‹ Le Révd Messire J.O.D. Naud [microforme]Chapitre 2 sur 5 · LOUIS: NAZAIRE · texte numérisé non relu

LOUIS: NAZAIRE

Arch. de Québec.

ler décembre 1903.

Curé du Sacré-Cœur de Jésus, Beauce.

PAR L'ABBÉ TH. G ROULEAU, Principal de l'Ecole Normale Laval.

‘© AMA NESCIRI."?

Monseigneur EH. Têtu, P. D. représentant Monseigneur l’Archevêque de Québec le révérend Père Barral M. S. C, les révds MM. F. Gendron, V. G., B.C. Guy, J. E. Martin, L. M. Morissette, L. T.

Lambert, Th, G. Rouleau, J, O’Farrell, Fortunat Pelletier, F. C. Gagnon, A.

Blanchet, Ch, Ed. Carrier, L, G. Auclair,

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J.E. Rouleau, A. Michaud, J. H. Fré- | chette, P. Théberge, J. G. Goudreau, F.

| H. Couture, J. E. Galerneau, J. Gignac, M] | J. Jobin, E. Côté, J. W. Carrier, A. Mo- | | reau, J. P. Turcotte, L. L. Hudon, H.

| Michaud, G. Rémillard, A. H. Guy, J. A.

| | Lessard et autres, rendaient, jeudi le 19 novembre, leurs derniers devoirs au révérend messire J.O. D. Naud, curé du Sacré-Cœur de Jésus.

L'église, drapée de noir et bondée de fidèles, pleurait son pasteur par des chants liturgiques, lugubres comme un sanglot et pleins de clarté comme un regard | d’ange, arcs-en-ciel projetant la lumière

| | éternelle à travers les larmes d’ici-bas. Quatre confrères gardant la tombe, un | prêtre aux cheveux blancs à l’autel, un | Prélat de Sa Sainteté occupant le trône en deuil, le sanctuaire rempli de prêtres,

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ES qe la nef pleine de fidèles qui priaient, cette lumière fixe, hagarde des cierges dans un local surchauffé et hermétiquement clos, tout annonçait un deuil profond, et l’on sentait le besoin de prier.

Avant l’absoute, Mgr Têtu monte en chaire et développe très heureusement la parole de St-Paul, qui semble sortir de la tombe même où sont déposés les restes du confrère défunt : ‘ Soyez mes imita- “teurs, comme je le suis moi-même de “ Jésus-Christ” L’orateur rappelie en termes visiblement émus les principaux caractères d’une vie sacerdotale très bien remplie qui doit servir de modèle à tous ceux qui ont connu et aimé le révérend Messire Naud, et invite prêtres et fidèles à ne pas oublier, dans la mort celui qui les à édifiés péndant sa vie.

Les chants sacrés avaient cessé, la

nés tombe était descendue dans la crypte en avant du Maître-Autel;les cierges éteints, la nuit s'était faite dans cette église veuve de l’époux qui lui avait donné sa dernière toilette ; les chefs de famille venaient successivement signer leur propre deuil en certifiant la sépulture de leur père spirituel. Un voile de crèpe planait sur toutes ces figures, le chuchotement discret de la douleur rompait seul le silence de la sacristie, et petit à petit, sans aucune secousse, cette population s’écoulait et faisait insensiblement le vide autour de la tombe. On retournait chez soi se rappelant mutuellement une parole, un avis, un fait \qui témoignaient de la bonté et de la sagesse de l’ancien curé. On se reprochait de n'avoir pas toujours suivi ses conseils. On prenait des résolutions pour l’avenir, Ces bons propos, dureront-

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ils longtemps ? Avec l'espoir que cette vie, obscure pour le monde, grande devant Dieu, continue son action bienfaisante sur les paroïissiens de St-Séverin et du Sacré- Cœur de Jésus, nous traçons ces quelques lignes, faible hommage d’une amitié trop

Pure et trop douce pour se briser À un tombeau.

Né à Deschambault je 17 avril 1842 du mariage de David Naud et de Marie Luce Germain, modestes cultivateurs dont les mœurs simples et chré nnes étaient la seule richesse, le jeune Onésime dut, à l’âge le plus tendre, quitter la petite école pour aider au suutien de sa famille. Il fallait travailler dur, Cependant il sentait au fond de son âme un attrait singulier pour l’état sacerdotal. Il s’en ouvrait de temps en temps à sa pieuse mère qui lui recommandait de prier, et À son vénérable

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curé qui soutenait son courage et lui aïdait à surmonter les obstacles qui entravaient sa route. Il ne put commencer la réalisation de ses projets qu’à l’âge de majorité.

