III. — Traitement de l'’œdème aigu du poumon
Souvent, il ne s’agit là, au cours de la grossesse, que d’un cas particulier du paragraphe précédent, qui revêt toutefais une importance exceptionnelle par suite de la gravité de l'accident nerveux qui en fait l’objet.
Intentionnellement, nous passons sous silence le traitement immédiat de la crise, connu de tous les médecins et nous ne nous occupons que de la ligne de conduite à adopter pour l’avenir.
A cet égard, étant donné que l’hyperexcitabilité nerveuse est souvent à la base même de la production des crises, il faut d’abord employer toujours les calmants ; cependant nous savons que la médication antineurotonique est trop souvent décevante ; aussi, doit-on surtout s’efforcer d’agir sur le point de départ probable des accidents, c’est-à-dire le myocarde auriculo-ventriculaire ou les vaisseaux pulmonaires.
C’est pourquoi, pour déterminer les règles de conduite, il faut se guider sur les progrès, constatés à l'écran dans l'intervalle des crises, de la stase veineuse pulmonaire et de la dilatation auriculaire. Deux cas peuvent se présenter que nous allons successivement examiner :
19 Les ombres hilaires sont floues et augmentent de
volume, l'oreillette se dilate progressivement ; alors, même si la défaillance du myocarde n’est pas inquiétante par elle-même, on doit craindre une gravité croissante des crises. Aussi faut-il interrompre le plus rapidement possible la gestation, en prenant garde toutefois d'éviter à la malade au moment de l’intervention tout effort ou même toute contraction douloureuse qui pourrait déclancher une crise d’œdème.
20 La stase veineuse est minime, l'oreillette péu ou pas hypertrophiée, mais surtout lors des examens successifs, elles n’augmentent pas d’une façon sensible. Il s’agit alors comme dans le cas de la malade de l’observation IV, d’une sténose stabilisée et l’on a le devoir de continuer la grossesse, en observant toutefois les régles suivantes de traitement général ;
a) Faire observer à la malade le repos le plus complet. : b) Eviter tous les excès alimentaires.
c) User à large dose des calmants que nous avons préconisés ci-dessus et, si besoin est, de la morphine.
d) Administrer régulièrement des tonicardiaques, en donnant la préférence à la cardibaïne (en moyenne XXX gouttes par jour, quatre jours sur sept).
e) Enfin faire quotidiennement dans les jours précédant la date probable de l’accouchement une injection intraveineuse d’un quart de milligramme d’ouabaïne. L’accouchement aura alors toutes les chances de s'effectuer normalement.
IV. — Traitement de l'extension de l'endocardite au cours de l'état puerpéral.