‹ Le retour de Jérusalem; comédie en quatre actesChapitre 46 sur 58 · MU BEL · texte numérisé non relu

MU BEL

Vous oubliez, Vowenberg, que j'ai un frère qui l'ait précisément son métier d'être militaire

VOWENBERG

Non, non. je ne l'oublie pas. et je répèle...

MICHEL, très calme.

Monsieur Vowenberg, vous ne répéterez rii-n

du tout... et je vous prie de prendre la porte..

JUDITH

Tu es fou !

VOWENBERG

C'est sérieux?

MICHEL

Tout ce qu'il y a de plus sérieux.

VOWENBERG

Alors, il n'est plus permis de discuter?

MICHEL

Il est permis de discuter courtoisement... Allons! Vous n'avez pas entendu?

Il s'avance vers lui.

VOWENBERG

Ne me touchez pas!

MICHEL

Alors, allez vous-en.

VOWENBERG

C'est plaisir devenir déjeuner chez vous, vous avez une façon de comprendre l'hospitalité!.,.

MICHEL

Je ne vous reproche pas les plats qu'on vous a servis, seulement, je vous reproche de mettre les pieds dedans.

VOWENBKRi'.

Ça ne se passera pas comme ça, je vous en réponds... celte affaire aura des suites.

MICHEL

Une affaire a toujours des suites.

VOWENRERG

Vous êtes trop spirituel... Vous savez qu'on en meurt?

MICHEL

C'est une belle mort!...

VOWENBERG, tendant la main à Judith.

Au revoir!

JUDITH

Je vous accompagne...

Reste là, je te prie.

JUDITH

Mais...

MICHEL

Reste là ! (Vowenberg se dirige vers la porte, après avoir dit au revoir à Pauline Afkler et à Moissac.)

(Un silence, un grand silence. Judith va ouvrir. avi-c une nerveuse tranquillité, le piano et joue vaguement.)

MOISSAC

Vous avez eu tort, Aubier... il ne faut pas prendre au tragique ce que dit Yowenberg...

l'oncle émile Il s'exprime avec une telle violence!...

MOISSAC

Oui, je sais bien, il a un langage un peu apocalyptique et qui surprend dans la bouche d'un jeune noceur... C'est le prophète de chez Maxim's !...

TREV1ÈRES

Au revoir, mon cher Monsieur Aubier. Si vous avez besoin de moi, je suis à votre disposition.

Je vous remercie.

MOISSAC

Je descends avec vous, Trévières.

Us vont dire au revoir à Judith.;

JUDITH, s'interrompant déjouer.

Vous vous en allez?

MOISSAC

Sans doute, puisque Yowcnberg a donné le signal du départ.

Trévières et Moissac sont sortis. Judith s'est remise à jouer du piano.)

MICHEL, au docteur Lurd.ui.

Je vous demande pardon, Monsieur, de vous avoir rendu témoin de cette scène un peu vive...

LURDAU

Je suis enchanté, au contraire, c'est si intcrossant !...

l'oncle émile

Oui, voilà un document pour votre psychologie des peuples.

LURDAU

Je regrette seulement d'avoir été la cause involontaire, le point de départ, à ainsi dire, d'une discussion qui a tourné au véritable drame.

Ne regrettez rien, au contraire, vous m'avez rendu un grand service.

[Poignées de mains. Lurdau sort, après avoir dit adieu à Judith.

ANDRÉE

Je m'en vais aussi, Judith... mes affaires sont dans votre chambre, je crois?

JUDITH

Oui. Je vais avec vous.

Elle se lève et sort avec Andrée. H ne reste plus que l'oncle Emile et Michel.)

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