‘ Doué de talents ordinaires servis par un jugement sûr mais feiblement secondé par une mémoire lente et ingrate, le jeune Naud réussit, par un Ilabeur ardu et opiniâtre, à garder un rang honorable parmi ses confrères de classe, la plupart bambins de 11 ou 12 ans pour lesquels le petit séminaire faisait suite immédiate à à l’école primaire. 11 atteignait un rang plus élevé dans les classes subséquentes, où le raisonnement joue un plus grand rôle, pour se fixer à un niveau bien audessus de la moyenne dans les classes de littérature, et s'élever encore dans les classes de philosophie.

D'une figure déjà vieille, teint basané,

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Yeux abrités par des sourcils enclins au froncement à raison d’une myopie prononcée, M. Naud cachait, sous un extérieur plutôt austère et triste, une grande bonté d'âme et de l'esprit nature! légèrement teinté d’une naïveté un peu de commande, qui avait ses charmes.

Conseiller aussi indulgent que sincère, il était joyeux camarade et ami aussi franc que sûr et constant. En Pparence broyeur de noir, il était tellement bon qu’on l’appelait, même au petit séminaire, le “ Père Naud”. Ceux qui ont vécu dans son intimité connaissent les trésors de tendresse vraiment touchante, cachés sous une figure à la Pénéloppe, Les petits séminaristes des années 70, 71 et 72 en ont gardé un souvenir reconnaissant et, durant les funérailles, nous pouvions en

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voir qui répandaient des larmes sincères sur la tombe de leur ancien régent.

Une tenue ecclésiastique parfaite bien qu’un peu austère, ie modestie admirable ‘où ia vertu était favorisée par une certaine timidité naturelle ; une piété fervente et éclairée, soutenue par la fidélité la plus scrupuleuse aux exercices spirituels, et une sensibilité qui rappelait parfois l’impressionabilité et la spontaniété de l'enfance ;un zèle dévorant pour le salut des âmes ; une sollicitude aussi désintéressée que minutieuse pour les enfants et les jeunes gens ; une docilité entière, quoique par tempérament un peu chagrine, à ses supérieurs ecclésiastiques ; une délicatesse de conscience et, dans toute sa conduite, une réserve plus facile à admirer qu’à imiter, voilà ce qu’une amitié de quelque quarante ans nous

cères

bien ‘able aine e et plus , et rfois de alut ntéints ère, haes ; ans cile ine JUS

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Permet d’attester du révérend messire J.0.D Naud. Il nous semble qu’avec un tel bilan, notre ami ne peut descendre Obscurément dans la crypte de son église.

Il fut écolier modèle, grand séminariste Parfait, prêtre toujours de plus en plus fervent: son rom doit être honoré. Ila recherché l’obscurité pendant sa vie. 1 cachait avec soin les dons que le bon Dieu lui avait prodigués. C'était les rendre plus féconds en fruits de salut pour lui et

ses ouailles, I] est juste que sa mémoire échappe à l'oubli.

Si une devise pouvait résumer toute cett

e vie, nous graverions avec empressement sur la tombe du “ Père

Naud ” les paroles de « l’Imitation ” nesciri et pro nihilo reputari.

être ignoré et à n'être compté pour

: Ama Aime à rien.

Et il en a fait du bien ! ! En

1— Nous ne parlons dans cette n

chaire, au

otice que du côté religieux de St-Séverin

du révérend Monsieur Naud. Les habitants

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confessional, auprès des malades, dans les écoles, au sanctuaire de Ste-Anne de

Broughton, le jour et la nuit, en pleine santé et jusque dans les premières ombres de la mort, M. Naud se montra le fidèle dispensateur des mystères du Christ. On peut dire en toute vérité que le Seigneur est venu le chercher «u milieu de la mélée :

“ Beatusille servus .... quem Dominus “ invenerit vigilantem.”

En chaire : Son éloquence n’avait rien de celle des rhéteurs. Elle tirait toute sa puissance de la charité qui embrasait son âme. Les phrases pouvaient manquer de rondeur, les propositions, de complé-

et du Sacré-Cœur de Jésus, savent ce qu’ils lui doivent au point de vue matériel. Les œuvres paroissiales, qu’il a faites sans le secours des hommes de l’art, attestent une habileté zlus qu’ordinaire et l’impulsion qu’il imprimait à tout ce qui contribue au progrès de l’agriculture et de l’industrie dénote un coup d'œil sûr et un patriotisme intelligent.

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