AULT
| j'ai hadelle re-
changé
, 4 … L a0- Æ ni ma fille ni moi n’avons eu l'intention. t qu'aux *
ur...et.…. 1
instant, | si je juge !
U bliées—Comment! mais vous 4 autres ! Pourquoi cela ?
de moi d’après toi, mon pauvre Jolin, il n'est pas étonnant que tu ne me reconnaisses pas. Tu parais aussi vieux que le brahmine Abdallah que je rencontrai sur les bords du Gange, pêchant des crocodiles à la ligne, et Abdallah avait cent deux ans.
JOLIN.—Mc sieur.
AUGUSTE, saisissant le bras de Jolin d'une main,
let de l'autre élevant la lampe au niveau de son vi- { sage—Tu ne me reconnais pas, et cependant tu
trembles. Regarde-moi bien, Antoine-Pierre Jolin,
4 ancien commis de la maison DesRivières et compa- 4 gnie, à Québec ; regarde-moi d'aussi près que tu vou-
dras ; j'ai été rudemént secoué par la destinée, sur
4 terre et sur mer, mais je suis toujours.
JOLIN.—Oseriez-vous encore porter votre nom
: dans ce pays où il est déshonoré, flétri ?..
AUGUSTE.—Pourquoi pas? Le temps efface bien
4 des choses. Une seule personne aursit eu le droit de
me maudire, mais j'ai appris à mon arrivée que cette personne avait disparu depuis longtemps. Mais lais-
« sons cela; tu me connais, Jolin, et tu sais ce qui # m'amène ici. Fais-moi donc servir à souper, car je « suis las, et l’absinthe que j'ai bue à l’auberge là-bas { m'a mis en appétit. ( L se jelle sur un siège el allonge “ ses jambes à la facon américaine. )
JOLIN, apercevant les dames, qu'il avail outes encore |à, vous
Mne SAINT-VALLIER.—Mon cher monsieur Jolin,
JOLIN.—Laissez-nous ! FT
AUGUSTE. — Comment cela, vieil égoïste? me prends-tu pour un sauvage ? Tu apprendras que j'ai vu des dames jaunes en Chine, Ges dames vertes à
nan css
Java, des noires en Afrique, des rouges dans les # pleines de l'Ouest, des blanches partout, et l'on ne k m’ä jamais reproché d'avoir manqué d’égards envers
le sexe, quelle que fût sa couleur. Permets donc à 4
ces dames de m'honorer de leur compagnie...
JOLIN, à part.—Pour parler avec cette assurance, | il faut qu'il soit bien sûr de ses droits. Allons, je ne # puis tarder d’avantage à le reconnaitre. Résignons- «
nous. ( S’adressant aux dames.) Mes chères amies, ce qui se passe doit vous paraitre extraordinaire ;
mais vous vous expliquerez mon trouble et ma brusquerie involontaire lorsque vous saurez que la per- %
sonne qui nous arrive n’est autre que M. Auguste
DesRivières, mon ancien maitre, qui a quitté le Ca-
nada, il y a vingt-deux ans.
Mr SAINT-VALLIER.—M. DesRivières! Oh!
mais c’est une histoire dont j'ai beaucoup entendu #% parler; elle fit grand bruit à l’époque de mon ma- 4 riage. M. DesRivières eut, je crois, le malheur de #
tuer.
madame ; regret et malheur de toute ma vie.
Mae SAINT-VALLIER.—La pauvre jeune femme %
n'y a pas survécu, parait-il.
AUGUSTE.—Hélas .. (A Jolin.) Mais je t'avais M
demandé à souper ce me semble, Jolin!
JOLIN, à Thibeault.—Eh bien, grand imbécile, 4 qu'est-ce que tu fais-là ? N’as-tu pas entendu que M. DesRivières voulait souper ? Va chercher ce qu'il ya * de meilleur à la cuisine. Mme Saint-Vallier voudra # bien t'aider un peu dans cette besogne, n'est-ce pas, 4
chère amie ?
Mme SAIN''-VALLIER-Sans doute, monsieur , Jolin; je ne suis pas rancunière ;:et du reste je con- «
AUGUSTE.--Le frère de celle qu’il aimait; on!, L
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“nais la cause première de votre mauvaise humeur. 4( Elle jelte un regard de colère à sa fille.)
(Jolin va donner quelques ordres à voix basse à Thibeault qui sort; Auguste s’est approché de Blanche. )
AUGUSTE, bas à Blanche—Mademoiselle, ayez ‘bon courage; je suis l'ami d’Adrien.… nous veille- “rons sur vous.
BLANCHE.—Ah! merci! merci, monsieur! Vous lave” vu? Vous lui avez parlé ?
