‹ Le Rétrécissement Mitral: Dans Ses Rapports Avec L'État PuerpéralChapitre 9 sur 53 · LA CONCEPTION ACTUELLE DU RÉTRECISSEMENT MITRAL · texte numérisé non relu

LA CONCEPTION ACTUELLE DU RÉTRECISSEMENT MITRAL

Notre but n’est pas d'entreprendre dans ce chapitre -une étude complète du rétrécissement mitral qui sortirait du cadre de cet ouvrage, mais simplement de dégager les données cliniques et pathogéniques modernes que nous avons recueillies au contact’ de notre maître Laubry et qui sont exposées dans la thèse de notre ami Moussorr. Nous serons aussi brefs que possible et ne dirons que l’indispensable pour que le lecteur puisse suivre avec fruit l'étude que nous aborderons ensuite de l’influence réciproque de cette grave affection cardiaque et de la gestation.

La tendance ancienne était de considérer la sténose de l’orifice auriculo-ventriculaire gauche comme une lésion valvulaire immuable une fois constituée, indélébile et la plupart -du temps congénitale.

J. Séjourné

À l’inverse de cette conception, nous voyons au con:

traire dans le rétrécissement mitral le résultat de la localisation endocardique d’un virus inconnu qui est probable-

ment l’agent du rhumatisme articulaire aigu. I s’agit

vraisemblablement là d’une forme d'infection atténuée,

évoluant durant des années, avec parfois, mais non toujours, des périodes de rémission dites de «stabilisation »

de plus ou moins HE durée et, dans les cas heureux, définitives.

Nous reconnaissons au | rétréc issement mitral deux cit de symptômes :

{o Ceux de la sténose proprement nd seuls décrits dans les traités classiques : ils permettent de faire le diagnostic de la lésion.

20 Les signes dont l’apparition témoigne que le processus d'évolution de la sténose est toujours actif. Ce sont les plus importants, les seuls HhpHANS pour établir le

pronostic,

. — Symptômes de la lésion.

Ce sont d’abord les signes physiques dont le BrOUPENERE ‘constitue l’onomatopée de Durosiez : |

Le frémissement cataire diastolique et le roulement qui en est la traduction stéthoscopique.

Le claquement de fermeture de la mitrale qui peut être

remplacé ou prolongé par un souffle doux, holosystolique

de la pointe.

Le claquement d'ouverture de la mitrale, redoublement en bruit de drapeau du deuxième bruit à la pointe.

Le dédoublement du deuxième bruit à la base, inconstant, toujours à précession pulmonaire et l’accentuation de ce bruit au niveau de l’extrémité interne du deuxième ‘espace intercostal gauche, ces deux symptômes témoignant de l’hypertention dans la circulation pulmonaire.

Dans l’énumération de ces symptômes, nous avons sou-

. ligné les deux seuls signes qui soient absolument caracté-

ristiques du rétrécissement mitral ; les autres n’ont qu’une valeur de présomption et lorsqu'ils existent seuls, doivent toujours être contrôlés par la radioscopie. Au cours de ce travail nous aurons l’occasion de revenir sur l'étude des signes radiologiques du rétrécissement mitral et de nous étendre longuement sur la valeur que l’on doit leur attribuer.

Sur ces signes physiques se greffent une série de symptômes fonctionnels qui dépendent en général de la neurotonie personnelle, et dont l’importance est très variable suivant les malades.

Ce sont les palpitations et les sensations anormales ou douloureuses pouvant aller jusqu’à la constriction angoissante de l’angine de poitrine ; parmi celles-ci, il en est une qui est assez spéciale au rétrécissement mitral : Le point de côté auriculaire de VAaquez, point douloureux 8itué à gauche de la colonne vertébrale, dans la région des quatrième, cinquième et sixième côtes ; la neurotonie du sujet n’en est pas seule responsable et ce point de côté est généralement causé par la dilatation de l’oreillette gauche et la médiastinite qui en résulte. On observe ensuite d’une manière constante, des troubles respiratoires, dyspnée d'effort, et parfois de décubitus, ces symptômes pouvant

; TA NES aussi bien résulter de la neurotonie que de la gêne dans la circulation pulmonaire. Et, fréquemment, on voit éclater des paroxysmes dyspnéiques sous forme d’asthme cardiaque et d’œdème aigu du poumon. Ces deux symptômes sont à cheval sur les signes purement neurotoniques cet les signes d'évolution. = Il peut exister enfin certains troubles fonctionnels

plus rares, tels que la dysphagie et la paralysie récurrentielle gauche qui, tout comme le point de côté auriculaire,

doivent être mis sur le compte de la dilatation de l’oreillette et de la médiastinite.

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