que dit Yowenberg...
l'oncle émile Il s'exprime avec une telle violence!...
MOISSAC
Oui, je sais bien, il a un langage un peu apocalyptique et qui surprend dans la bouche d'un jeune noceur... C'est le prophète de chez Maxim's !...
TREV1ÈRES
Au revoir, mon cher Monsieur Aubier. Si vous avez besoin de moi, je suis à votre disposition.
Je vous remercie.
MOISSAC
Je descends avec vous, Trévières.
Us vont dire au revoir à Judith.;
JUDITH, s'interrompant déjouer.
Vous vous en allez?
MOISSAC
Sans doute, puisque Yowcnberg a donné le signal du départ.
Trévières et Moissac sont sortis. Judith s'est remise à jouer du piano.)
MICHEL, au docteur Lurd.ui.
Je vous demande pardon, Monsieur, de vous avoir rendu témoin de cette scène un peu vive...
LURDAU
Je suis enchanté, au contraire, c'est si intcrossant !...
l'oncle émile
Oui, voilà un document pour votre psychologie des peuples.
LURDAU
Je regrette seulement d'avoir été la cause involontaire, le point de départ, à ainsi dire, d'une discussion qui a tourné au véritable drame.
Ne regrettez rien, au contraire, vous m'avez rendu un grand service.
[Poignées de mains. Lurdau sort, après avoir dit adieu à Judith.
ANDRÉE
Je m'en vais aussi, Judith... mes affaires sont dans votre chambre, je crois?
JUDITH
Oui. Je vais avec vous.
Elle se lève et sort avec Andrée. H ne reste plus que l'oncle Emile et Michel.)