% AUGUSTE.—Chut! (Revenant s'asseoir.) Eh bien, “oui, ma foi! Voilà comme va le monde! Etrange “chose que la destinée. C’est aujourd’hui le 25 juin. 411 y a un ans, jour pour jour, j'engloutissais dans fun naufrage une fortune colossale, et j'étais jeté, seul, “ruiné, presque nu, tout sanglant et à demi mort sur “l’une des îles de la Sonde, dans la mer australe. J’é-
SE a “tais loin de m'attendre à célébrer cet anniversaire 1, en ta compagnie, mon vieuxdolin.
(Thibeault entre avec un plateau sur lequel il y a quelques
4 mets que Mme Saint-Vallier s’empresse de disposer sur la table, ï pendant qu’Auguste s'approche, et se met à manger.)
Mme SAINT-VALLIER.-—Vous avez eu bien des
{ aventures, M. DesRivières ?
AUGUSTE.—Ah! madame, on ne passe pas vingt-
e t'avais + deux ans de sa vie à parcourir les mers les plus in- + connues, les pays les plus inexplorés, sans amasser un certain recueil de ce que vous appelez des aven-
“ tures. i
Mme SAINT-VALLIER.—Vous avez même couru
L de grands dangers, probablement ?
* voudra #
{-ce pas,
AUGUSTE.—-La mort est une coquette, madame ;
+ elle ne veut pas de ceux qui la cherchent. Et après 4 tout ce qui m'est arrivé sur terre et sur mer, quand je nonsieur « e je con- «
me retrouve aujourd’hui soupant tranquillement sous le toit de mes ancêtres, je me demande si je n’ai
cut DE
pas été l’objet d’une protection toute particulière de 4
la part de la providence.
BLANCHE, à part.—Il a dit qu'il l'avait vu, qu’il 1 était son ami. C’est sans doute un protecteur que!
le ciel m'envoie... O Adrien !.….
AUGUSTE.—Du reste, si la chose vous amuse, % vous ne me trouverez pas chiche de mes histoires, #
Madame ; soyez tranquille.
Mve SAINT-VALLIER.—Vous êtes bien aimable : 4 il me tarde de vous entendre nous raconter tout cela. *# Mais il commence à se faire tard, et pour ne pas * vous gêner plus longtemps, vous me permettrez de %
me retirer avec ma fille. n’est-ce pas ?
AUGUSTE.—Je suis votre serviteur, madame. ( /! 4 reconduil les dames jusqu’à la porle, et revient se met- 4
tre à lable.) SCÈNE IV AUGUSTE, JOLIN.
JOLIN, à part.—Tenons-nous bien.
AUGUSTE.—Eh bien, mon vieux Jolin, à nous deux maintenant! Veux-tu ?
JOLIN.—D'après ce que je vois, vous revenez
vous établir dans le pays ?
AUGUSTE.—Oui !
JOLIN.-—-Le retour de l’enfant prodigue.
AUGUSTE. -— L'enfant prodigue ? Mais tu sais
bien, vieux Jolin, que je n’ai pu comme lui dissiper mon héritage.
JOLIN.--Sans doute, car vous n'aviez pu l’emporter. |
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culière de | AUGUSTE —Tu feins de ne pas me comprendre. Ju dois bien penser cependant que mon intention, vu, qu’i y @n remettant les pieds ici, est de revendiquer le décteur que ot que je t'ai confié en partant. C’est l'héritage de on père, et après tant de revers, je ne serai pas fâché d’en jouir en paix.
s à 1 histoires M à Be. —Mais, au moment de votre départ, vous
’avez cédé vos biens, par actes réguliers.
aimable : | AUGUSTE.—Ah! très bien; mais tu oublies que tout cela pette vente était purement fictive, maitre J olin ; car r ne pa Au m'avais signé toi-même à l'avance une déclaration ettrez de Mui l’annulait. Cette déclaration, cette contre-lettre, ‘comme on appelle les actes de ce genre, te constitu- | ait seulement dépositaire de ma fortune; tu étais |! ame. ( Z; obligé de tout me restituer à ma première demande.
nl se met- | Pr et cette. contre-lettre… n'existe “plus. sans doute.
? AUGUSTE.—Eh bien, quand cela serait, la perte “de cet acte serait-elle une raison pour un ancien ser- “viteur de ma famille de retenir ce qui m’appartient
“légitimement ?
JOLIN, se levant brusquement.—La contre-lettre à nous “est perdue Ah! je le savais bien, moi, il ne faut © jamais s’abandonner au désespoir !
revenez | AUGUSTE, se levant de lable.—Jolin, je ne veux à pas croire encore aux soupçons que tes paroles ten- À Graient à à m'inspirer. Il m'en coûterait trop de te re-
{ garder comme un fripon.
