SCÈNE VIII LES PRECEDENTS, excepié Mn SAINT-VALLIER el BLANCHE
AUGUSTE.-—C'est inutile, mon pauvre garçon; vous n’obtiendrez rien de cette femme obstinée, à qui manquent également l'intelligence et le cœur. Il ne nous reste plus qu’à nous adresser à l’autorité...
JOLIN.—Oh! je ne vous crains plus; les circonstances ont changé. Voudrait-on croire que moi, homme riche et considéré, j'aie pu tendre un piège à un malheureux sans feu ni lieu qui est venu me demander l'hospitalité ? L'existence de ce fameux papier eût donné peut-être quelque autorité à une pareille assertion ; mais il n’existe pas, je prouverai qu'il n’a rap à existé... D'ailleurs qui êtes-vous pour inspirer de la confiance? Un dissipateur ruiné, condamné à mort, exilé, — avec la plus détestable des réputations. Kt ce jeune homme? Un sauteux d'’escalier qui s’est introduit la nuit par esealade dans une maison habitée. Tes beaux accusateurs! Oh! je me moque de votre colère, allez! Mais en voilà assez ; et puisque vous ne voulez pas partir de bonne volonté... (1! fait quelques pas du côlé de la maison.)
AUGUSTÉ.—Oui, hein? Eh bien, goddam ! Corpo di Baccho ! tron de l’air ! Crois-tu donc, vieux scélélat, que je me laisserai chasser ainsi par les épaules de cette maison qui m’appartient et où je suis né ? Tu vas m'en faire les honneurs jusqu’au bout, coquin ! à moi et à ce brave jeune homme! Oui, tu vas nous accompagner jusqu’à la porte du jardin, chapeau bas, et aussi poliment que si nous étions des commodores ou des nababs. { !! sort un pistolet el va le meltre sur la lempe de Jolin.)
JOLIN.—Monsieur, je ne consentirai jamais...
AUGUSTE.—Chapeau bas, drôle ! et marche à côté de nous avec déférence et respect ; ou sinon, je te le jure, je te briserai la tête comme je briserais une vieille calebasse pourrie !
(Jolin accompagne Auguste et Adrien jusqu’à la barrière, cha+ peau bas, et le pistolet d’Auguste à la hauteur de sa tempe; et au moment où ils dépassent la barrière la toile tombe.)