‹ Le Rétrécissement Mitral: Dans Ses Rapports Avec L'État PuerpéralChapitre 30 sur 53 · ACCIDENTS PRÉCOCES DES SUITES DE COUCHES · texte numérisé non relu

ACCIDENTS PRÉCOCES DES SUITES DE COUCHES

a) Etiologie. — Elle doit être recherchée au moment même de l’accouchement. Ce derniér, terminaison inévitable de l’état gravidique est redouté par tous les accoucheurs ‘qui-craignent de voir survenir à cette occasion des phénomènes d'insuffisance cardiaque. Dans notre chapitre consacré à l’œdème aigu du poumon, nous avons montré comment ce syndrome, éclatant pendant le travail, pouvait déclancher une défaillance brusque du ventricule gauche. Mais en dehors de cette défaillance cardiaque aiguë, connexe de la crise d’œdème, les accoucheurs redoutent l'insuffisance cardiaque proprement dite, dont la cause, d’après la majorité des auteurs, réside dans les conditions mécaniques passagères occasionnées par le travail.

De plus, pendant l’accouchement, l'équilibre nerveux de l’organisme est entièrement bouleversé et la nutrition du muscle cardiaque plus ou moins troublée ; la contraction peut s’en trouver diminuée et, à tous ces points de vue, l’accouchement peut avoir une influence, parfois même très grande, sur l’évolution d’une insuffisance ventriculaire gauche qui était déjà progressive durant les derniers mois de la gestation.

b) Evolution. — L'évolution de ces accidents débute pendant le travail, se prolonge dans les heures et les jours qui suivent l'accouchement et coïncide alors avec la re-

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prise de l'équilibre neuro-végétatif antérieur à la grossesse; ce retour à l’état nerveux normal, diminuant souvent l'intensité globale des troubles fonctionnels, faït que lorsque ces accidents sont peu accusés, ce qui la règle habituelle, ils passent complètement inaperçus.

. En somme, ils ne paraissent très rares que parce qu’on ne les remarque que lorsqu'ils sont très graves; quoi qu'il en soit, ces accidents, dont l’aggravation est directement en rapport avec l’ébranlement obstétrieal, ont une évolution très rapide, soit vers une amélioration qui, nous le verrons dans le prochain paragraphe, est plus où moins durable, soit vers la terminaison fatale, comme cela s’est produit dans l’observation que nous allons maintenant résumer :

Ogs. XIL. — Mme Marthe BI... 40 ans, troisième pare, sans profession, entre à la Maternité de lhôpital Beaujon (service du D' Funck-BRENTANO) le 26 février 1927, sur le point d’accoucher, envoyée par un médecin de ville qui l’a trouvée dans un état d'insuffisance cardiaque marquée.

Dans les antécédents de cette femme, on relève, dans l’enfance du rhumatisme articulaire qui est cependant douteux ; une pleurésie dans l'enfance également et de nombreuses bronchites. Elle a été réglée à 12 ans 1/2.

En 1908 et en 1909, elle a eu deux premières grossesses qui auraient été normales et se sont terminées à terme par deux accouchements normaux.

Depuis longtemps la malade ressent des troubles fonctionnels, tels que dyspnée d'effort, algies et palpitations ; il y a six ans, elle a eu une brusque perte de connaissance à la suite de laquelle elle serait restée plusieurs semaines paralysée.

La grossesse actuelle est la troisième ; les dernières règles sont du 10 juillet 1926. Toute sa gestation a été très mal supportée, ses troubles fonctionnels ayant progressivément et

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considérablement augmenté ; on elle n’a jamais consulté. À

A son entrée -dans le service, la grossesse est de 7 mois 1/2 ; —la malade, en travail depuis le matin, a une dilatation complète ; au point de vue cardiaque, elle est extrêmement dyspnéique, obligée de rester assise sur son lit : les bruits du cœur sont rapides et l’on note un frémissement cataire et un roulement diastolique ; la tension artérielle est 13 1/2-9.

La malade accouche normalement d’un garçon pesant 1.800 grammes ; l’interne du service pratique ensuite la délivrance artificielle, et fait une injection d’ouabaïne intraveineuse (1/4 mmegr.).

Dans les jours qui suivent l'accouchement, la malade reçoit journellement une injection d’ouabaïne, X gouttes de digitaline et 10 centimètres cubes d'huile camphrée. Malgré ce traitement, la dyspnée devient inquiétante, les bruits du cœur sont de plus en plus rapides et sourds et le 4 mars 1927, la malade meurt avec un œdème des jambes considérable, mais sans avoir présenté de température.

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