JOLIN.—Ah! ah! ah! La bonne histoire, ce
tu sais | + pauvre garçon revient tel qu’il est parti... ah! ah ah!
tad! C’est toujours le même écervelé que son père lui- à , cesber | | même avait surnommé La Bourasque. Ah! oui, La Dour 4 Bourasque ; pas de tête! pas de tête! Il vient récla-
u l’em- # mer cette fortune sans laquelle je ne pourrais plus | vivre, et il n’a pas le précieux papier pour m’obliger
sue DE sin
à cette restitution. Ii l’a perdu, le pauvre énfant.… & le pauvre niais… le rauvre fou! Il l’a perdu... ah! ah! ah! il l’a peruu!
AUGUSTE.—Comme tu vas vite en besogne, fa vieux Jolin! T'’ai-je dit que cet acte était perdu ?" Est-il si difficile de conserver une feuille de papier ?
JOLIN.—-Hein ! c'était donc une épreuve ?
AUGUSTE.--Peut-être. Dans tous les cas, cette # épreuve ne {l’a pas été favorable ; aussi je me mon- & trerai sévère envers un déloyal fondé de pouvoir ; tu peux 1’y attendre. (
JOLIN.—Non, non, c’est impossible, ce papier n’a # pu échapper à la destruction, à tous les naufrages * dont vous parliez tout à l'heure. Vous avez imaginé #4 quelque ruse pour me tromper. Mais j'ai l'œil ou- # vert. ;
AUGUSTE.—Jolin! Tu sens que l’âge a modifié mon tempérament; car tu sais bien qu’autrefois, # vieux coquin, je n’aurais pas souffert ces insolences sans te rompre les os... Mais causons tranquillement, * Me croyais-tu assez imprudent, malgré ma légèreté, pour ne pas laisser cette contre-lettre au Canada ?
JOLIN —Ce n’est pas probable, car j'aï pris les 1 informations les plus minutieuses.… à
AUGUSTE.—Dans mon intérêt, sans doute, vertueux Jolin. Eh bien, tiens, écoute; je vais te révéler certaines circonstances que tu me parais ignorer. En quittant Québec, après la mort de mon beaufrère, pour aller prendre part aux malhéureuses échauffourées de 1838, je devais assurer le sort de celle qui m'avait tout sacrifié. Le jour donc où je conclus avéc toi cette vente simulée de mes propriétés, je signai secrètement chez un autre notaire, un nouvel acte par lequel j'abandonnais à Berthe de Blavière, le revenu de tous les biens dont tu étais le
e énfant.…{( ‘a perdu... 4
. besogne, É it perdu ?"
è papier ?
cas, cette M > mme monvoir ; tu.
apier n’a haufrages «
IMmaginé
l’œil ou- 1
à modifié M autrefois, isolences “papiers existent, cela doit te suffire. Ils te seront montrés quand il sera temps.
illement, légèreté, nada ?
pris les
ate, verte révéignorer.
n beauureuses sort de C où je propriire, un the de étais le
tuer ?
positaire. À cette pièce je joignis la contre-lettre ec un testament. Je mis le tout sous cachet, et je. remis au notaire Dumont, en le chargeant de les. ire parvenir à Berthe.
4 JOLIN.—-IIs ne lui sont pas parvenus, car per- Sonne n’a jamais rien réclamé de moi en vertu de ges papiers.
« AUGUSTE.—Je le sais, et c’est ce qui me fait Croire, comme on me l’a assuré, que la malheureuse nfant, ne pouvant survivre à son chagrin, est allée Mourir obscurément quelque part aux Etats-Unis.
JOLIN.—Ainsi donc ces papiers sont restés entre es mains de Dumont ? Il n’a pourtant jamais voulu Æonvenir qu’il eût un dépot venant de vous.
AUGUSTE.-—C'était son devoir de notaire.
JOLIN.--Mais Dumont est mort, et son succeseur... |
AUGUSTE.-——A quoi bon ces explications? Les
JOLIN.—Mais.… mais... on vous les a donc
rendus ?
AUGUSTE.—Pouvait-on refuser de me les resti-
JOLIN.—Mais alors, vous les avez sur vous, vous
“pouvez...
4 AUGUSTE.— Curieux ! mais én voilà assez pour “ce soir. J’éprouve le besoin de prendre un peu de: repos. Fais tes réflexions, Jolin ; on dit que la nuit … porte conseil. Emploie-la bien, caro mio ; agis loya-
lément avec moi, et je ne te chicanerai pas trop sur
tes comptes. À tort ou à raison, tu es riche, très
riche, je le sais; même en me restituant ice qui! m'est