TR
PS
ment, le ton, d’exactitude et le geste, de correction ; la disposition des idées n'était pas toujours académique, quoique, même sous ce rapport, M. Naud ne fût Pas sans talent ; mais, comme autrefois le curé d’Ars, s’il négligeait la form, c'était Pour trouver pius facilement le chemin des cœurs. D'ailleurs la sainteté de sa vie était une prédication plus éloquente que les plus beaux discours. Souvent l’auditoire, à la suite de son curé, fondait en larmes en l'entendant parler si pieusement de l’'Eucharistie, de Ja Sainte Vierge, des grandes vérités de la religion, des ravages de l’ivrognerie, etc. L'homme de Dieu se faisait sentir sous la parole la plus ordinaire. N'est-ce Pas la véritable éloquence chrétienne ? Les apôtres n' :"inaissaient Pas d’autre.
Au confessiona! et près des malades :
AL
Le tribunal de la pénitence est l’atelier du saint prêtre. Dans ces tête à tête avec la conscience humaine, il purifie, façonne
| et dirige les âmes. Qui dira l'efficacité
de cette mansuétude avec laquelle le bon père Naud naccueillait les tristes aveux ; de la sollicitude et de la déli-
| catesse avec lesauelles il savait sonder
| les arcanes my. ‘‘ ‘ieuse du cœur coupable;
de l’onction qui onnait aux réprimandes nécessaires toute la douceur du baume sur
| une plaie qui veut guérir; de cette pa-
| tience ‘inaltérable qui lui permettait de
| travailler à la persévérance dans les
| bennes résolutions ? Aussi, dans les con-
cours, son confessional était-il achalandé.
Et, en dépit de ses infirmités et de l’épilepsie qui le minait, M. Naud restait cloué
| au tribunal de la pénitence, se rappelant | sans doute cette parole de St-Paul : “ Li-
bentissimè impendam pro animabus ves-
ier du vec la çonne cacité Ile le tristes délionder pable ; landes ne sur te paait de is les 8 CONlandé.
l’épi- ; cloué velant 66 Ei-
3 ves-
tris. Je dépenserai volontiers toute ma vie pour le salut de vos àmes.””
C’est dans ce ministère sacré de la réconciliation des âmes que la maladie a terrassé l’homme de Dieu Heureux le Pénitent qui a recueilli la dernière absolution qu’ait donner ce prêtre fidèle! I] En conservera sans doute les fruits avec la piété dout on honore les reliques des saints : c'était le dernier souffle d’un sacerdoce bien rempli, l'effort suprême d’un zèle que Dieu tenait à récompenser, un pardon qui rappelle celui de Notre- Seigneur en croix : 4 Aujourd’hui-même Vous serez dans mon royaume.” M. Naud devait rester quatre jours, fixé à la croix, sur son lit de douleurs, recevant d’un missionnaire du Sacré-Cœur les consolations qu’il avait prodiguées durant neuf années aux pieux moribonds du Sacré-
| Cœur de Jésus. Dieu lui accordait l’insigne ||! faveur d’être traîté avec la tendresse qu’il | avait témoignée aux autres.
En effet, la visite des malades et leur ||! préparation à la mort partageaient avec | le soin des enfants, la prédilection de ce | bon curé. La pensée qu’une âme pouvait ||! échapper à sa surveillance et quitter la terre sans recevoir les secours de la reli-
| gion, était pour lui t ncauchemar incessant qui a dû contribuer largement à la fré-
| | quence et à l’acuité des troubles nerveux | auxquels il fut sujet pendant de nom- | breuses années. Cette sollicitude est bien | ‘admirable, surtout si l’on en défalque || l'anxiété due à une sensibilité naturelle, |! louable d’ailleurs, mais qui rappelle trop Il | || { les paroles de Notre-Seigneur. “ Marthe | [F4 Marthe, tu t’'inquiètes et tu te troubles 1 |! Tde beaucoup de choses.” Notre-Seigneur
nsigne e qu’il
t leur t avec de ce ouvait tter la a reliessant la frérveux
nomt bien falque relle, e trop arthe Ju bles rneur
CSN à pe
quittait tout Pour voler au secours des malades et {e soin que l’on prend des mori-
bonds est l'éterneïte Caractéristique du zèle évangélique.
La nuit et le jour, en maladie comme en santé, M. Naud était auprès de ses chers malades; il Y restait aussi longtemps que le zèle et la prudence le demandaient. Il semblait avoir un don
: particulier pour préparer à la mort. Sa : piété tirait si facilement de la Sainte
Ecriture ou des auteurs spirituels, une
. pensée réconfortante! Si la maladie se
prolongeait, il multipliait ses visites et réitérait, même toutes les semaines, l’administration de l’Eucharistie, persuadé
. que rien ne prépare mieux à la mort que
la sainte communion. Heureuses les âmes soignées par un Pasteur aussi bon qu’éclairé! L'homme à qui la vie sourit peut