‹ Le retour de l'empereurChapitre 22 sur 30 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

I. — Débarquemeat près d'Antlbes de la petite troupe de Napoléon. — La soupe mangée, les armes fourbies, elle se met en marche avec l'Empereur. — On ne s'arrête ni à Cannes, ni à Grasse; tout le monde campe en dehors de cette dernière ville. — Les paysans et le peuple, maintes fois trompés sur le retour de Napoléon de l'tle d'Elbe, prennent pour des pirates débarqués, dans l'intention d'un pillage, la petite colonne des grenadiers. — De Qrasse, l'Empereur se dirige vers Digne, par des chemins montagneux. — Difficultés du passage. — Cependant, le 3 mars. Napoléon et ses soldats entrent dans Castellane où il trouve à sa disposition les rations commandées par Cambronne, chef de son avant-garde. — Le 5 mars, il est à Sisteron ;le 6 mars, la colonne impériale se trouve à Corps, à quelques lieues de Grenoble. — A partir de Corps, les paysans rassurés, descendus de leurs montagnes, lui font escorte le long du chemin.

— Aux lacs de Laffrey. prés d'un défilé. Napoléon s'arrête, prévenu par Drouôt qu'un bataillon du 5* de ligne, parti de Grenoble, se trouve posté, sous le commandement d'officiers hostiles, afin d'arrêter sa marche en avant. — Devant le bataillon. Napoléon descend de cheval et offre sa poitrine découverte aux balles des soldats. *- Ceux-ci, impressionnés, bouleversés par tant de courage, crient : Vice F Empereur/ et viennent fraterniser avec les grenadiers de l'Empereur. Ils demandent même, comme un honneur, de former l'avant-garde de la petite armée, qui se met en marche sur Grenoble.

IL — Sourde agitation à Grenoble produite par la nouvelle de son débarquement.

— Le général Marchand, qui commande à Grenoble, le préfet mathématicien Fourrier, tentent vainement d'animer la garnison en faveur du roi. — Les soldats, ainsi que la population, sont disposés à bien accueillir l'Empereur. — Les canonniers, sur les remparts, répondent à l'enthousiasme du peuple. — Les portes de la ville sont fermées ; les clefs ont été remises au générai Marchand qui les a emportées. — Les portes sont enfoncées à coups de madriers énormes par des ouvriers. — L'Empereur entre en ville au milieu d'une foule en délire. — Le général et le préfet ont abandonné leur poste. — Napoléon s'installe à l'hôtel des Trou Dauphins, tenu par un de ses anciens guides. — Fatigué, ainsi que ses soldats, de sa course précipitée depuis sept jours (on était au 7 mars), il ajourne son départ pour Lyon. — Le lendemain de son arrivée, il passe la revue des troupes de la garnison. — Le comte d'Artois, le duc d'Orléans, qui étaient accourus à Lyon pour organiser la résistance contre Napoléon, apprenant son entrée à Grenoble s'empressent de fuir sur la route de Moulins. — Les Lyonnais s'opposent à la destruction des ponts» résolue par les royalistes. — L'Empereur arrive à Lyon, le soir et, comme à Grenoble, il y est reçu par la foule enthousiaste de son retour. — Il s'installe à l'arche-

. vêché. — Il fait halte à Lyon, comme à Grenoble, et y publie les décrets pour abolir la monarchie, pour anéantir tout ce qui a été fait par les Bourbons et reconstituer l'Empire.

III. — Mensonges du gouvernement de Paris contre Napoléon. — Diffusion des proclamations apportées de l'Ile d'Elbe dans toutes les villes de France. — Sentiments du peuple, sentiments de la bourgeoisie à l'égard de l'Empereur.

— Visite de Villemain à Fontanes, l'ancien grand maître de l'Université. — Paris et la province. — Ce qu'il faudrait à l'Empereur pour assurer son triomphe définitif. — Au milieu de la joie universelle, il constate combien il est isolé dans la nation, dont les idées sont bien modifiées depuis un an. — Le 13 mars, il fait ses adieux aux Lyonnais.

IV. — L'Empereur quitte Lyon après son déjeuner, traverse Villefranche où l'attendent soixante mille paysans. — A son arrivée à Mâcon, les habitants se pressent en foule à sa rencontre. — Mot de l'Empereur sur le comte Ger*

main, préfet de Chalon. — Ijes ministres du Roi, constatant la dévorante rapidité de la marche de Napoléon, se résignent à avertir la population de Paris du danger qui la menace. — En même temps, ils font propager par les Journaux royalistes les bruits les plus extraordinaires sur le peu de succès de l'entreprise deV aventurier. — Le gouvernement, ensuite» croyant à la connivence du maréchal Soult, dans la débandade des régiments, envoyés dans le midi de la France, et enrôlés sous la bannière de l'Empereur, force le Roi à enlever à Soult le portefeuille de la Guerre. — D*André, le préfet de police est destitué, remplacé par Bourrienne. — Liste des suspects à arrêter, au nombre desquels se trouve Fouché, qui échappe aux agents venus chez lui — Le duc de Bourbon part pour la Vendée: le duc d*Angoulême pour le Midi ; le duc de Berry visite les casernes. •— Réponses des ouvriers aux beaux messieurs, entrés dans les guinguettes, pour les convertir, ainsi que les soldats qui fraternisent avec les ouvriers. — Chanson des cantinières; chansons des rues. — Un article da Nain Jaune. — Napoléon avance, dans sa marche vers Fontainebleau ; le 17 mars, il déjeune à Vermenton et va coucher à Auxerre.

V. — La conversion du maréchal Ney. — Les causes de sa volte-face. — Entrevue de Napoléon et de Ney à Auxerre. — Le 19 mars. Napoléon part d* Auxerre. — Le 20 mars, de bonne heure, il arrive à Fontainebleau. — Ses impressions ressenties en entrant dans le palais. — Généraux et personnages venus à sa rencontre. — Montholon.

VI. — Aspect des Tuileries, le matin du 20 mars. — Officiers à demi-solde et partisans de TEmpereur réunis au Garroussel, dans Tattente de TËmpereur. — Les principaux personnages de TEmpire se retrouvent le soir dans les grands salons des Tuileries; grands dignitaires et valets sont à leur poste. —-Arrivée de l'Empereur. — Ecrasement, bousculade de ses partisans, autour de ses voitures. — Il est porté à bras jusque dans ses appartements. — Paroles et gestes de La Valette. — Premiers actes de l'Empereur après son installation dans son cabinet 146

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