CHAPITRE IX
I. — Craintes de Fouché entendant les acclamations du peuple» en faveur de Napoléon. — Il n'a qu'un désir, faire partir de Paris TEmpereur, le séparer de son armée. — Il lui demande une audience, dans Tespérance de le convaincre qu*il doit quitter Paris. — Entrevue de Napoléon et de Foucbé. — Employant tous les moyens, Fouché fait agir, en vue du départ désiré, les amis et les familiers de l'Empereur. — Celui-ci se résigne à s*aller reposer à la Malmaison. — La reine Hortense avertie l'y reçoit. — Aussitôt Fouché, comme président de la commission, force le ministre Davout à envoyer le général Becker pour surveiller à la Malmaison les actions de Napoléon. — Le général Becker se présente comme commandant du bataillon posté à la Malmaison pour la sûreté de l'Empereur. — Mais Napoléon discerne tout de suite le rôle imposé au général Becker. — Il s'en explique avec lui et l'accueille, néanmoins, cordialement. — Conversations avec le général Becker. avec Rovigo. — Ses amis, ses conseillers le poussent à se rendre aux Etats- Unis. — Le général Exelmans lui envoie son aide de camp l'invitant à venir prendre le commandement de sa division, et de s'emparer de la dictature. — L'Empereur refuse, redoutant le déchaînement de la guerre civile.
II. — Visites que Napoléon reçoit à la Malmaison. — Deux généraux, Chartron et Pire, viennent lui demander de l'argent, qu'il leur fait donner. — Conversations avec Fleury de Chaboulon, avec Maret, duc de Bassano. — II avoue à Maret qu'il n'a point abandonné la pensée de reprendre son abdication. — Sa résolution de s'installer aux Etats-Unis d'Amérique. — II envoie demander à Paris un sauf-conduit afin de s'embarquer à Rochefort sur des frégates mises à sa disposition. — Apprêts de son départ.
III. — Les sauf-conduits demandés ne lui étant point envoyés. Napoléon envoie un de ses aides de camp déclarer à la commission executive de Paris qu'il ne partirait point de la Malmaison, tant qu'il ne les aurait pas reçus. — Fouché, dans ce retard, mettait une intention méchante. — Les Prussiens avançant toujours, et pouvant s'emparer de la personne de l'Empereur, ce qui aurait provoqué à Paris une révolution implacable de la part du peuple exaspéré, Fouché fait remettre à Napoléon deux passeports, où l'Empereur est désigné comme le secrétaire du général Becker. — Chagrin de Becker pour cette avanie faite à Napoléon, qui en rit. — A ce moment. Napoléon est averti de la position très compromise devant Paris des armées alliées. — Il envoie Becker demander à la commission executive de Paris de le laisser reprendre, comme général, le commandement de l'armée, se faisant fort d'infliger aux ennemis une défaite, qui délivrerait la France et lui rendrait la sécurité. — La commission s'y refuse. — Alors, plein d'amertume, il annonce qu'il va quitter, le soir même, la Malmaison. — Ses adieux à la reine Hortense, à sa mère, et se jetant dans la voiture de Bertrand, il part pour Rochefort 363