StatisHcs of Dreams, Am. J. of Psych., V, p
Fobservation devenait impossible; si je plaçais le réveille-matin à distance, ou si je le montais de façon qu'il be sonnât que très peu de temps, je ne me réveillais que rarement.
J'ai eu bien des échecs en employant ce mode de réveil : il m* est arrivé souvent de ne saisir, pendant son carillon bruyant ou après l'avoir arrêté, que quelques images fugitives et insignifiantes, et souvent je n'ai rien saisi, si ce n'est la perception désagréable de la sonnerie. Je n'en conclus pas cependant que Ton ne peut tirer aucun parti du réveille-matin : j'ai au contraire recueilli de cette façon un bon nombre d'observations, mais il reste vrai que j'ai eu un plus grand nombre de déceptions *.
J'ai réussi surtout à observer des rêves de sommeil profond en utilisant les réveils brusques produits par quelque événement fortuit : un coup de tonnerre, le tintement imprévu du réveille-matin que j'avais arrêté la nuit précédente, l'appel d'un enfant dans ma chambre ou dans la chambre voisine, etc.
Les expériences qui ont été faites pour mesurer la profondeur du sommeil fournissent, relativement à la manière de provoquer le réveil, des indications qu pourraient être mises à profit pour l'étude du rêve.
i. Dans son dernier travail sur le rêve [Beilràge zur Psychologie des Traumes^ Philos. Studien, XX, p. 464, 1902), Weygandt donne une indication pratique pour éviter les causes de perturbation qui rendent si souvent l'observation impossible : il recommande de récapituler les images du rêve avant de faire aucun mouvement, et de ne le noter par écrit qu'après Tavoir en quelque sorte appris par cœur. J'ai recueilli ces temps derniers quelques rêves de cetie façon, et je trouve que la méthode est bonne, pourvu que l'on se débarrasse du sommeil par un vigoureux effoit d'attention.
Kohlschtiller* employait le pendule sonore de Fechner et, placé auprès du lit du dormeur, il faisait tomber le marteau sur la plaque d*ardoise à plusieurs reprises, en commençant par un son trop faible ; les sons successifs étaient séparés par des intervalles d'une seconde. — Mônninghof et Picsbergen ' employaient aussi les excitations sonores : ils les produisaient au mojen de billes de plomb tombant de hauteurs variables sur une plaque de fer; ils Taisaient croître la hauteur de chute, à des intervalles de demi-minute; jusqu'à ce que le réveil se produisît. ^- Michelson' s'est servi également d'excitations sonores, mais en prenant une multitude de précautions pour que ses mesures fussent exactes; le dispositif de ses expériences lui permettait notamment de produire los sons sans entrer dans la chambre du dormeur. — Sanle de Sanctis et Neyroz* ont employé Testhésiomèlre de Griessbach, à pressions graduées : ils l'appliquaient sur la partie gauche du front. — On pourrait uliliser ces diverses méthodes pour provoquer le réveil chez des personnes entraînées à l'observation subjective, qui noteraient leurs rêves aussitôt après le réveil.
Santé de Sanctis a fait deux reproches à la méthode de Maury, et, s'ils sont fondés, ils s'adressent au procédé de la notation immédiate tel que Je viens de l'exposer. L'un est que l'on risque de provoquer chez soi
i, Messungen der festigkeit des Schlafes^ Z, f. rat. Medizin, 3® série, XVII. <863 (d'après Michelson, art. cité),
2. Messungen ûl>er die Tiefe des Schlafes, Zeitschr. f. Biologie, XXIX (I), 1883 d'après Michelson).