II. — Symptômes évolutifs
Sous cette épithète doivent être groupés les symptômes qui permettent de présumer soit un manque de stabilisation de la lésion, soit un défaut réel de tolérance de l'organisme à l’égard de la cardiopathie.
À ce point de vue l’attention du médecin doit se porter :
10 Sur les signes généraux. — Ge sont les plus discrets, les plus rares et les plus difficiles à dépister. On se méfiera néanmoins d’une fièvre modérée, d’un amaigrissement de la malade, de la perte des forces et de Pappétit.
20 Sur certains signes fonctionnels anormaux. — On a coutume de dire que la maladie mitrale est une affection embolisante, dyspnéisante et hémoptoïsante ; cette proposition est exacte et s’applique essentiellement à un rétrécissement mitral évolutif, à condition de faire des réserves sur l’origine parfois neurotonique d’une dyspnée d'effort.
ne
a) Le embolies de la grande Énelation ont pour point de départ un processus endocarditique auriculo-ventriculaire et sont la signature de la nature infectieuse de la maladie. ur : à
b) La dyspnée, quand elle est eee cardiaque légitime l'insuffisance ventriculaire.
) Quant aux hémoptysies, ainsi que l'ont montré Laugry «t Marcel Tomas, elles doivent être interprétées comme un symptôme de stase sanguine pulmonaire par ‘insuffisance -ventriculaire “ruche ou comme un signe d’artérite pulmonaire.
30 Sur les signes physiques. — Ils comprennent les modifications apportées à l’onomatopée de DuRoSsIEZz.
En premier lieu, l’apparition d’un souffle systolique prolongé, de la pointe, traduit l’adjonetion d’un processus d'insuffisance mitrale au processus de rétrécissement. La. constatation d’un souffle diastolique indique en général une propagation à la grande valve mitroaortique, plus rarement une extension de l’inflammation à l’ensemble des valvules sigmoïdes. |
Une mention spéciale doit être faite ensuite aux altérations du rythme qui ne sont pas toujours d’origine nerveuse, mais trahissent souvent, surtout quand elles sont progressives, une inflammation endo-myocardique localisée à l'oreillette. Les extrasystoles auriculaires ne tardent pas alors à se compliquer de crises de tachycardie. paroxystique, d’auricular flutter, de tachyarythmie paroxystique et enfin d’arythmie complète permanente traduisant la déchéance de la paroi de l'oreillette.
Citons enfin les grandes manifestations d’insuffisance
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ventriculaire gauché dont notre maître LauBRY a montré
la fréquence au cours du rétrécissement mitral. La patho-
génie en est complexe, mais ici encore, le rôle prinéipal est dévolu à l'inflammation du myocarde ventriculaire par le virus rhumatismal. Nous n’avons pas à décrire
‘ici les symptômes de cette forme d'insuffisance cardiaque,
nous nous bornons à signaler qu’elle entraîne dans la petite circulation des phénomènes de stase, de l’hypertension ét de l'artérite pulmonaire. Ces accidents de l'étape pulmonaire conduisent parfois les malades jusqu’au stade, d'insuffisance ventriculaire droite, éventualité très grave,
mais heureusement rare, même au cours du rétrécissement
mitral.
Étant donnée cette revision sous un jour nouveau des signes du rétrécissément mitral, il ést facile de remarquer que ceux qui indiquent une aggravation ou une évolution anormale de l’affection doivent retenir Pattention et
faire juger de l'influence nocive de l’état de gestation.
Mais, dès maintenant, une remarque s'impose : Dans cette appréciation, bien Souvent l'examen clinique seul est impuissant à préciser l’allure évolutive de l’endocardite et le degré exact de l'insuffisance cardiaque. Pour que le praticien puissé se rendre compte de l’état organique
de la malade confiée à ses soins, il devra contrôler constamment par la radiologie les résultats fournis par la
‘clinique. C’est dire l’importance capitale que tiendront
au cours de cet ouvrage les examens à l’écran.
Li h : Il, — Plan général de cet ouvrage.
Nous allons reprendre dans les chapitres suivants, en les appliquant aux divers stades de l’état puerpéral chaeun des points de l’étude générale que nous venons d’esquisser rapidement. :
| Nous étudierons ainsi :
49 Les modifications des symptômes 4 rétrécissement mitral au cours de la gestation.
20 L’œdème aigu du poumon que nous avons mentionné parmi les symptômes de la sténose mitrale et auquel nous | consacrons un chapitre spécial, étant données l’importance et la gravité de cet accident pendant la grossesse. .30 Les embolies de la grande circulation et les accidents résultant de l’extension endocardique de l'infection. | 490 Les accidents d’insuffisance auriculaire et ventriculaire gauches.
. 59 L’hypertension, l’artérite et les infections pulmonaires, ainsi que leur aboutissant : l'insuffisance ventricu- Jaire droite. L Ces .trois derniers chapitres comprennent l'étude du rétrécissement mitral évolutif pendant la grossesse. Nous ‘avons adopté cette classification qui respecte à peu près Pordre habituel d'apparition des divers accidents. 60 Les rétrécissements mitraux stabilisés.
Nous aborderons ensuite le pronostic et le traitement. On ne sera pas Surpris au cours de cet ouvrage de ne pas trouver de chapitre spécial consacré aux accidents gravido-
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cardiaques. Ce terme signifie : Accidents cardiaques causés par l’état de grossesse. Or notre but est précisément de montrer en quoi la gravidité imprime une allure spéciale à la cardiopathie : Dès que l’on constate au cours de la grossesse, une modification quelconque dans lPétat du cœur, ou même simplement dans les signes fonctionnels, les phénomènes observés sont toujours plus ou moins sous la dépendance de la gravidité. Aussi, à part certains rétrécissements mitraux stabilisés, les chapitres dont nous venons d'indiquer le plan, sont à notre avis, tous consacrés à l’étude des accidents gravido-cardiaques du
rétrécissement mitral.