OBSERVATION CVI
k une époque déjà éloignée, mon petit garçon eut pendant quelque temps la faataisie de coucher dans notre lit le soir, pendant que nous restions à veiller dans une autre pièce. Vers dix heures, je l'enlevais tout endormi et le portais dans son lit. Un soir qu'il faisait froid, en l'enlevant je tou-' chai sa peau de ma main gauche. La main était froide, l'enfant fit un mouvement de contrariété, et dit en geignant : « C'est mouillé. »
Cette parole suffit à prouver qu'il avait interprété la sensation causée par le contact de la main froide comme provenant du contact d'un objet mouillé, d'une éponge ou d'une serviette, ou de l'eau d'un bain. On sait assez qu'en hiver les enfants redoutent la toilette à l'eau
froide, et qu'ils en gardent par suite des images vives. MM. Vaschide et Piéron* ont réuni un bon nombre d'observations qui montrent que le rêve peut constituer dans quelques cas un élément de diagnostic parce qu'il présente le développement en un tableau perceptif d'une sensation légère que Ton ne remarquait pas pendant la veille. Pour le dir'e en passant, ce fait qu'une sensation inaperçue pendant la veille peut donner naissance à un tableau perceptif fournit une nouvelle preuve de l'élargissement du moi pendant le sommeil. Il existe d'ailleurs un certain nombre d'observations dans lesquelles on le constate*. Je ne l'ai pas rencontré pour ma part d'une façon certaine. En tout cas, qu'une inflammation se produise dans un organe et s'accroisse pendant la nuit, il peut en résulter un rêve perceptif organique. Voici un fait de ce genre.
OBSERVATION CVH
De L, D... — Après diverses circonstances que je ne me rappelle plus, j'ai rêvé qu'il me fallait (entre 11 heures du soir et une heure du matin) aller en classe. Ma mère voulait me faire prendre une pèlerine. Mais, comme cette pèlerine était trop étroite, elle me la boutonnait elle-même au-xou. J'étouffais, je lui criais de ne pas continuer à boutonner cette pèlerine qui m'étranglait. En vain. Bientôt je ne pus plus parler. Je me débattis encore pendant plusieurs mi-